Encre Nocturne
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 Les tourments incandescents [-18]

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cnslancelot

cnslancelot

Masculin Vierge Messages : 77
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MessageSujet: Les tourments incandescents [-18]   Les tourments incandescents [-18] EmptyMer 11 Sep 2019 - 7:48

Edit : ajout d'une balise -18
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K


Voici " Les tourments incandescents " , un court texte que je présente à un concours d'écriture. Vous m'en direz des nouvelles :

  J’étais dans la salle de bain lorsque j’entendis les premiers hurlements de douleur résonner dans la rue en contrebas de la fenêtre. Toujours mouillé et nu, je courus voir ce qu’il se passait dehors. Je vis des gens allant en tous sens de manière désordonnée et paniquée. Puis l’horreur prit vie devant moi sous la forme de corps calcinés, se roulant par terre dans d’affreux cris.
Devant cette vision de cadavres embrasés, j’étais comme paralysé. Le pire était que je ne pouvais même pas détourner le regard. Je désirais plus que tout tourner la tête mais impossible. J’étais comme tétanisé, horrifié. Ce spectacle sordide, cette scène macabre s’incrusterait en mon esprit à tout jamais. A ce moment, je me surpris à désirer mourir. Je ne voulais pas vivre avec toute cette horreur gravée en moi. J’étais désormais comme marqué du fer rouge. Puis je la sentis moi aussi, cette insupportable fournaise dans lequel la ville semblait avoir été plongée.
Soudain, je fus projeté en arrière par une force invisible. Elle me sortit de ma léthargie. Je me relevai puis observai que la salle de bain était imprégnée d’une douce clarté carmine. C’est là que je le vis. Là-haut dans le ciel, un soleil rougi et qui avait doublé de volume. Je m’écartai vite de la fenêtre et sortis de la pièce.
Je me dirigeai dans ma chambre. La fenêtre fermée, J’étais à l’abri ici. De plus, de ce côté de l’appartement je n’entendais plus les hurlements. J’essayai de faire le vide. Ne plus penser à ce qui était en train d’arriver. Je fermai les yeux, priai que cela ne fut qu’un rêve.
Cependant, plus j’essayais de faire le vide, plus les images de cadavres carbonisés gisant dans les rues me venaient à l’esprit. J’eus beau me concentrer, impossible de les chasser. Elles s’étaient attachées à moi telles des sangsues. D’immenses sangsues visqueuses qui me pompaient non pas mon sang mais tout ce que j’avais de raison ; ce qui était pire. Je croyais devenir fou, impuissant face à ce cataclysme.
Tandis que je luttais avec moi-même en tentant de ne pas sombrer dans une démence panique, dehors le soleil rougeoyait et étincelait tel un immense rubis de flammes et de feu. Une pierre incandescente dont les rayons venaient embraser la surface de la Terre. Je ne pouvais bien évidemment pas le voir mais je pus très bien imaginer les océans, les lacs et les rivières asséchés ; les forêts en proie aux flammes d’incendies dévastateurs. La faune et la flore entièrement ravagées.
Ne pouvant combattre les images incrustées en moi ainsi que les pensées, je décidai d’en apprendre d’avantages en allant voir sur la chaîne des infos. Bien évidemment, on en parlait pas. C’était compréhensible. Qui aurait été assez fou pour envoyer quelqu’un dans cet enfer. A quoi je m’attendais ?
Mais alors que faire ? Rester là et attendre que la fin inéluctable arrive ? Que la mort daigne bien venir s’emparer de moi ?
Le téléphone se mit alors à sonner. Je me levai et allai décrocher. C’était mon ami.
« Matt ? Tu vas bien ?
— Oui, ça peut aller. Et toi ?
— Moi aussi, vieux. T’as vu ce qu’il se passe dehors ? C’est la folie !
— J’ai vu. C’est dingue tout ça.
— Carrément. J’ai voulu en apprendre plus aux infos mais rien.
— Moi aussi. Je venais juste d’allumer la télé quand tu m’as appelé.
— J’ai donc décidé d’écouter la radio en espérant que quelqu’un en parle...
— Et ?
— Et alors je suis tombé sur cette station qui parlait de ce qui était en train d’arriver. D’après certains experts le soleil aurait, ils ne savent pas comment, consommé une grande partie de son hydrogène. C’est pour ça qu’il est énorme, rouge et qu’il crame tout.
— Mais je croyais que ce genre de chose n’arriverait que dans des milliards d’années.
— Moi aussi.
— Et ils ne savent pas pourquoi ?
— Non. Du moins ils n’ont donné aucun détail. Je...
— Allô !... Allô !
— Brrrr
Plus rien. Le téléphone s’était coupé sans que mon ami ait pu finir sa phrase. Je tentai donc de le rappeler à mon tour. Pas de réponse. Je repensai alors à ce qu’il venait de me dire. Le soleil aurait épuisé toute son énergie ? Je croyais pourtant que nous avions encore le temps pour ça. Je ne voulais pas que ça se termine. Pas maintenant. Pas aujourd’hui.
Toutefois, il fallait se rendre à l’évidence. Nier ne me servirait à rien et ne me garderait certainement pas en vie ; bien que je doutasse le rester encore bien longtemps.
Sur la table de chevet, une photo était posée. Je la saisis et la contemplai. Elle datait de ce fameux été où avec ma copine et notre fille Alice nous avions passé quelques jours de vacances à la montagne. En la regardant, les larmes me montèrent aux yeux. Puis il me revint en mémoire ce terrible accident qui leur avait coûté la vie à toutes les deux. Le poids de la culpabilité me fit alors éclater en sanglot. J’étais responsable de ce drame. Si je n’avais pas pris cette route à toute vitesse, si je n’avais pas dû éviter cette biche qui traversait la route... Jamais nous n’aurions eu cet accident.
Peut-être était-ce là une réponse à mon calvaire. Peut-être était-ce le jour de ma libération. Alors, j’entendis leur voix résonner dans ma tête. Elles semblaient retentir en moi et en même temps paraissaient bien distantes. Ce fut à ce moment que je perçus les gémissements. C’était les pleurs d’une petite fille ? Ma fille ? Elle hurlait, pleurait à la mort. C’était insupportable. Arrête ! vociférai-je de douleur et de frustration. Je courus comme un malade à la fenêtre et criai de nouveau : arrête !
Le soleil commença alors à me consumer moi aussi, très lentement. Je levai les yeux au ciel. Ce fut à cet instant que je la vis. Elle était là devant moi et, les larmes aux yeux, me souriait. Hallucinais-je ? Etais-je fou ? Elle paraissait tellement réelle. Elle me tendait les bras, me suppliait de la rejoindre. Je tendis les miens au dehors. La douleur que je ressentis dès lors me fut insoutenable. Mes bras brûlaient et ma chair fondait, tombait en lambeaux sous l’effet de la chaleur. Je souffrais mais cette souffrance n’était rien en comparaison de ce jour fatidique où je les ai perdues.
Venait-elle me chercher ? Etait-ce là le grand brasier libérateur ? Toutes ces pauvres âmes infortunées étaient-elles dans mon cas ? Je me mis à penser que le jour d’embraser nos péchés était arrivé. Pourtant, durant toutes ces années je n’avais plus eu foi. Comment croire en un Dieu qui m’avait fait la mauvaise farce de me laisser en vie, me privant des deux seuls êtres les plus chers à mes yeux.
J’étais en proie à la colère. Moi, vivre ? Ce fut là que je sus ce qu’il me restait à faire. Je m’avançai sur le rebord de la fenêtre puis, les bras tendus vers elle, je sautai. Et là, dans ma chute, j’entendis son rire alors que mon corps se désagrégeait sous les flammes. Enfin je mourus dans les tourments incandescents.

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CnsLancelot pour vous servir cheers

Jouant des mots comme on manie l'épée
Moi, Lancelot fait chanter proses et versets
A bras ouverts, ou embrassées
J'accueille les rimes que sur le papier j'ai posées
Et au son du vent d'automne
Soufflant par la fenêtre ses accords monotones
Je dévoile à travers ma poésie
Tout l'état de mon être Les tourments incandescents [-18] 4292473236

Si vous souhaitez me lire, c'est par ici
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Tifani
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Tifani

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MessageSujet: Re: Les tourments incandescents [-18]   Les tourments incandescents [-18] EmptyMer 11 Sep 2019 - 15:28

Bonjour CnsLancelot !

Avant toute chose, je vais te demander d'ajouter une balise à ton texte ! Sur le forum, il y a beaucoup de gens avec des passés différents, avec des sensibilités différentes, et on a instauré un système de balise des textes, pour éviter aux gens de tomber sur des textes trop violents par erreur. Tu peux trouver cette règle et les explications sur ce sujet: Les balises
Pour ton texte, je pense qu'une balise [-18] à la fin du titre s'impose, avec en début de texte, sous spoiler, des avertissements concernant la mort, l'immolation (ou brûlure de manière générale), la violence psychologique... C'est décrit de manière suffisamment détaillée pour heurter pas mal de gens, donc c'est important.

Pour le texte en lui-même, j'espère ne pas trop te heurter en disant ça, mais même si le style et le vocabulaire est plutôt bon, je n'ai pas réussi à accrocher. Je pense que c'est à cause de l'omniprésence de la violence. J'ai eu l'impression de faire du voyeurisme un peu malsain dans un texte qui ne faisait qu'escalader dans la violence... Je pense qu'il y a de bonnes idées, comme la fournaise qui est bien horrifiante, mais dont le concept est intéressant, et même globalement l'idée d'écrire sur une apocalypse comme celle-là, avec le fait de consulter des infos, l'appel à l'ami qui s'interrompt, et même la fin ou le personnage semble sombrer dans la folie et se suicide en pensant rejoindre sa famille...

Je pense que si j'ai cette impression de voyeurisme, c'est parce que la violence est très bien, voire trop bien décrite, et qu'à côté de cela, on passe trop vite sur la psychologie du personnage, qui en est presque maladroite. Il y a plein de petites maladresses ou incohérences dans le texte, concernant les infos par exemple (ils n'envoient pas quelqu'un dans cet enfer, mais l'enfer est pratiquement partout si c'est le soleil qui le cause, il devrait y avoir un flash spécial, non ?), ou le héros qui semble horrifié par la scène mais en discute comme d'un vulgaire accident avec son ami... ça donne un côté artificiel qui empêche de se plonger totalement dans le texte. A la fin du texte, j'avais pris tellement de distance que quand l'histoire du drame familial est venu, j'en ai presque levé les yeux au ciel et coché un bingo imaginaire, en me disant qu'il ne manquait plus que ça à la violence globale infligée au personnage principal. J'en ai été incapable d'éprouver de l'empathie ou de la pitié envers le personnage auquel on est censé s'identifier !

C'est dommage parce que clairement le style global n'est pas mauvais, et les idées me plaisent aussi ! Mais c'est trop de violence pour un texte aussi court, ou en tout cas trop pour moi ! Si tu es à l'écoute ou en demande de conseils, je pourrais repasser te faire un commentaire plus détaillé (où je fais des annotations pas à pas dans ton texte), si tu le souhaites ! Mais d'ici là, merci d'avoir partagé ton texte avec nous, et n'oublie pas de rajouter la balise !

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Si vous voulez voir ce que j'ai écrit sur le forum, c'est ici! :)
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