Encre Nocturne
Bonjour !

Il est conseillé de s'inscrire ou se connecter afin d'avoir accès à l'intégralité des messages du forum.
Encre Nocturne
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.


Entrez dans une dimension littéraire dont le territoire est infini et partagez vos écrits avec les autres internautes !
 
AccueilAccueil  ÉvènementsÉvènements  PublicationsPublications  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
-20%
Le deal à ne pas rater :
-100€ sur Roborock S5 Max Aspirateur Robot
399.99 € 499.99 €
Voir le deal

 

 CC 3.74 - SUJETS

Aller en bas 
AuteurMessage
Titi

Titi

Lion Messages : 1075
Date d'inscription : 29/06/2016
Localisation : Dans la région de la cancoillotte
Humeur : . . .

CC 3.74 - SUJETS Empty
MessageSujet: CC 3.74 - SUJETS   CC 3.74 - SUJETS EmptySam 2 Mai 2020 - 21:30

Sortez vos plumes aguerries
Car voici le CC du samedi ! :la:

Une heure maximum à écrire ;
Cela va-t-il vous suffire ? AHDE

Vous pourrez choisir une ou plusieurs propositions,
Afin de fournir UN seul texte, fruit votre imagination. Wink

Un poème ? Du théâtre ? Une nouvelle ? Un extrait de roman ?
Tellement de possibilités ! C'est formidable, c'est charmant !
Un texte long, ou d'une maigre mesure :
Ce n'est pas grave, je vous l'assure !  oui

Pour aiguiller vos lecteurs et lectrices,
N'oubliez pas de préciser les sujets choisis.
Vous me verrez particulièrement ravie
Si vous pensez aux balises salvatrices.  :awkward:

@Flopostrophe a écrit:
Attention, il y a un petit changement discuté et décidé sur le discord d'EN. Je mets en bleu ce qui reste pareil, en rouge ce qui change :
- Lorsqu'on poste son texte en 1h00 ou moins, on reçoit deux points de participation.
- Lorsqu'on dépasse l'heure, même d'une minute, on ne gagne qu'un point.
- Lorsqu'on dépasse de plus de 15 minutes, on reçoit un point aussi
mais personne ne peut voter pour notre texte, il peut seulement être commenté.
Ainsi ça reste un CHRONOchallenge Wink
Je rappelle que voter rapporte un point, commenter en rapporte un autre et recevoir un vote de quelqu'un d'autre ajoute deux points.
:Stop:  :ban:


---

1. En équilibre

2. La motte de beurre

3.


lien direct de la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ocpDEOXABWg

4.
https://cdn.discordapp.com/attachments/665361038849474592/699280358172262420/IMG_20200413_172900.jpg

source : création de @flocon avec son autorisation

------------------------------------------------------------------------------------------------
Si tu as un souci, n'hésite pas à me MP Wink

Hey, pssst, Invité , j'ai répertorié tous les textes que j'ai postés sur le forum ~ici~ Fais-y un tour si le coeur t'en dis :latourn:

Les mercredis, 21h30 environ (heure française), je lance le CC. Vous pouvez d'ailleurs m'envoyer vos suggestions par mp (ou discord).

CDF (Poésies, Chansons, Chamarrés) :la: , mon signe distinctif est ♫

-
"Je leur rendrai ce grand service parce qu'on ne me l'a pas rendu à moi." (Philippe Labro - Les cornichons au chocolat)

"Ce n'est pas parce qu'on a les meilleurs intentions au monde, qu'on ne fait pas des dégâts." - https://youtu.be/pR3lqr7_KBY

-
Tous mes sens charmés
Hypnose et divins délices
J'aime les haïkus

Je te juge:
 
Revenir en haut Aller en bas
http://je-seme-des-poemes.skyrock.com/3113348789-Index-des-poeme
toast

toast

Cancer Messages : 123
Date d'inscription : 23/03/2019

CC 3.74 - SUJETS Empty
MessageSujet: Re: CC 3.74 - SUJETS   CC 3.74 - SUJETS EmptySam 2 Mai 2020 - 22:12

« Dring, dring. » Ici aussi il faut se lever. La nuit est encore là. Boromir a l’habitude, son vieux corps réglé comme une horloge depuis tant d’années. Enfilant sa robe de chambre, il sort de sa chambre après avoir ouvert la fenêtre. L’air frais chasse les miasmes de la nuit. Molly est encore dans les bras de Morphée, blottie tout au fond de son lit. Qu’elle grandit vite, son bébé. Boromir se souvient encore lorsqu’elle tenait quasiment entièrement entre ses mains. Qu’est-ce qu’ils grandissent vite… Il referme délicatement la porte derrière lui, allant nourrir les chats qui commencent à devenir insistants de miaulement. Aujourd’hui, jour béni, c’est pâté. Le père de famille s’accroupit, les caressant avec une tendresse non-feinte. Maintenant que quasiment tous ses enfants ont quitté le nid, Boromir dirige ses élans paternels sur ses deux matous. Ils ne sont pas à plaindre. Ses vieux genoux craquent lorsqu’il se redresse afin de mettre la cafetière en route. A chaque fois, tous les matins, il se dit qu’il devrait en boire moins. Ce breuvage aura sa perte, c’est certain. Pensant au petit-déjeuner de sa fille, il ouvre une boite de conserve de croissants, les glissant au four. Parfois, les dimanches, il lui arrive de les faire lui-même. Mais pas aujourd’hui, aujourd’hui Boromir a du pain sur la planche. S’installant à table, il allume sa tablette pour lire les nouvelles du jour. Senja peine encore à se remettre de l’attentat qui a secoué le mois de février mais les blessures se referment doucement. Hier, certains des nouveaux orphelins dont il a la garde sont partis dans leur nouvelle famille, chez des proches ou de bonnes âmes désireuses d’aider. Retrouver un environnement familial sain les aidera. Boromir se coupe du pain, beurrant avec attention ses tartines tout en gardant un œil sur un reportage très intéressant sur la porcelaine française. Le majordome se fait une note mentale d’aller vérifier celles du Temple lorsqu’il ira travailler. Cela fait un certain temps qu’il n’y a pas fait d’inventaire. Et il faudra aussi faire l’argenterie, et surtout former les nouvelles recrues sur ce point-là. Boromir soupire en pensant à la charge de travail qu’il va devoir abattre pour que tout recommence à filer droit.
Et puis vint l’heure de partir. Boromir remonte à l’étage pour enfiler sa tenue, sa chemise soigneusement repassée et ses gants blancs, en profitant pour refermer la fenêtre. Tout ira bien, il en est certain. Une dernière papouille pour les chats et le voilà parti, traversant les petits jardins du Temple pour rejoindre ses employés dans leurs quartiers.

Lorsqu’il revient chez lui, le soleil est presque à son zénith. C’est une figure de style car ce dernier est caché derrière d’épais nuages qui laissent tomber leurs larmes sur le monde mortel qu’est l’île de Senja. Un des chats attend devant la porte, tout trempé, son petit museau aussi outré que vexé. Cela fait rire le majordome qui lui ouvre, le laissant s’ébrouer sur ses chaussures. L’emplacement de celles de sa fille est vide, elle a dû elle-aussi partir rejoindre ses protégés du centre juvénile. Boromir enroule Pok dans une serviette, le séchant en douceur sous le regard moqueur de son frère. Contrairement à Pik, le gros matou a tendance à sortir lorsque la météo n’est pas bonne.
Boromir a tout juste le temps de quitter ses vêtements de travail lorsqu’on tambourine à sa porte. Kol, c’est un peu comme son deuxième fils. Le grand frère pour sa Molly, l’entrainant dans ses bêtises. Une véritable furie qui cache les blessures de sa vie derrière un mur de désinvolture. Il le connaît bien, le garçon.
- Bonjour Kol, je vais très bien, merci d’avoir demandé.
Boromir lui sourit, récupérant sa veste trempée pour aller l’étendre au-dessus du radiateur. Jamais foutu d’avoir un parapluie, ces milléniaux. Kol lui fourre un paquet entre les mains avant de fuir.
- Kol, tes chaussures, râle le père de famille, j’ai fait le ménage l’autre jour !
Ménage, encore un mot qui échappe au vocabulaire de cette génération. Il suffit de voir la chambre de Molly pour s’en faire une idée. Boromir a abandonné cette guerre, celle d’un jour voir entièrement le parquet de la pièce de sa fille. Il suit le gamin jusqu’au salon, lui tendant une serviette pour qu’il se sèche un minimum. Pik se frotte contre les genoux de l’invité, attendant sans grande patience qu’il se pose afin de conquérir ses genoux.
- Mon dieu, mon garçon, ne me dit pas que tu viens de te réveiller ?
Il avise les cernes sur le visage de Kol, pouvant sentir le shampoing qui émane de ses cheveux. En une matinée, Boromir en a accompli plus que lui en une journée. Décidément, cette génération ne perd complètement. Désabusé, secouant la tête de droite à gauche en marmonnant dans sa barbe, Boromir s’en va dans la cuisine, déposant le paquet sur la table.
- C’est gentil d’avoir pensé à moi.
Enfilant son tablier, Boromir est prêt à cuisiner, sortant une pièce de viande du réfrigérateur. Vu son teint palot, ce doit faire des semaines que Kol n’a pas mangé de véritables repas – c’est-à-dire quelque chose de fait maison, autre que des pâtes, avec autant de légumes que de protéines.
- Comment ça va, la santé, en ce moment ?
Kol, n’ayant aucune sensation de douleur, a un parcours assez chaotique avec celle-ci. Et bon, être en bonne santé, c’est aussi important que d’avoir de bonnes chaussures.
- Tu m’aides à équeuter les haricots ? demande-t-il sans réellement attendre une réponse. Ils viennent de chez mes parents.
Boromir n’arrive pas à comprendre comme ses géniteurs arrivent à faire pousser des légumes autant en avance. Lui, ses plans de haricots sont encore que des bébés pousses. Une histoire de sorcellerie, sans doute.
Revenir en haut Aller en bas
Lukiaamagi

Lukiaamagi

Sagittaire Messages : 69
Date d'inscription : 03/04/2020
Humeur : Liberté errante

CC 3.74 - SUJETS Empty
MessageSujet: Re: CC 3.74 - SUJETS   CC 3.74 - SUJETS EmptySam 2 Mai 2020 - 22:28

Musique

Le crépuscule arrivait à sa fin, laissant entrevoir les quelques rayons d’un Soleil sur ces plaines ténébreuses. Une tension vibrante pouvait être perçue, le silence était de plomb. Au pied d’une statue représentant une femme, magnifique vêtue d’une longue robe, se tenait deux épéistes. A la gauche de celle-ci, un homme aux longs cheveux blanc comme la plus pure des ivoires était assis. Sur ses jambes entrecroisées reposait une longue épée spadassine, sur lequel de multiples runes luisantes était gravées. Face à lui une femme, des cheveux courts aussi noirs que le plus sombre des plumages de corbeaux, le fixait intensément. A sa taille, attachés à sa ceinture pendaient deux katars brillant d’une couleur rouge vif. Ils savaient tout deux ce qu’ils attendaient, sans pour autant en connaitre le dénouement. L’homme arborait un léger rictus satisfait, tandis que la femme imposait un visage ferme, impassible.

Le temps semblait s’écouler aussi lentement que la rosée coule le long d’une feuille gelée. Enfin, le moment tant attendu arriva. Le Soleil dans toute sa splendeur commençait à poser son regard éblouissant sur les plaines. L’ombre de la statue qui jusqu’ici alors, recouvraient ces deux êtres, commençant à se recroqueviller afin de fuir la morsure brulante du Soleil. Lentement mais surement, la lumière se rapprochait des deux guerriers, jusqu’enfin atteindre leur épaule.

A cet instant-là, des bruits de suintements se firent entendre suivis d’un choc métallique. En l’espace d’un instant le spadassin s’était élancé sur l’assassine lui faisant face, qui avait alors paré la lame de celui-ci en crois ses deux katars. Les lames entrecroisées, suffisamment proche l’un de l’autre pour pouvoir sentir leur souffle mutuel, ils se regardèrent jusque dans l’âme. Un combat spirituel venait de s’entamer, le futur se décidant alors à coup de prédictions. Chaque actions, mouvement et gestes étaient prudemment analysé dans leurs esprits. Le vainqueur serait celui qui parviendrait à lire au plus loin. Une goutte de sueur perlait le long du front de l’homme. Sa glissée vers le sol sembla durer une éternité, mais à l’instant ou elle quitta le visage de celui-ci, il laissa son épée glisser le long des katars. En s’abaissant tout en tournant sur lui-même il engagea alors une estocade sur le flanc de son adversaire.

Un cri, des perles de rubis brillant sous le Soleil, un bruit mat. Le Duel venait de prendre fin. Le vainqueur s’abaissa alors vers le vaincu. Celui-ci arborait un sourire paisible, élevant alors tendrement sa main pour caresser un visage aimé. Dans un dernier soupir, ses lèvres susurrèrent : « Vis. Vis pour nous, maintenant tu es libre… Jamais ils ne t’auront… Mon âme…Amour… ». Alors les paupières tombèrent, en unisson parfaite avec les larmes qui perlait sur un visage en deuil. Sur ces plaines désolées étaient venus deux âmes, éperdument éprises l’une de l’autre.  Désormais, sous le Zénith d’un Soleil ardent, il n’en restait plus qu’une. Seul face au Désespoir.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Just a wandering soul, lost in an open world.
Peindre les esquisses de mes pensées.
Revenir en haut Aller en bas
MarieRaphaello

MarieRaphaello

Lion Messages : 63
Date d'inscription : 15/10/2017
Humeur : Show, don't tell

CC 3.74 - SUJETS Empty
MessageSujet: Re: CC 3.74 - SUJETS   CC 3.74 - SUJETS EmptySam 2 Mai 2020 - 22:30

J'ai choisi le thème "en équilibre"

En rouge et or

Mon pinceau trace la ligne qui sépare la nuit et le jour

Je fais un pas vers l’arrière pour mieux voir le résultat et plisse les yeux. Je soupire. Ma main caresse le bois pour le débarrasser des dernières traces de crasse qui le recouvrait il y a encore une heure. Je suis en nage, j’ai passé une partie de la matinée à frotter, à dégraisser les courbes de la vieille commode. En plein soleil de juillet. La tâche paraissait facile lorsqu’elle était seulement dans ma tête, mais maintenant qu’il s’agit de passer à la réalisation, je tremble un peu. J’ai peur de l’erreur.
Je prends un verre d’eau, un souffle avant d’attaquer les choses sérieuses. Consciencieuse, je regarde si le meuble ne boite pas. Il a toujours eu cette tendance à danser lorsque j’ouvris les tiroirs. Je sais que c’est une attention superflue, j’ai passé tant de temps à m’échiner dessus ces dernières heures que les pieds sont enfoncés solidement dans la terre. Je débouche le premier pot et laisse la couleur envahir l’espace trop vert du jardin et colorer mes joues. D’un geste que j’espère souple, j’approche mon pinceau de la substance visqueuse. Ma main hésite, un peu de peinture coule sur mes pieds. Je me lance. Bientôt un rouge sombre envahit le bois, il recouvre tout. Des petites éraflures que mon tournevis a laissées quelques heures plus tôt quand j’ai essayé de démonter la porte aux traces de café en rond datant du temps où mon premier petit copain était venu passer sa première nuit dans mon lit une place. Je ne buvais pas de café avant cette époque, lui oui. Les coups de marqueurs enthousiastes quand ma sœur et moi avions établi une carte très précise du jardin en vue de préparer la chasse aux œufs du printemps 98. C’était le 26 décembre 1997, nous nous étions encore disputées. Émilie avait tiré la feuille vers elle et mon crayon avait continué sur le bois.
Mon pinceau efface ce canevas que moi seule pouvais reconstituer, les petites cicatrices qui le constellaient étaient autant de souvenirs gravés. Je suis les instructions « Étaler de la peinture acrylique de manière uniforme ».

Sur les courbes ouvrages du meuble, du bord du plateau au bout des pieds, je ponce pour faire apparaître le relief. Ça donne un faux côté vieilli, mais un vieilli élégant. Un vieilli sans histoire, un vieilli consensuel. J’hésite, je demande si je ne préférai pas mon vieilli sensuel.
Je prends mon chiffon pour enlever la poussière. Mes mains se colorent à leur tour. Je m’empêche de les poser sur la peinture encore fraîche des portes. Je souffle. Je suis entre le rire et les larmes.
J’applique le vernis acrylique transparent. Je ne sais pas si j’ai fait une erreur, quoi qu’il en soit, les choses sont maintenant figées.
Je sors les feuilles d’or que j’avais réservé de peur que le vent ne les plisse ou les abîme. Je n’ai jamais travaillé avec ce matériau. Ça brille, mais moins que je le pensais. Je relis ma notice pour être sûr de ne pas me tromper. Je pose un doigt sur mon vernis, il colle légèrement. Parfait. Avec précaution, je positionne ma feuille d’or, puis je me dépêche de dépoussiérer avec mon gros pinceau doux. Et je recommence encore et encore, je descends sur les pieds branlants de ma commode. Elle sera de traviole, effacée, mais toute habillée d’or. Comme moi.
Soudain, j’ai envie de vomir. Je me force à finir, en protégeant mon imposition avec un voile de laque. L’air chaud d’une fin de journée d’été se charge de figer le tout.
Demain je prendrai le temps de donner un effet vieilli en passant une cire bitumeuse, en veillant à ce que la cire encrasse les rainures pour faire bonne mesure.

Il est tard,je sens mes yeux, mes mains, ma nuque, mon esprit me brûler. Je prends du recul pour observer mon travail. Ce n’est pas exactement ce que j’avais en tête, mais le rendu aurait pu être plus mauvais.

J’aurais voulu brûler mon passé, j’ai repeint un meuble.
Revenir en haut Aller en bas
Bims

Bims

Balance Messages : 139
Date d'inscription : 27/04/2020

CC 3.74 - SUJETS Empty
MessageSujet: Re: CC 3.74 - SUJETS   CC 3.74 - SUJETS EmptySam 2 Mai 2020 - 22:31

Salut!

Premier CC pour moi, j ai choisi la motte de beurre.

Ce jour-là, je faisais un tour de marché quand mon regard s'est arrêté sur l'étal du crémier. Il y avait toutes sortes de pots de crème, évidemment, mais ce qui m'a attiré l'oeil, c'est cette grosse motte de beurre trônant au milieu. Je suis restée là, immobile, cette motte de beurre me ramena des années en arrière chez ma grand-mère.
A cette époque, je devais avoir 4 ans, il y avait toujours une motte de beurre sur la table. Je me souviens, elle allait chercher du lait à la ferme d'à côté, tout juste sortit du pis de la vache. Elle mettait le lait dans la baratte et tournait, tournait, encore et encore la manivelle. Je pouvais la regarder pendant des heures! Puis elle l'ouvrait et l'or jaune apparaissait sous mes yeux émerveillés. Je trouvais la transformation extraordinaire. Ensuite, ma grand-mère mettait le beurre en motte, sur une assiette posée sur la table. Il lui arrivait parfois d'en mettre dans de petits moules que nous emportions chez nous. Elle en faisait aussi parfois de petites auxquelles elle ajoutait soit du sel, soit du romarin, du persil et même des algues séchées reduites en poudre. C'était excellent pour cuisiner.
Cette motte de beurre sur la table, nous la picorions à l'heure du goûter. Une belle tranche de pain de campagne, le beurre maison avec un bol de chocolat chaud... quel régal!

------------------------------------------------------------------------------------------------
If you have a dream go chase it, ( si tu as un rêve, poursuis-le)
If you feel hope, Don't waste it,  (si tu ressens d l'espoir, ne le gâche pas)
If you find love, embrace it    (si tu trouves l'amour, garde le bien)
And never take a single breath for granted  ( et ne considère pas une seule respiration comme garantie)
The story's yours, go write it   ( c'est ton histoire, vas-y, écris-la!)

Extrait "Granted" Josh Groban


aller vers mes créations
aller vers mes messages
Revenir en haut Aller en bas
Spangle

Spangle

Vierge Messages : 217
Date d'inscription : 30/03/2020
Localisation : Bzak

CC 3.74 - SUJETS Empty
MessageSujet: Re: CC 3.74 - SUJETS   CC 3.74 - SUJETS EmptySam 2 Mai 2020 - 22:34

En équilibre
[tout public mais texte autour du surpoids]

L’argent était un problème, clairement. Au supermarché, elle devait faire des choix dans lesquels la diététique ne pesait pas lourd : douze crèmes à la vanille, ou quatre yaourts à 0 % ? Deux minces tranches de bœuf, ou cinq cordons bleus ? Les produits s’entassaient dans son caddie, désespérément gras et sucrés. Avant de passer à la caisse, elle prenait tout de même une batavia pour ne pas avoir l’air d’une de ces personnes méprisables qui se gavent et s’engraissent sans remords. Dont elle ne connaissait, à la réflexion, aucun avatar dans la vie réelle : parmi ses ami·e·s qui avaient aussi des problèmes de surpoids, aucun·e ne prenait le problème à la légère. Mais les avertissements publicitaires devaient bien correspondre à de vraies personnes, pas encore convaincues qu’il fallait faire attention à son alimentation. Elle aurait bien voulu que ces gens entendent enfin raison et qu’il ne soit plus nécessaire de faire pleuvoir les mises en garde culpabilisantes.
Dans sa cuisine, une foule de détails montraient sa motivation à obéir aux injonctions qui lui étaient faites. La bouteille d’huile était surmontée d’un bouchon réducteur de débit, pour éviter qu’une rasade un peu trop appuyée n’inonde la poêle. Le frigo arborait un énorme autocollant « sens interdit » censé l’encourager à ne pas y mettre le nez en-dehors des repas. Le sucre était rangé tout en haut du placard au-dessus de la hotte, le moins accessible de tous. Pourtant les kilos continuaient à s’accumuler sur la balance. Elle ne pouvait passer à la salle de bain sans lui jeter un coup d’œil inquiet.
Le temps et l’énergie jouaient aussi leur rôle dans ses habitudes alimentaires : les légumes étaient fastidieux à éplucher et à cuire, alors qu’une pizza ne demandait qu’à être mise quelques minutes au micro-ondes. En rentrant du boulot elle se posait dans son canapé pour récupérer, ouvrait ses mails, puis s’apercevait soudain qu’il était presque vingt heures trente et qu’elle avait très faim. De coups de bourre en oublis, les poireaux jaunissaient dans le frigo sans qu’elle ne trouve le courage de rechercher sur internet la recette dont on lui avait parlé et qui était censée les rendre si appétissants. La batavia se racornissait, quelques feuilles commençaient à pourrir ; elle se contentait alors de la déplacer vers le fond pour ne pas avoir sous les yeux l’image de son échec. La prochaine fois, elle ne la laisserait pas s’abîmer ainsi. Et elle ne prendrait plus de poireaux, c’était la troisième fois qu’elle devait finalement les jeter.
Et que dire des repas avec ses ami·e·s ? Il s’agissait de moments privilégiés, où la rigueur et la privation n’étaient pas de mise. Elle choisissait donc un plat copieux, avec supplément fromage, et tentait de ne pas laisser la culpabilité lui gâcher la soirée. Après tout, Corinne faisait de même du haut de ses quatre-vingt-six kilos. Elles essayaient parfois d’en rire ensemble, de prendre les choses avec philosophie. Mais en définitive c’était toujours la balance qui gagnait à ce jeu-là, son petit rectangle digital annonçant froidement le terrain perdu.
En culotte, elle jaugeait l’étendue du désastre dans la glace du lavabo. Son ventre, ses cuisses lui faisaient l’effet de ballons de baudruche qu’on aurait simplement accolés à son corps de jeune fille. Ils allaient peut-être finir par éclater et dégager enfin la silhouette qu’elle connaissait d’elle, sa minceur de toujours. Si au moins son poids pouvait cesser d’augmenter ! Elle pourrait s’habituer à ses nouvelles dimensions, mais là… Elle avait envie de pleurer.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Le bon ni le mauvais ne me feraient de peine
Si si si je savais que j'en aurai l'étrenne

Boris Vian

Utilisez le pronom iel et les accords neutres ou masculins pour parler de moi, merci.
La chasse aux fautes, j'adore ! Mon signe est &, mes terrains de chasse favoris sont les sections romans, théâtre et fanfictions. N'hésitez pas à me pm pour une petite relecture, c'est rapide et indolore...
Voici la liste de mes textes, merci d'avance pour vos commentaires !
Revenir en haut Aller en bas
http://losquimord.wordpress.com
Contenu sponsorisé




CC 3.74 - SUJETS Empty
MessageSujet: Re: CC 3.74 - SUJETS   CC 3.74 - SUJETS Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
CC 3.74 - SUJETS
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Encre Nocturne :: Evénements :: Les chronochallenges-
Sauter vers: