Encre Nocturne
Bonjour !

Il est conseillé de s'inscrire ou se connecter afin d'avoir accès à l'intégralité des messages du forum.
Encre Nocturne
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.


Entrez dans une dimension littéraire dont le territoire est infini et partagez vos écrits avec les autres internautes !
 
AccueilAccueil  ÉvènementsÉvènements  PublicationsPublications  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Le Deal du moment : -71%
Plaque Induction Portable Amzchef
Voir le deal
49.99 €

 

 cc 3.82 - Sujet

Aller en bas 
AuteurMessage
flocon
L'admin venue du froid et fan de l'hiver
flocon

Taureau Messages : 306
Date d'inscription : 06/06/2017
Localisation : perdue en Hiver
Humeur : désespérée par le monde qui l'entoure

cc 3.82 - Sujet Empty
MessageSujet: cc 3.82 - Sujet   cc 3.82 - Sujet EmptySam 30 Mai 2020 - 21:30

Une heure maximum à écrire ;
Cela va-t-il vous suffire ?

Vous pourrez choisir une ou plusieurs propositions,
Afin de fournir UN seul texte, fruit votre imagination.

Un poème ? Du théâtre ? Une nouvelle ? Un extrait de roman ?
Tellement de possibilités ! C'est formidable, c'est charmant !
Un texte long, ou d'une maigre mesure :
Ce n'est pas grave, je vous l'assure !  

Pour aiguiller vos lecteurs et lectrices,
N'oubliez pas de préciser les sujets choisis.
Vous me verrez particulièrement ravie
Si vous pensez aux balises salvatrices.  

___________________________________________________________________________

1 - masque de joie
2 - un travail réduit à néant
3 - la peur des enfants
4 - (image) cc 3.82 - Sujet IMG_20200415_233741
https://cdn.discordapp.com/attachments/665361038849474592/701578628579721316/IMG_20200415_233741.jpg

------------------------------------------------------------------------------------------------
Je suis un flocon de quoi je ne sais pas. D'avoine ou peut être de glace.
Je préfère le flocon de neige, magnifique mais fragile et avant tout éphémère.

* * * * *
* * * * *

Je suis un flocon de neige solitaire
Délaissé par mes pairs, abandonné
Dans une région où le soleil règne en maître
Sous ce ciel bleu infini qui n'a jamais vu l'hiver
Je vis en espérant voir le jour où virevolteront
dans ce ciel tristement bleu de doux cristaux de glace


*    *    *   *    *
Revenir en haut Aller en bas
MarieRaphaello

MarieRaphaello

Lion Messages : 63
Date d'inscription : 15/10/2017
Humeur : Show, don't tell

cc 3.82 - Sujet Empty
MessageSujet: Re: cc 3.82 - Sujet   cc 3.82 - Sujet EmptySam 30 Mai 2020 - 22:21

J'ai pris Masque de joie



Bouche peinte, en vert. Ce n’est pas la couleur qui me met le plus en valeur, mais elle ira très bien. Elle est profonde, envoutante. Des tas de gens m’attendent sur les réseaux sociaux, des amis, des connaissances, des gens qui sont déjà venus voir le spectacle. Ce soir, le show que je fais en bar sera filmé, caméra à l’épaule, pour que mes followers puissent voir à quoi va me servir le maquillage fait lors du tuto make-up, une heure plus tôt. Tous ne peuvent pas assister au spectacle. Je suis l’artiste d’un genre bien spécifique, je ne fais pas le tour de la France, j’ai déjà du mal à me produire dans ma propre ville (qui n’est pourtant pas si petite). Ma normalité m’a attiré de la haine, et on a voulu m’en protéger pour mon propre bien. Mais la haine est un sentiment intense. J’aime les sentiments intenses.
Mes yeux sont habillés de paillettes, les couleurs de l’arc-en-ciel se mélangent sur mes paupières. Je sais plus quand m’est venu ce frisson de la scène. Je ne sais plus quand j’ai commencé à devenir une icône. Je suis pourtant du genre timide, du genre qu’on ne remarque pas trop dans mon métier, mon vrai métier, celui qui me fait manger, celui qui m’empêche de vivre. Mais ici, dans la salle j’explose, je séduis, je me déhanche. Il y a les habitués, ceux qui sont venus pour me voir moi, et il y a les petits nouveaux, venus à moitié par curiosité, pour pouvoir dire qu’ils y sont allés une fois dans ce bar. C’est ceux-là que je veux attraper. Ce sont des papillons qui s’ignorent. Ils veulent de la beauté, ils en auront. Ils veulent de la folie, je vais leur en donner. De l’inattendue, de l’exotisme. Laissez-vous prendre à mon piège mes mignons…
Une heure du matin, le bar va fermer. Ma robe remonte sur mes cuisses, je n’y fais plus attention, mes joues sont rouges tant j’ai ri. Les paillettes roulent sur mes pommettes et se prennent dans ma barbe. Je vais veiller à ne plus en avoir lundi, quand je retournerai au travail. Les gens n’aiment pas la joie, ils trouvent ça vulgaire. Ils sont persuadés de me connaître, de savoir quel est le véritable moi, que les couleurs dont je me pare ne sont qu’un déguisement et que ma passion pour les sous-sols de la ville, qu’une sorte d’échappatoire.  Ils ne voudront donc jamais comprendre que le vrai masque est celui que je dois revêtir lorsque je quitte les paillettes : un homme normal.
Revenir en haut Aller en bas
Ourson Maladroit

Ourson Maladroit

Gémeaux Messages : 154
Date d'inscription : 12/03/2014
Localisation : Un peu partout

cc 3.82 - Sujet Empty
MessageSujet: Re: cc 3.82 - Sujet   cc 3.82 - Sujet EmptySam 30 Mai 2020 - 22:28

Sujet : La peur des enfants







La plus grande peur des enfants, c'était monsieur Ronchemiche, le voisin. Quand Léo, Sophie et Aliséa jouaient dans le jardin à poursuivre les libellules autour de la mare, il voyaient parfois passer la tête surmontée d'un chapeau de paille abîmé du vieil homme au dessus de la palissade qui séparait leurs jardins. Ils cessaient alors de zigzaguer entre les lys blancs et les jonquilles pour l'observer en cachette par un des trous percés par le temps et l'usure dans les planches de bois. Léo collait toujours son œil contre la palissade le premier. Ce jour là, il dit :

– Oh, le voisin a pris une énorme fourche pointue.

Sophie chuchota alors :

– Fais voir !

Son frère s'écarta et la jeune fille commenta :

– Il a le regard mauvais, on dirait qu'il veut tuer quelqu'un, comme si il nourrissait une vengeance contre des gens.

Aliséa poussa alors sa grande sœur, regarda un moment par le petit trou, puis cria en tombant sur ses fesses :

– iiiiiiik, il a tué les feuilles, il a tué les feuilles mortes !

Le maigre septuagénaire, qui l'avait entendu crié, s'approcha alors de la barrière, tout en gardant une certaine distance, et cria :

– Qu'est-ce qu'vous z'avez donc à m'observer comme ça p'tits ch'napans, vous croyez donc que j'vous ai pas vus, déguerpissez !

Les enfants détalèrent alors en hurlant et se cachèrent dans leur cabane, sous le vieux chêne entouré de tulipes. Leurs cœurs battaient à cent à l'heure. Léo reprit un peu de contenance, bomba le torse, et tenta de rassurer sa plus petite sœur :

– Ce fou a arrêté de nous poursuivre, je l'ai vu il a même essayé d'escalader la barrière, mais il a abandonné. N'ait pas peur Aliséa, ici tu ne risque rien, je te protège.

Sophie ajouta :

– J'ai même entendu sa fourche se planter dans le bois de la palissade, si ça se trouve elle a même un peu traversé.

Les larmes aux yeux, la benjamine renifla :

– Il veut nous tuer comme des z'hérissons.

La jeune fille adorait ces animaux, et était persuadée que monsieur Ronchemiche les assassinait par douzaines pour les manger. Son grand frère l'avait entendu dire par le cousin du meilleur ami du grand Gaëtan.

Le voisin était rentré chez lui. Sous ses sourcils broussailleux, il ruminait de sombres pensées. Ces trois petits diablotins le fatiguaient. C'était pareil avec tous les enfants du quartier. Quand il était jeune, il adorait les enfants. Il avait même été moniteur dans un centre de vacances en montagne. Avec les années pourtant, son physique avait lentement évolué, s'éloignant des normes aux quelles les gens étaient habitués. Quelques boutons avaient pointé le bout de leur nez sous ses yeux, ses longs cheveux difficiles à dompter poussaient épars, en herbes folles, sur le sommet de son crâne, et son dos se voûtait de manière incontrôlable. Il avait toujours peur qu'on se moque de lui, et ne faisait plus qu'effleurer la société. En marge, il devenait méfiant. Quand un gamin s'approchait de trop près, il faisait un détour en fixant les yeux de l'enfant, qu'il imaginait pleins de malice. Le contact avec les adultes lui semblait moins difficiles. Ces derniers avaient des filtres qui leur permettait de cacher leur dégoût, mais de la bouche de leur progéniture pouvaient s'envoler toute sorte d'horreurs.

Monsieur Ronchemiche n'était pas méchant, il ne mangeait pas les hérissons, mais son fardeau, son boulet, c'était sa peur des enfants.

------------------------------------------------------------------------------------------------
"La haine n'est qu'une défaite de l'imagination" Graham Greene


"Pour la carotte, le lapin est la parfaite incarnation du Mal." Robert Sheckley


Dernière édition par Ourson Maladroit le Sam 30 Mai 2020 - 22:35, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Darkmichou

Darkmichou

Balance Messages : 73
Date d'inscription : 11/11/2017
Localisation : Nantes

cc 3.82 - Sujet Empty
MessageSujet: Re: cc 3.82 - Sujet   cc 3.82 - Sujet EmptySam 30 Mai 2020 - 22:29

Salut !

Après des mois d'arrêt je m'y remets  :D
Je pense que le thème est assez simple à trouver  :ok:
Je n'ai pas trop eu le temps de relire, j'espère que ce sera clair !
Bonne lecture !
:unjournormal:

_ _ _

De nombreux coups fracassent la porte d’entrée, qui finit par s’ouvrir à la volée, laissant le champ libre à la meute. C’est la fin. Leur instinct de prédateur les fait toujours explorer la maison dans les moindres recoins, comme s’ils sentaient qu’il y avait quelque chose à débusquer. Oui, ils viennent pour moi, j’en suis sûr.

J’ai l’habitude de cette course à la survie. Si ces monstres sont rapides et sournois, je reste le plus malin. J’ai toujours réussi à leur échapper jusqu’à présent : il me suffisait de fuir la maison avant qu’ils n’arrivent. Et au pire du pire, quand je n’avais pas suffisamment anticipé leur venue, je pouvais toujours me cacher. J’ai tout testé : dans la penderie, sous le lit, dans la housse de couette, derrière les rideaux, dans le congélateur (mauvaise idée ça d’ailleurs), derrière un arbre au fond du jardin. TOUT a réussi. Les rares fois où j’ai failli échouer, ma femme m’a sauvé. Le mois dernier par exemple, mon camouflage n’a pas fonctionné (j’avais voulu  me cacher dans le bac à linge sale, recouvert de quelques t-shirts, mais j’avais sur-estimé mes capacités de contorsion et je dépassais dangereusement du bac…). Eh bien ni une ni deux, à l’instant précis où les enfants ouvrirent la porte de la buanderie, dans un réflexe héroïque, elle lança un tonitruant « qui veut du gâteau », se sacrifiant pour moi. Ma pauvre femme… Oui, avec Mathilde, nous formons un duo de survivalistes du tonnerre.

Mais cette fois… Cette fois… Les huîtres de ce midi ont eu raison de moi. Propulsé irrépressiblement aux toilettes, et coincé pendant 28 minutes de pure torture intestinale et psychologique à surveiller ma montre, je n’ai pas pu me cacher. Et maintenant, ILS SONT LA. Juste derrière cette fine cloison, dans le salon. JE LES ENTENDS. Leurs hurlements effroyables me glacent le sang. Je suis paralysé. Si ce n’était pas déjà fait, je crois que je me ferais dessus… Je ne vois pas comment Mathilde pourrait couvrir ma sortie des toilettes cette fois. Il y a toujours un moment où ils se rendent aux toilettes, ils engouffrent toujours des litres de soda quand ils viennent pour le goûter… Si la place est prise, je serai fait comme un rat. Non, il faut que je m’échappe. Mais par où ? Évidemment, la pièce est sans fenêtre. Les toilettes ? Déjà essayé : trop petit et dégoûtant. Faire un trou dans le mur qui donne sur l’extérieur ? Sans outils c’est peine perdue et ça ferait trop de bruit. Non, rien.

Alors que je sens la panique s’emparer de moi, un énorme gargouillement surgit de mon ventre. Je suis mortifié.

_ MAMAAAAAAN il y a quelqu’un dans les vécééééééééééés !
_ Tiens ? Mathilde, tu as un invité ?
_ Hmmm ah euh… Oui… Effectivement… Chéri, tu peux sortir s’il te plaît ?

Ça y est, je me doutais que ce moment arriverait. Je ne peux plus qu’obéir et passer l’arme à gauche. Ce fut tout de même une belle vie.

_ Deux minutes, j’arrive ! Finis-je par lâcher timidement en m’affairant pour être présentable et faire disparaître toute trace de récente activité dans cette pièce.

Cela fait trois ans que Mathilde fait croire à sa sœur qu’elle est célibataire, pour me permettre d’échapper à sa progéniture diabolique. Trois ans d’amour intense, de joie. Trois ans de peur également à chaque arrivée à l’improviste de cette maudite famille. Un frisson me traverse. J’ai des sueurs froides et dois m’éponger le front. Allez, il est temps. Je sors.

_ Mathiiiiiiilde ! Tu es en couple ?
_ Je vous présente Antoine, répond ma femme, me souriant le regard plein d’excuses.
Je lui fais un hochement de tête, bien sûr que je ne lui en veux pas. Je scrute la pièce à la recherche des deux horreurs, mais rien.

Je tente vainement d’avoir l’air serein :
_ Bonjour…
_ Ravi de faire votre connaissance, Antoine ! Les filles, venez dire bonjour !

Et là tout s’effondre.
Deux petites filles malicieuses arrivent en trottinant. Ce sont des jumelles. Elle sourient à pleines dents (il leur en manque plusieurs d’ailleurs) et s’exclament à l’unisson :
_ Bonjour Monsieuuuur !

Mon cœur rate un battement. Je ne comprends pas… Je ne comprends plus.
Elles sont… mignonnes ?
Revenir en haut Aller en bas
Bims

Bims

Balance Messages : 139
Date d'inscription : 27/04/2020

cc 3.82 - Sujet Empty
MessageSujet: Re: cc 3.82 - Sujet   cc 3.82 - Sujet EmptySam 30 Mai 2020 - 22:33

Hello, j'ai choisi masque de joie


                 Je me présente: je m'appelle Sybille, je suis commerciale dans une société d'import-export. Je suis généralement le bout-en train de l'open-space. Mes collègues me trouvent amusante, serviable, généreuse,  j'essaie de leur remonter le moral quand ils ne vont pas bien, de leur rendre service à l'occasion. Je suis toujours dans le coup pour les anniversaires surprises, mes collègues et amis viennent d'ailleurs me voir quand ils n'ont pas d'idées. Ils savent que j'ai une imagination débordante, je ne suis jamais à court d'idées. L'équipe dont je fais partie est d'un tempérament joyeux, un esprit de camaraderie très présent. Il paraît que j'y suis pour beaucoup…. mais ça, je vous laisse juger.
              J'aime les gens, j'aime qu'ils se sentent bien. Quand ça ne va pas, je fais tout pour arranger les choses. Je déteste les conflits, c'est peut-être pour ça que j'utilise l'humour, je trouve que ça désamorce beaucoup de situations. J'essaie de trouver des solutions aux problèmes des autres. Sans m'en apercevoir, je suis devenue un peu le pilier de ce bureau, celle sur qui on peut toujours compter, celle sur qui on peut toujours s'appuyer, qui sera toujours là quoi qu'il arrive.
              Je me suis moi-même habituée à être ce pilier, ce sentiment d'être la personne sur qui on s'appuie est grisant. Je me suis sentie utile, indispensable, je me suis oubliée par la même occasion. Je ne m'en suis même pas aperçue….
            Mais un jour, j'ai commencé à fatiguer…. J'ai senti que cette façon de faire ne me correspondait plus. J'ai  eu  l'impression que le pilier se fissurait, qu'il avait envie de s'échapper, d'être libéré de toute cette charge que je m'étais mis moi-même sur les épaules. Comment fait-on dans ce cas-là? Comment pouvais-je me libérer de cette situation dans laquelle je m'étais mise moi-même? Comment faire comprendre à mon entourage que j'avais envie d'autre chose, surtout besoin d'autre chose? Besoin d'air, de solitude, d'être libre. De ne plus être le pilier, ne plus être indispensable, pouvoir enfin penser un peu à moi, à ce que je veux réellement, enfin, est-ce que je le sais d'ailleurs? Je ne me suis jamais vraiment posé la question, je crois. J'ai toujours fais passer les autres avant.
              Ce soir, dans ce bureau, je suis la dernière à partir, j'ai rendu service à une collègue qui devait aller chercher son fils malade. J'ai fini le travail qu'elle avait à faire. Je suis là, j'ai terminé ma journée, j'ai terminé le travail de cette collègue. Je suis épuisée. Autant par le travail du jour que par la pression que je me suis mise toute la journée pour être ce que je ne suis plus. Ce soir, les vannes cèdent, Madeleine* est là, incontrôlable.

Le masque de joie est tombé.





*Madeleine vient de l'expression "pleurer comme une madeleine". Je l'utilise régulièrement dans la vie courante, moins gênant pour moi que dire pleurer.

------------------------------------------------------------------------------------------------
If you have a dream go chase it, ( si tu as un rêve, poursuis-le)
If you feel hope, Don't waste it,  (si tu ressens d l'espoir, ne le gâche pas)
If you find love, embrace it    (si tu trouves l'amour, garde le bien)
And never take a single breath for granted  ( et ne considère pas une seule respiration comme garantie)
The story's yours, go write it   ( c'est ton histoire, vas-y, écris-la!)

Extrait "Granted" Josh Groban


aller vers mes créations
aller vers mes messages
Revenir en haut Aller en bas
Spangle

Spangle

Vierge Messages : 217
Date d'inscription : 30/03/2020
Localisation : Bzak

cc 3.82 - Sujet Empty
MessageSujet: Re: cc 3.82 - Sujet   cc 3.82 - Sujet EmptySam 30 Mai 2020 - 22:38

La peur
[-12]


Pendant qu’on me transporte et que ma cage ballotte en tous sens, je revois encore et encore les visages de ces petits humains. Le souvenir me brûle, me retourne l’estomac au point que je finis par vomir. Puis dans l’étourdissement qui suit mes spasmes, le visage de la petite humaine de tout à l’heure vient se superposer à eux. Elle montrait les dents, comme le font les humains lorsqu’ils veulent me caresser. Mais je ne comptais pas la laisser m’approcher, je sais de quoi ils sont capables. Je le sais depuis mon plus jeune âge. Leurs dents découvertes ne témoignent pas de bonnes intentions. Les petits humains ne sont que des monstres répugnants et terrifiants.

Tout d’abord il y avait eu le petit humain au gros derrière blanc. Celui-là vivait comme moi dans la maison de ma mère. Tous les jours il surgissait alors que nous étions tendrement blottis contre elle, s’emparait de l’un de nous par n’importe quel endroit du corps et le soulevait ainsi. Il nous secouait, nous tirait les poils et menaçait de nous démembrer, sans que nos petites griffes de chatons ne parviennent à lui faire lâcher prise. C’est seulement lorsqu’un grand humain entendait nos miaulements de détresse et venait nous délivrer que le calvaire cessait. Mais je n’avais encore rien vu…

Cela s’est passé peu de temps après qu’on m’ait arrachée à ma mère pour m’emmener loin d’elle, dans une autre maison. Je prenais le soleil dans la cour, lorsque ces petits humains sont arrivés. L’un d’eux tenait quelque chose et s’est accroupi en me parlant, tandis que les deux autres restaient en arrière. Il agitait sa main avec au bout ce que j’ai fini par reconnaître : un morceau de viande. Je me suis approchée lentement, et il semblait vouloir me donner la viande, j’ai fini par arriver tout près de lui. La viande sentait bon. Je l’ai saisie entre mes dents, et soudain le petit humain s’est emparé de moi.

Il était beaucoup plus adroit que celui au derrière blanc et bien que j’aie grandi et gagné en adresse, je ne pus rien faire pour lui échapper. Je parvins seulement à lui donner un coup de griffe sur le bras, avant qu’il ne me saisisse par les pattes arrière d’une main et par le cou de l’autre. J’étais immobilisée, à demi-étranglée, totalement à sa merci. C’est alors que les deux autres se sont approchés. Je vomis de nouveau en repensant aux supplices qu’ils m’ont infligés. Après cela, je suis restée de longs jours chez l’humain en blanc, qui me faisait toutes sortes de choses bizarres, mais sans me faire mal. Tout mon corps me faisait souffrir, mais il a fini par se remettre. Les cauchemars par contre, n’ont jamais cessé depuis ce temps-là.

L’humain qui porte ma cage s’est arrêté. Nous venons d’entrer dans la maison de l’humain en blanc. Je m’étonne : la petite humaine de tout à l’heure n’a pas eu le temps de me faire le moindre mal. Je ne lui en ai pas laissé le loisir ; quand elle m’a poursuivie, j’ai d’abord essayé de l’évitern, mais lorsqu’elle a réussi à me bloquer dans un coin, je lui ai sauté à la figure toutes griffes dehors. Le sang a coulé, elle a porté ses mains à son œil en hurlant. Les grands humains se sont mis à hurler aussi. Mon humaine m’a attrapée, fourrée dans ma cage et laissée là pendant qu’ils emmenaient la petite humaine à l’œil crevé. Puis elle est venue prendre ma cage, et me voilà ici.

L’humain en blanc me sort de la cage et parle avec mon humaine. Elle pleure et fait de grands hochements de tête. Elle me tient sur la table pendant que l’humain en blanc tripote des objets, puis qu’il revient vers moi. Il attrape la peau de mon cou et je sens une piqûre. La pièce se met à tourner lentement, je ne sais plus si je suis debout ou allongée et je ressens une grande fatigue. Je tente de résister à l’endormissement, mais au même moment la lumière décline rapidement, jusqu’au noir complet.

------------------------------------------------------------------------------------------------
Le bon ni le mauvais ne me feraient de peine
Si si si je savais que j'en aurai l'étrenne

Boris Vian

Utilisez le pronom iel et les accords neutres ou masculins pour parler de moi, merci.
La chasse aux fautes, j'adore ! Mon signe est &, mes terrains de chasse favoris sont les sections romans, théâtre et fanfictions. N'hésitez pas à me pm pour une petite relecture, c'est rapide et indolore...
Voici la liste de mes textes, merci d'avance pour vos commentaires !
Revenir en haut Aller en bas
http://losquimord.wordpress.com
Contenu sponsorisé




cc 3.82 - Sujet Empty
MessageSujet: Re: cc 3.82 - Sujet   cc 3.82 - Sujet Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
cc 3.82 - Sujet
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Encre Nocturne :: Evénements :: Les chronochallenges-
Sauter vers: