Encre Nocturne
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Encre Nocturne
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 Ce que je ne suis pas

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AuteurMessage
Pryd



Verseau Messages : 31
Date d'inscription : 14/05/2020

Ce que je ne suis pas Empty
MessageSujet: Ce que je ne suis pas   Ce que je ne suis pas EmptyJeu 4 Juin 2020 - 17:04

[TW RP de viol] [CM : langage cru]

__________


Quoiqu'on en dise, les soirées en amoureux, langoureusement allongés sous les étoiles, tendrement enlacés sur une vieille couverture qu'on ne crains de tâcher ni d'herbe, ni de terre ; quoiqu'on en dise, en octobre, ça caille sévère.
Pour me réchauffer et par plaisir, je me collais contre elle, très fort, très intimement. La queue instantanément mise en érection, je la pressais contre ses fesses. Elle poussais un léger gémissement. Je savais ce que je faisais. Mes mains habituées à frôler, caresser, toucher, étreindre, enserrer ce corps demandeur eurent vite fait de le mettre en transe, vite fait de mettre en désordre ses vêtements ; mais dans un désordre uniquement apparent qui laissait place à de nombreux passages stratégiques.
Quelques instants, quelques gestes suffisaient à nous rendre tous deux ardents de désir, implacablement attirés l'un par l'autre, nous voulant mutuellement avec passion, force et parfois même une rage animale et voluptueuse, dénuée de toute conscience, mais pleine d'une telle déraison que nous aimions à nous laisser aller à sa volupté, à sa soif lubrique de l'autre ; de le sentir, de le ressentir, de le faire jouir et de jouir à son tour, ou l'inverse, ou ensemble, ou plusieurs fois, ou pas du tout... qu'importe ! Seul importait l'autre, l'autre, sa peau, sa chaleur, sa douceur, son humidité, son désir de soi, et la fusion bestiale, fougueuse et brûlante de cet amour fou, de cet amour intense qu'il fallait consommer, consumer, comme si jamais nous n'avions quitté notre premier jour, et comme si le premier jour était le dernier.
Car c'était cela au fond. C'était une passion incohérente, non fonctionnelle, insensée. Ça ne durerais pas. Nous savions que chaque jour annonçait le dernier.

Ce que je ne suis pas, c’est un homme fait pour toi.

« Arrêtez... » gémit-elle.
Embrasé, j’ai cru avoir mal compris. J’ai espéré avoir mal compris. Décidé que cela n'avait pas d'importance. Mon attention était alors pleinement retenue par ses vêtements, qu'il fallait lui remettre en ordre afin de pouvoir les lui ôter. Vite.
« Monsieur, arrêtez, je ne vous connais pas » marmonna t’elle en commençant à se débattre.
Cette fois, j’entendis bien et n’eût aucun doute. Je ne fut pas surpris qu'elle veuille jouer à ce jeu : plus rien ne m'étonnais de sa part. Je fît semblant de rien, espérant qu'elle arrête d'elle-même en voyant que je ne réagissais pas. Elle ne s’est pas arrêtée.

Ce que je ne suis pas, c’est un homme qui aime ce jeu-là.

Prince des cocus, la main brisée de rage contre un mur. C’était le printemps et j’étais à bout. Tout ce que je faisais pour elle, tout ce que je subissais par elle… j’étais à bout. Plus rien pourtant ne me surprenais venant d’elle : je savais qu’elle avait connu les neuf premiers mois de notre rencontre plus d’hommes que je n’avais connu de femmes dans ma vie. Je savais que notre première fois, nous étions trois dans mon lit.
Et elle m’avait dit que malgré tous mes efforts, je ne pouvais pas l’aimer. Plus rien ne m’étonnait de sa part, mais ma main habituée à frôler, caresser, toucher, étreindre, était pourtant broyée.

Ce que je ne suis pas, c’est un homme assez patient pour ça.

Séparés.

Ce que je ne suis pas, c’est un homme qui accepte d’être traité comme ça.

Roi des cocus, un coup de téléphone, et me voilà avec une promesse. Celle que j’attends depuis que j’ai vingt ans. Mais bordel, pourquoi est-ce qu’il fallait qu’elle vienne de toi ? Un rendez-vous et me voilà chez un autre docteur, le deuxième grâce à toi Mais avec un autre type d’image à la main, cette fois. Le plus pur instant de bonheur de ma vie, cette image-là.

Ce que je ne suis pas, c’est un homme qui peut ignorer ça.

Empereur des cocus, le cœur brisé de rage contre un mur. Le cœur, c’était le mien ; la rage, le mur, c’était toi. Et lui, c’était ton voisin, notre vieille couverture, c’était votre ascenseur… ça ne m’étonnais pas de toi.

Ce que je ne suis pas, c’est un homme qui peut supporter ça.

Une brume grisâtre. Pas d’un gris clair d’eau vaporeuse, mais d’un gris noir, sale d’alcool distillé. Du whisky, du whisky, de la bière et un cubi. Un concert, de la bière, de la bière et pour finir… un whisky. Tu as tant joué avec moi que je suis devenu tout ce que tu détestes le plus. Anorexique, alcoolique, ma virilité quelque part dans tes poubelles, je suis une loque, une ombre, le paria de moi-même…
Un coup de téléphone, et voilà que c’est à nouveau moi. Je suis une loque, une ombre, un con. J’accepte. Je serais là pour lui, je le promet. Du mieux que je peux au moins. Même si tout ce que je peux, c’est peu.
Du whisky, de la bière et un cubi. Cinquante kilos et un verre de trop. Tu vois ça, et tu décides à nouveau d’un coup que c’est ton voisin, que ce n’est plus moi.

Ce que je ne suis pas, c’est un homme.

Quoiqu'on en dise, les soirées en solitaire, lamentablement affalé sous le plafonnier, tristement lové sur une vieille couverture que je ne crains de tâcher ni de vomi, ni de merde ; quoiqu'on en dise, en octobre, ça caille sévère.
Mais le chauffage est trop loin, je n’ai pas même la force de me lever. Puis mon cœur est déjà froid. Du whisky, de la bière et un coma…

Ce que je ne suis pas, c’est un homme qui pense avoir le choix.

Les années ont passé depuis. Jamais je ne saurais si c’est le voisin ; jamais je ne saurais si c’était moi. Je ne lui parle plus, je ne veux plus de tout ça. J’espère que tu le comprendras. J’espère que tu le devineras. Tu ressembles à quoi ?
Un concert, une bière, une bière, et puis ça va. Soixante-dix kilos, mes os sont ressoudés, mais mon cœur… mon cœur reste froid.
Les années ont passé. Tu es grand maintenant. Pas assez pour lire ce texte, que de toutes façons tu n’auras pas. Mais tu pourrais le comprendre. Enfin un peu. Du moins, j’espère que tu pourrais bien le comprendre.

Ce que je ne suis pas, c’est ton père.
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