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 Le Détective et la Bibliothèque [-12]

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AuteurMessage
Lunny

Lunny

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Date d'inscription : 16/08/2015
Localisation : Angers

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MessageSujet: Le Détective et la Bibliothèque [-12]   Fantasy - Le Détective et la Bibliothèque [-12] EmptyVen 2 Oct 2020 - 23:05

Bonjour !

Aujourd'hui je vous propose une nouvelle écrite l'an dernier dans le cadre de mon cours EEO (Expression Ecrite et Orale). C'est un texte à contrainte en trois parties. Chaque partie ayant ses propres contraintes et devant faire au moins 30 lignes (j'ai toujours fait plus).
J'ai décidé de placer une balise [-12] en raison d'un passage de la deuxième partie.
Je vais poster les trois parties séparément, toujours avec les contraintes en spoiler au début du post ^_^

#fantasy #policier

Contraintes pour la partie 1:
 
Partie 1 (83 lignes)

C’était l’hiver. Un hiver froid et rigoureux comme on n’en avait pas connu depuis longtemps. Un homme, détective indépendant de son état, avançait dans la rue, grande et maigre silhouette battue par les éléments, le col de son manteau remonté afin d’éviter que le vent froid ne vienne lui lécher la nuque et les oreilles.

Le détective était un homme tout à fait banal : rien dans son apparence ou sa façon de se déplacer et d’agir aurait poussé quiconque à se retourner sur son passage. Une écharpe de laine brune lui couvrait la gorge et cachait sa bouche fine, son nez aquilin et son menton tandis que son front disparaissait sous le bord d’un vieux chapeau informe. Ses yeux, d’un perturbant bleu clair, étaient la seule partie visible de son visage.
Il aurait largement préféré rester chez lui, dans son fauteuil au coin du feu, à lire le journal en sirotant un bon café – il ne buvait jamais d’alcool – mais il se retrouvait dehors au cœur de l’hiver parce que le sort en avait décidé autrement.
Deux jours plus tôt, alors que la neige tombait drue et recouvrait la ville d’un voile blanc, quelqu’un était venu le trouver pour lui demander de l’aide. C’était quelque chose d’assez commun : des gens obtenaient son adresse par un moyen ou par un autre et débarquaient chez lui sans prévenir avec une requête ou deux. Cela arrivait de plus en plus souvent depuis quelques mois.
Il faut dire que la situation n’allait pas en s’arrangeant : depuis les Fêtes d’Automne des personnes disparaissaient régulièrement et on ne les retrouvait jamais. Au début, c’étaient des anonymes par-ci par-là, maintenant il arrivait même que des personnages publics se volatilisent, comme ça ! d’un claquement de doigts.
La peur avait déjà eu le temps de s’ancrer dans le cœur de chacun si bien que les gens commençaient à craindre de sortir seuls le soir, mais la situation n’était pas encore assez grave pour que la police patrouille dans les rues. Les détectives indépendants, eux, étaient tous sur le qui-vive et à la recherche du moindre détail. En effet, certains voyaient là une chance de devenir célèbre, d’autres de faire leurs preuves. Le détective Archibald Dumont n’était pas de ceux-là. Lui, tout ce qu’il désirait, c’était s’occuper d’une affaire ou deux, intéressantes si possible, une à deux fois par trimestre puis vaquer à ses occupations. Malheureusement, on a rarement ce qu’on veut et depuis le début de l’année, les affaires n’arrêtaient pas de lui tomber dessus.
Il ne savait pas vraiment quoi penser de ces disparitions et n’avait pas non plus réellement pris le temps de s’en inquiéter : il faisait le travail pour lequel il était payé et voilà tout. Alors forcément, quand sa cliente est venue le trouver, il ne lui a pas ouvert la porte avec beaucoup d’entrain.
C’était une femme relativement âgée, entre soixante et soixante-dix ans, au visage marqué de rides, mais toujours belle. Elle avait cette étincelle dans l’œil et ce maintien qu’ont les dames de la haute société. La femme était drapée avec dignité dans un manteau de fourrure et le détective pouvait sentir une odeur de parfum haut de gamme émaner d’elle.
Elle venait pour son mari. Trois jours qu’il n’était pas revenu à leur demeure, lui dit-elle. Pour le détective Dumont, cela n’avait rien d’inquiétant et ne le reliait pas aux récentes disparitions. Après tout, monsieur Pi était un adulte et un homme de surcroît. S’il n’avait pas envie de rentrer chez lui pendant quelques jours, eh bien… tel était son droit et rien ni personne ne pouvait l’en empêcher.
Néanmoins la femme semblait désemparée et, même si le détective avait toutes les caractéristiques du fainéant, c’était un homme qui avait bon cœur. Sans oublier que madame Pi proposait une somme tout à fait généreuse… C’est ce dernier argument qui, mine de rien, fit mouche et Archibald, bien qu’il ne soit ni pauvre, ni avare, ni cupide, était incapable de résister à l’appel de l’or.
Il interrogea donc longuement sa cliente dans le but d’orienter ses recherches et de se faire une idée plus précise de l’homme qu’il cherchait, ainsi que de l’endroit où commencer les recherches. À l’issue de l’interrogatoire, il conseilla à Madame Pi de regagner son foyer et de ne plus le quitter jusqu’à ce qu’il ait des informations à lui transmettre au sujet de la disparition de son époux.
C’est ainsi que le détective Dumont se retrouva à parcourir les rues de la Ville alors que la première tempête de l’année était sur le point de s’abattre sur le pays. Enveloppé dans son grand manteau brun, la tête rentrée dans les épaules et le col remonté, il marchait en direction de la Grande Bibliothèque. Après une brève réflexion, il en était venu à la conclusion qu’il s’agissait du meilleur endroit pour commencer ses recherches puisque monsieur Pi y avait travaillé toute sa vie et en était devenu le directeur quelque dix ans auparavant. Cet endroit comptait presque autant que son épouse à ses yeux.
Après un trajet de près d’une demi-heure dans les rues pavées de la vieille ville, il arriva enfin devant l’entrée de la Bibliothèque. C’était un bâtiment très ancien et très grand. Si ancien qu’on ne se rappelait plus vraiment par qui ou quand il avait été construit et si grand que même la Cathédrale ressemblait à une petite église de campagne à côté. Le détective s’arrêta face aux massives portes de bois et examina l’édifice.
C’était un immense bâtiment de pierre, à la façade à la fois simple et élégante, empreinte d’assurance et de dignité : cette façade et ce qui se cachait derrière avaient traversé au moins trois guerres et la fin d’une civilisation et pourtant, l’édifice se tenait toujours là. Intact. Un peu comme si l’Histoire ne voulait pas se perdre. Évidemment, avec le passage du temps de nombreux ouvrages avaient disparu et la langue avait évolué mais certains – rares – érudits étaient encore capable de la comprendre et de la transcrire afin que les savoirs anciens ne soient pas irrémédiablement perdus.
Monsieur Pi faisait partie de cette élite. Il avait, toute sa vie ou presque, parcourut les rayons et les couloirs de cette bibliothèque, entretenant, consultant et protégeant les savoirs immémoriaux contenus dans les pages fragiles des œuvres placées sous sa garde. Et puis un jour, ce fut son tour de régner sur ce vaste domaine. Il était devenu le seigneur et maître de la Bibliothèque et celui que tout le monde connaît – sans le connaître – sous le nom de Grand Lecteur de la Salle Ovale. Le titre était pompeux et n’avait, finalement, pas tant de valeur : il était simplement le Bibliothécaire à la tête de tous les Bibliothécaires, ni plus ni moins. Hors de la bibliothèque il n’avait pas de pouvoir, il n’était rien de plus qu’un homme comme les autres.
Un frisson parcourut le détective Dumont : il sentait comme une présence peser sur lui. Il y avait quelque chose dans ce bâtiment, il en était certain. Quelque chose d’anormal, de vivant peut être. Tout le monde sait que lorsque les choses sont vieilles et qu’elles traversent les siècles, il n’est pas rare qu’elles s’imprègnent de tout ce qu’elles ont « vu », « vécu » et « entendu », et ceci est encore plus vrai pour les Reliques de l’Ancien Monde.
Après une profonde inspiration, Archibald pénétra dans la Bibliothèque. L’impression de se faire écraser par l’immensité du bâtiment s’empara de lui, sitôt qu’il passa les portes. L’endroit était aussi impressionnant vu de l’intérieur qu’il l’était de l’extérieur. Des murs de pierre claire et couverts de tableaux jusqu’au plafond, un sol fait de dalles de marbre blanc veiné de noir, un plafond couvert de moulures et de fresques antiques, telle était l’entrée qui se dévoilait à ses yeux.

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Ourson Maladroit

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MessageSujet: Re: Le Détective et la Bibliothèque [-12]   Fantasy - Le Détective et la Bibliothèque [-12] EmptyMar 3 Nov 2020 - 21:54

Salut !

Aaaarg je veux savoir la suite !!!

J'ai bien aimé ce texte pour plusieurs raisons : il est bien structuré, l'ambiance est aussi très bien construite, je visualisais tout comme il faut. Ton écriture est assez fluide, et j'ai très envie de connaître la suite.

J'ai juste quelques petites remarques qui me viennent en tête :


Citation :
C’était l’hiver. Un hiver froid et rigoureux comme on n’en avait pas connu depuis longtemps. Un homme, détective indépendant de son état, avançait dans la rue, grande et maigre silhouette battue par les éléments, le col de son manteau remonté afin d’éviter que le vent froid ne vienne lui lécher la nuque et les oreilles.

Là j'étais un tout petit peu gêné par la répétition de "froid", il y aurait pas mal de moyens de trouver des synonymes. Et c'est assez personnel mais "Le vent froid qui lèche la nuque et les oreilles" ça me fait un peu rire, ça me donne des images bizarres en tête Laughing Enfin je sais que ça se dit, mais il y a peut être d'autres façons plus jolies de le dire. Mais c'est vraiment un détail.

Citation :
Le détective était un homme tout à fait banal : rien dans son apparence ou sa façon de se déplacer et d’agir aurait poussé quiconque à se retourner sur son passage. Une écharpe de laine brune lui couvrait la gorge et cachait sa bouche fine, son nez aquilin et son menton tandis que son front disparaissait sous le bord d’un vieux chapeau informe. Ses yeux, d’un perturbant bleu clair, étaient la seule partie visible de son visage.

Je cite ce passage, mais ça vaut un peu pour d'autres : j'adore les descriptions en général, mais ici je les trouve un peu clichées, trop présentes, un peu entendues, classiques. Peut-être un peu trop d'adjectifs qualificatifs (je dis ça mais j'en utilise aussi beaucoup). Le nez aquilin je l'ai croisé tellement souvent qu'il me saute aux yeux à chaque fois (après ça aussi c'est très personnel, ça ne veut pas dire qu'il faut bannir ce mot, en plus c'est joli "aquilin".

Edit : En fait je trouve aussi que certaines descriptions arrivent un peu comme un cheveux sur la soupe. C'est bien que les descriptions soit un peu "saupoudrées" dans le texte au fil des événements et des actions, un petit peu de temps en temps. Là c'est un peu : pas il y a un détective il est comme ça, comme ça, comme ça,.. (Enfin je suis peut-être un peu sévère, tes descriptions sont quand-même belles).

Citation :
avec une requête ou deux
Citation :
d’une affaire ou deux
Citation :
une à deux fois par trimestre

D'un coup il y avait beaucoup de "une ou deux", ça faisait un peu comme un tic d'écriture.

En fait la structure très bien construite (je trouve) de ce texte est pour moi à la fois sa force et sa faiblesse. Il est bien construit mais est du coup à certains moments assez classique, il tombe un peu dans certains lieux communs, mais ce n'est pas très dérangeant.

Bon, c'est des petites remarques de forme, mais dans l'ensemble j'ai beaucoup aimé ce texte, c'est pour ça que je me permet de chipoter sur des détails. C'était très agréable à lire et je viendrai lire la suite avec plaisir.

Bonne soirée :)

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