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 [CC suite] - Une nuit inoubliable

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AuteurMessage
Lukiaamagi

Lukiaamagi

Capricorne Messages : 74
Date d'inscription : 03/04/2020

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MessageSujet: [CC suite] - Une nuit inoubliable   [CC suite] - Une nuit inoubliable EmptySam 10 Oct 2020 - 4:26


blanc
noir



Une nuit inoubliable

   
« Mon histoire ? C’est à moi que vous vous adressez ? Ah oui, eh bien… Comment vous racontez l’histoire d’une vie en quelques minutes seulement. Un fort dilemme que vous me présentez, très cher. Si mon existence devait se résumer à une médiocre centaine de phrases… Hiver, douce nuit de nonante-cinq, quatre tableaux, deux battements de cœur, découverte... Si ma vie était une histoire alors oui, ce serait celle-là. Cette nuit si impromptue, qu’elle en fut inoubliable…

Comme toute histoire banale, je me promenais tranquillement dans la rue afin de m’aérer l’esprit. Après des heures passées sur ce satané chapitre, qui non seulement refusait de s’écrire seul mais en plus avait l’audace de soutenir mon regard courroucé, j’étais à bout. Oui bout, comme de la boue visqueuse qui s’accroche à vos vêtements, ou une casserole qui boue. Bref, de l’air, du vent, de la fraicheur et de la liberté ! Voilà ce qu’il me fallait pour me requinquer.
C’est pourquoi j’étais hors de mon refuge douillet, ici dans le froid givré qui me léchait avec sa grosse langue humide. Mes jambes se mouvaient seules, avec l’habitude des esprits rêveurs qui se laissent aller. Si l’environnement présent affaiblissait mon corps, et augmentait la cadence des passants, il n’avait pas le moindre pouvoir sur mon être intérieur. Car celui-ci était à des milliers de kilomètres de là, imaginant une vie en Asie, dans la grande métropole bouillonnante de Tokyo. Jusqu’à ce qu’un reflet de lumière vienne transpercer ma rétine, envoyant un flot immense d’informations droit dans mon cerveau, m’arrachant à mes merveilles.
Fichue voiture avec leur phare éblouissant, en plus celles-ci étaient accompagnés par toute une fanfare cacophonique de moteurs. Pas toujours merveilleux la technologie… En plus, maintenant que j’étais de retour dans mon corps, ma gorge m’enquiquinait à pleurer de ses grosses larmes sèches. Par conséquent, je pris la décision de partir en quête d’un café ou non seulement m’abreuvoir, mais aussi me réchauffer. Et droit devant moi, un chemin se dessina seul entre les passants : le Tournant.

Comment ça c’est trop lent ? Eh vous m’avez demandé ma vie, alors respectez quand même qu’elle prenne un peu de place. Vous pensiez que j’allais vous dire « Veni, vidi, vici » ? Ahlala, enfin bon, retournons à nos moutons. Du café, de la chaleur, des clients, bref, le Tournant.

Je poussais à peine la porte d’entrée, qu’une douce chaleur épousa mon corps. Des petits frissons traversèrent mon circuit nerveux de part et d’autre, sauf au niveau des doigts. Très durs à réchauffer ces petits gas là. La tenante me salua d’une voix forte, avec un arrière-ton de maternité. Après un coup d’œil efficace, il avait été décidé que mon refuge temporaire serait la table tout au fond, dans un petit coin à l’abri des regards. Presque caché j’oserais dire. Car à l’époque voyez-vous, si je me sentais plus grand que le monde entier, eh bien je me faisais plus petit que le plus fébrile d’entre nous. Manteau, écharpe, veste, installation rapide. Je n’attendais plus qu’à commander.
Et c’est à ce moment qu’elle arriva. Chevelure noire, corps svelte à la silhouette agile, un jean bleu classique, un t-shirt noir avec le nom du bar imprimé en caractères blancs. Si ma description s’arrêtait ici, je l’aurais catégorisé comme une jolie fille, sans plus. Mais le tatouage qui s’enroulait autour de son biceps, tel un serpent, et les traits finement dessinés de son visage, contribuait à lui donner une voluptueuse aura couleur basalte. J’étais charmé, ou plutôt, envouté. Captivé par elle et tout ce qu’elle était. Indépendamment, chaque engrenage qui la constituait était commun. Ensemble, il n’était plus rouage mais un entremêlement d’émotions et de sensations.

J’en fais trop selon vous ? Ahahah, il se pourrait qu’effectivement je choisisse mes mots avec attention. Mais la vérité est présente, jamais je n’ai été aussi épris par l’aura d’une personne. Et jamais plus, cette couleur basalte ne m’est apparue à nouveau.

- « Vous voulez quoi ? », demanda t’elle, me toisant d’un regard neutre et indifférent.
- « Euh ?... Un café ? », répondis-je sans grande conviction.

Il me faut l’avouer, j’étais encore captivé par sa présence, ralentissant alors tout l’éventail de mes fonctions sociales. Et pour une personne ayant l’habitude d’avoir la main mise sur le moindre de ses états âmes, perdre ainsi le contrôle était… désagréable. L’objectif s’apparentait alors à écourter l’échange, afin de disperser cette brume séduisante qui m’obstruait la vision.

- « Espresso, latte, moka, ristretto, macchiato ? », poursuivit-elle.
- « Just un café ? C’est possible ? », balbutiais-je.

Oui. Oui c’est une réponse niaise, je vous l’accorde. Mais dans cette phrase, j’avais pu cacher toute trace des sentiments que j’éprouvais. Ainsi, mon apparence extérieure se réduisait à celle d’un homme, la trentaine avec des épaules carrés mises en avant par un caban noir. Des cheveux noirs mais pas ébènes, des yeux marrons mais pas châtaignes, et un visage de marbre, calme. Cette façade inébranlable, protégeait à la vue de tous les tempêtes internes qui auraient pu déranger les autres consommateurs de café. Vous imaginez de l’eau dans du café ? Eh bien, laisser transparaitre mes sentiments m’aurait donné l’impression de lui servir un breuvage du type.

- « Très bien, je vous apporte un espresso alors. », annonça-elle en se penchant pour récupérer le menu.

Et voilà. Aussi vite que cette senteur féline était venue m’embaumer l’esprit, elle repartait doucereusement, me laissant face à moi-même. Ah, je ne vous dis pas le regret que j’ai eu, de ne pas inspirer plus fort, afin de m’imprégner les poumons de sa présence. Mais pour l’être domestique que j’étais, l’étreignant confort de la sécurité prévalait à l’embarras rafraichissant qu’aurais été une tentative de séduction.
Ainsi mon café me fut apporté, par la tenante et non la femme au tatouage. Et ainsi je le but en silence, avec mes ruminations sur l’acte qui venait d’avoir lieu. Une fois fini, je pris la tasse et la déposa sur le comptoir. Puis, non sans tenter d’apercevoir une fois de plus cette âme féline teinté d’ambre, j’ouvris la porte pour m’engouffrer dans une rue froide et gelée. 22h.

Et voilà. Une nuit inoubliable hein ? Vous n’avez pas l’air satisfait, vous pensiez qu’il y aurait plus à cette histoire ? Et bien non monsieur, pour moi cette nuit est inoubliable car c’est depuis que je me suis juré de ne plus jamais enfouir mes sentiments. Le regret était tel, qu’un volcan incandescent avait surgi dans mon cœur. Et croyez bien que depuis, je n’ai peut-être jamais croisé telle singularité, mais j’ai eu l’occasion d’illuminer de bien nombreuses gemmes ! Ahah, allez monsieur, une bonne soirée à vous. Au revoir. »

Si le vieil homme au caban avait bien apprécié l’esprit du petit jeune qui avait engagé la discussion avec lui, jamais il n’aurait pu lui livrer la vérité. Il y avait une suite à son histoire. Le jeune avait raison, cette fin était bien trop abrupte, et si peu n’aurait pas chambouler la vie du vieil homme. Mais cette suite lui appartenait, elle représentait l’un de ses souvenirs les plus précieux. Le genre de souvenir qui se cristallise dans un recoin de votre esprit, et que je vous chérissez jusqu’à votre dernier souffle. Que vous n’osez même pas sortir, de peur qu’il ne s’abime ou perd de son éclat face aux regards avides de curiosité. Prenant le chemin du retour en direction de sa maison, l’homme au caban repensa alors à la fin de l’histoire. Il repensa à Elle, et au monde qui s’était offert à lui lorsqu’elle lui avait débandé les yeux.

Il faisait si froid lorsqu’il était sorti du café. En plus, une tristesse mélancolique s’était emparée de lui, puisqu’il n’avait pu la voir une ultime fois. Et là, contre le mur du café, elle se tenait en train de souffler un nuage de fumée. Surprise si totale, que son masque tomba, et ses yeux laissèrent filtrer une vive lueur d’émerveillement. Leurs regards se croisèrent, et Elle plongea ses yeux amandes dans les tréfonds de son âme. Il avait ouvert une fenêtre, et celle-ci était désormais porte, offrant une entrée à sa privacité. Alors un sourire se forma sur les lèvres de l’observatrice. Le temps de réaliser ce qui venait de se passer, et de reprendre composure, Elle lui faisait face.  

- « J’ai quelque chose sur moi ? », demanda-t-elle, avec une certaine espièglerie.
- « Euh non… je… regardais la lune. », réussit-il à formuler, réalisant qu’un croissant sélène se dessinait au-dessus du mur.
- « Elle est belle, n’est-ce pas ? Quand je la regarde mon corps tout entier s’en trouve chamboulé, mais apaisé. C’est comme si j’entrais en une symbiose chaotique avec elle. »
- « Comme toi… », prononça-t-il, perdu dans les méandres de son regard.

S’il pensait avoir été inaudible, Elle l’avait pourtant bien entendu. D’une douce lenteur, elle leva sa main pour la poser derrière sa tête, amenant alors son front contre le sien. Ce court instant, sembla durer la plus longue des éternités.

- « Tu sais, s’ouvrir pleinement et se lier à autrui est un acte rare. Il demande à deux êtres de réussir à montrer, comme à regarder, leurs âmes respectives. Un tel pacte n’est pas soumis au temps, mais à la confiance seule, et les mots importent peu face à son poids. », susurra-t-elle d’une voix ivoirée.
- « Maintenant je sais. », murmura-t-il.

Il ne lui fallait pas en dire plus, car leurs émotions flamboyait dans l’obscurité nocturne. La passion refoulée de leur rencontre se mit à bouillonner en lui, faisant fondre les chaines de la sécurité. Certains mettrait en cause des procédés biologiques, mais ceux-ci n’aurait pu expliquer la complexité chaotique des sentiments qui s’emparèrent de lui. Elle retira alors son front du sien, le pris par le poignet et se mit à marcher.

- « Suis-moi. », lui enchaina-t-elle.

Sans même réfléchir à la scène, il la suivit. Dans l’état ou il se trouvait, toute réflexion n’était plus nécessaire. Agir sans penser, ressentir la moindre des sensations. S’imprégner d’Elle à chaque instant.
Leur marche dura, un temps qu’il n’aurait pu estimer. Tout ce qu’il savait, c’est que le jour n’était pas encore venu. Tout du long elle le mena, sans se retourner, mais en gardant sa main fermement autour de son poignet. Ils arrivèrent alors devant une ancienne tour, vestige de l’ancienne ville. D’une dextérité habituée, elle crocheta la porte comme si elle tournait une clé. Un grand escalier en colimaçon se présenta, menant droit au sommet de la tour. Ils le gravirent.
Arrivés au dernier étage, une pièce aux grandes parois vitrés les attendaient. Une vue sans fin s’offrait à eux, laissant transparaitre l’horizon derrière de grands vitraux transparents. L’aube commençait à naitre. Les fins rayons de Soleil venait illuminer la ville, donnant lieu à des jeux d’ombres et de lumière, miroir à l’acte qui allait prendre place.

Déposant manteaux, pulls, écharpes comme gants, bottes et bonnets, ils se firent face. Avec une grande tendresse, elle laissa glisser ses mains le long de sa taille, lui remontant lentement son haut. Elle le lui retira calmement, le laissant alors tomber à leurs pieds. Il réciproqua alors, lui ôtant son t-shirt. Tour à tour ils se dénudèrent l’un, l’autre, avant de se retrouver sans habits, lui face à Elle, et elle face à Lui.
Une tourmente de passions s’ensuivit alors, leurs corps fusionnant en une seule unité. Leurs émotions s’entremêlant par le biais de leurs caresses, chacun de leurs sens exacerbés à l’idée de ce que ressentait l’autre. Des respirations haletantes se laissèrent être de plus en plus audible. De la buée se déposa aimablement sur les vitraux transparents, contribuant à l’intimité de cet échange sensuel. La température ambiante s’éleva comme si elle souhaitant concurrencer cette ardeur fusionnelle. L’un ne voulait plus que le bonheur de l’autre.

La nuit s’acheva, laissant le Soleil rayonner haut dans le Ciel. Une cloche sonna le midi, laissant des voitures et des cris d’enfants se faire entendre au loin. Emergeant d’un sommeil profond, il se réveilla. S’étirant, il laissa un bâillement s’échapper tout en prenant conscience de ce qui l’entourait. Il était seul dans la pièce. Seul, avec le souvenir et son sourire.




Dernière édition par Lukiaamagi le Sam 10 Oct 2020 - 17:26, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [CC suite] - Une nuit inoubliable   [CC suite] - Une nuit inoubliable EmptySam 10 Oct 2020 - 12:18

Coucou, désolé de t'embêter, j'avais envie de lire mais sans fond blanc vu que le texte est long ça pique les yeux AHDE
Si t'as envie de le mettre ça faciliterait ma lecture xD
Merci !

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MessageSujet: Re: [CC suite] - Une nuit inoubliable   [CC suite] - Une nuit inoubliable EmptySam 10 Oct 2020 - 12:30

@Hartsock a écrit:
Coucou, désolé de t'embêter, j'avais envie de lire mais sans fond blanc vu que le texte est long ça pique les yeux AHDE
Si t'as envie de le mettre ça faciliterait ma lecture xD
Merci !

J'ai tenté quelque chose mais peut-être c'est pas bon x), je re-regarde en rentrant ce soir sur mon ordi.

Edit : j'y arrive pas ;_;
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