Encre Nocturne
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11 résultats trouvés pour signénamyon

AuteurMessage
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: [TP] encres
Namyon

Réponses: 2
Vues: 571

Rechercher dans: Poésies   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: [TP] encres    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyMar 20 Fév 2018 - 4:44
#signénamyon

Une collection de 2-3 courts poèmes en prose. La page blanche et le manque d'organisation tentent de m'abattre mais je suis encore là! Je suis tenace!

(je suis vraiment pas sûre si ce format de publication style "recueil" est permis,
j'ai cherché mais j'ai pas trouvé d'indications spécifiques mais il est très possible que je sois aveugle ou incompétente ou les deux, reprenez-moi si je dois publier ailleurs ou autrement  Peur )

21/01/18:
 


22/01/18:
 


19/02/18:
 


correction par Titi:
 
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: Italie, ô Italie [TP]
Namyon

Réponses: 4
Vues: 1382

Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: Italie, ô Italie [TP]    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyMer 19 Avr 2017 - 5:11
Spoiler:
 


les rues étroites
et quelqu’un chantant au loin
au milieu de tout

Je me rappelle quand nous avons aperçu l’Italie pour la première fois. Je me suis penchée vers le hublot en essayant de ne pas réveiller ma voisine, qui dormait depuis le début du vol. J’ai vu de la verdure, des collines. J’ai vu le beau temps et j’ai deviné la chaleur. En descendant de l’avion, j’ai dû mettre mes lunettes de soleil et retrousser mes manches. Ça contrastait avec le temps maussade et les six degrés que nous avions quittés plus tôt.

Dans un pays étranger, ce sont toujours les petites choses qui nous déstabilisent. Comme ne pas pouvoir comprendre les panneaux publicitaires, ou ne pas pouvoir innocemment espionner les conversations parce qu’on ne les comprend pas. Ces petites choses qui ne nous choquent pas quand on est dans notre pays.

Quand nous avons posé le pied à Florence pour la première fois, ça n’était pourtant pas si différent. Il y avait des bâtiments, des voitures, un parc avec des pigeons et des vieilles dames qui se promènent. Vraiment, la différence est dans les petites choses. Par contre je suis sûre que nous, nous avions l’air différents, avec nos valises et nos traits fatigués et nos rires excités. La dernière chose qu’on veut en voyage, c’est d’avoir l’air d’un touriste. À ce moment, nous étions un beau paquet de promeneurs.

Je n’ai rien contre Montréal. C’est une belle ville, une ville agréable, c’est ma ville. Mais elle ne m'impressionne plus. Désolée, Montréal, je t’aime mais tes paysages ne sont pas comparables à ceux du Ponte Vecchio et des rues florentines. Les rues empreintes d’un charme historique qu’une jeune comme toi ne peut pas connaître. Puis, toi, tu es moins fournie en adrénaline: quand on est chez toi, il n’y a pas de scooter qui nous passe sous le nez à chaque instant.

Je pense que Florence a laissé sa marque en moi. Et je pense avoir laissé ma marque à Florence. À l’encre.


---


qu’elle est belle quand
elle nous berce, si simple
telle notre mère

J’aime le silence. J’aime être seule. J’aime les grands espaces. J’aime simplement être, et écouter. J’aime les étoiles, aussi. Comprenez alors que s’asseoir dans la forêt, le soir, en silence, et regarder les étoiles, c’est une situation qui me plaît. Bon, je n’étais pas seule, mais on ne peut pas tout avoir. Ces quelques minutes où tout le monde s’est tut, ou seules les vagues loin derrière nous et le vent dans les feuilles nous rappelaient que nous étions sur terre, c’était magique. Il y a de ces moments qui sont comme de la poésie. Ils nous font le même effet: ils nous prennent aux tripes, nous inspirent, nous calment et nous secouent en même temps.

Monter une montagne et la descendre deux fois, c’est moins magique par contre. Surtout quand il fait chaud, beaucoup plus que vous aviez prévu, et que vous vous dites que vous auriez vraiment dû amener votre maillot de bain parce que quand vous serez rendu à la plage, vous allez vraiment regretter votre décision. C’est encore plus difficile quand on ne dort pas très bien. Qui peut se vanter d’avoir monté une montagne deux fois avec trois heures de sommeil dans le corps? En fait je ne suis pas sûre que c’est quelque chose dont on devrait se vanter. Mais je l’ai fait. Laborieusement.

Ça en valait la peine. En haut des montagnes, on domine tout, on règne. Pourquoi pensez vous que les dieux siègent sur l’Olympe? On voit tout, on atteint tout, on est tout. Quelle sensation. Avec la mer d’un côté et la terre de l’autre, on se sent vraiment au sommet du monde. Et c’est encore mieux quand on a quelqu’un avec qui partager le paysage. Quand on sait que la personne à côté de nous voit les mêmes merveilles, qu’elle les apprécie autant, qu’il n’y a même pas besoin d’ouvrir la bouche ou de se regarder pour se communiquer ce qu’on ressent. On sait, c’est tout.

J’ai vécu mes plus beaux moments sur les montagnes.



---

retour au passé
on converse avec les ruines
quels secrets cachent-elles?

J’ai aimé pouvoir m’arrêter quelque part et me demander: qui a déjà été ici? Qui a déjà vu la même chose que moi, avec des yeux différents, des yeux du passé? J’ai aimé voir la vieille pierre recouverte par l’herbe, la vieille pierre qu’on ne touche plus, la vieille pierre à qui on ne demande plus rien parce qu’elle a déjà assez donné, la vieille pierre qu’on laisse se reposer.

J’ai aimé voir se côtoyer l’ancestral et le nouveau. J’ai aimé rencontrer les restants d’un monde dont j’ai tant entendu parler, auquel j’ai tant pensé. J’ai aimé pouvoir le voir de mes propres yeux et me rapproche d’une réalité si lointaine, mythique.

J’ai aimé me fondre dans les foules si nombreuses. J’ai aimé entendre toutes les langues autour de moi, que je comprenne ou non. Il y a quelque chose de beau dans les phrases qu’on ne comprend pas. Ce mystère, cette poésie de l’inconnu. J’ai aimé m’en rapprocher.

J’ai aimé être constamment dans cet état semi-conscient. Il y a une limite à ignorer le manque de sommeil.

Mais quand j’ai visité une librairie, que j’ai vu tous ces livres qui m’avaient l’air tellement intéressants, aux belles couvertures et aux titres étrangers, j’ai été nostalgique. Quand j’ai vu les enfants trottiner derrière leurs parents, rentrant chez eux, vivant leur routine mondaine, celle que je ne vivais plus depuis sept jours, j’ai été nostalgique. Quand je n’en pouvais plus de me retourner sans fin dans mes draps, à chercher le sommeil, j’ai été nostalgique.

C’est là que j’ai su que le voyage était fini.

#signénamyon #réaliste
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: Seule [-12]
Namyon

Réponses: 4
Vues: 1440

Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: Seule [-12]    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyLun 22 Déc 2014 - 21:50
note:
 


Tu es forte. Tu ne pleureras pas. Tes amis sont étendus par terre, tachés de leur propre sang mêlé à celui des infectés décimés. Les murs autour de toi sont effondrés, criblés de balles et l'hémoglobine fraîche y coule encore. Il fait terriblement froid, le vent hurle avec ton arme et tes cheveux volent autour de ta tête. Tu as faim, tu as mal, cette nausée te noue les tripes et la gorge mais tu es forte, alors tu continues à te battre et tu t'accroches corps et âme à cet espoir, ce tout petit espoir qui te garde en vie. Ce petit espoir qui prend forme dans celui que se tient derrière toi, tout aussi dévasté, tout aussi frigorifié... et tout aussi effrayé. Mais il est encore là, et il est maintenant la seule chose qui compte pour toi.

Même si d'une manière, il l'a toujours été.

Tes doigts cherchent ta gâchette mais quand ils appuient, rien ne se passe. Tu refuses d'y croire, alors tu essaies de nouveau, encore et encore, et les infectés sont de plus en plus proches alors tu dois te rendre à l'évidence : ton arme est vide. Tu la jettes par terre, le métal claque et tu attrapes le pied de biche attaché à ta ceinture. Tu respires un bon coup et tu penses à lui, tellement fort, parce que en ce moment tu as besoin de tout ton courage. Tu jettes un coup d’œil, peut-être le dernier. Il est là, il est derrière toi, tout va bien. Alors tu te lances dans la bataille corps et âme et tu frappes de toutes tes forces le moindre zombie qui ose s'approcher de toi. Il y en a tellement, cette bataille semble sans issue. Mais tu te bats encore parce que si cet enfer que tu vis t'a appris une chose, c'est bien que l'espoir est un choix et qu'il ne tient qu'à nous de le laisser mourir. Tu frappes, tu coupes, tu brises. Plus rien ne peut t'arrêter, tu es invincible.

Puis soudain tu entends un cri. Beaucoup trop humain pour qu'il te rassure.

Tu jettes un deuxième coup d’œil. Il n'est plus là. Ton cœur rate un battement, tes mains tremblent, tu as tellement peur. Tu continues d'attaquer mais cette fois c'est pour pouvoir te retourner et te frayer un chemin jusqu'à lui. Où est-il? Tes yeux examinent l'endroit en son ensemble, tu ne le vois pas, tu ne le vois plus, tu n'oses pas imaginer le pire et pourtant tu dois t'y résoudre. Lentement, tu regardes vers le bas, vers les corps de tes amis déjà loin, et c'est là que tu le trouves. Étendu par terre, hébété et pantelant.

Non, non, tu ne veux pas y croire, c'est impossible, pas maintenant, tu n'es pas seule, tu n'as jamais été seule, tu ne le seras jamais. Il ne peut pas te laisser seule, pas vrai? Non. Non.

Finalement, tu es à ses côtés. Plus rien autour de toi n'a de valeur parce qu'il est là. Tu te penches, tu le regardes, tu halètes, tu paniques. Tu te remémores ces rudiments de premiers soins que tu as appris et tu prends son pouls. Ton cœur manque un autre battement : il vit. Il vit encore.

-Tom... Eh, Tom...

Un faible murmure s'échappe de ses lèvres et enfin tu respires. Il est vivant et il est encore conscient.

-Je suis là, t'inquiète. La Pyromane va te sauver, hein?

Tu pleures. Tu sens les larmes couler sur tes joues. Chaudes et salées. Tes mains tremblent, ton système fonctionne au ralenti, tes yeux sont brouillés. Tu cherches sa blessure et tu la trouves : son cou est à feu et à sang. Ouvert par un coup de griffe d'infecté. Tu réprimes un soubresaut de dégoût, et tu arraches du tissu sur ta veste pour arrêter ses saignements. Quand tu poses le bandage de fortune sur la plaie, il tressaille.

-Chut, chut... Je sais, ça fait mal, mais c'est ça où je te laisse crever là...

Tu tentes de rire de ta propre blague et puis tu réalises à quel point elle n'est pas drôle. Il ne va pas mourir, pas tant qu'il sera sous ta garde. Jamais.

-Will... murmure-t-il.
-Ouais. Je suis là... Ça va. Ça va.

Tu as cette impression affreuse que tu essaies de te convaincre toi-même. Bien sûr que ça ne va pas : tes amis sont morts, les infectés t'entourent, l'enfer est remonté sur terre. Et celui que tu aimes est étendu par terre, suspendu au bord du gouffre et il chavire, il vacille, il va tomber.

-Ça.. va, répète-t-il, se forçant à ce qui ressemblait à un demi-sourire.

Tu vois ses lèvres tordues, tu ris et tu pleures en même temps. Ça ne va pas, c'est encore plus indéniable pour lui, et pourtant il approuve tes mensonges et garde le sourire, du moins tout ce qu'il en reste. Une de tes larmes tombe sur sa joue. Ses yeux te fixent.

-Will.
-Oui?
-C'est fini.

Tu t'arrêtes brusquement de bouger.

-Comment ça, c'est fini? tu demandes.
-Moi. Tout. C'est fini, articule-t-il entre deux souffles.

Non. Ton menton tremble, tes yeux te piquent, tu ne comprends pas, tu ne veux pas comprendre. Ça ne peut pas se terminer comme ça... Ça ne peut pas se terminer. Tu vas l'aider, l'apporter en lieu sûr, et tu vas le soigner comme tu l'as toujours fait pour les autres. Ça ne peut pas...

-La mort, complète-t-il.
-Arrête de dire des conneries, d'accord? Personne ne meurt aujour...

C'est faux. C'est faux. Ils sont tous étendus sans vie autour de toi. C'est faux, tu mens, c'est horrible. Ils sont morts. Disparus. Ils ne respirent plus. Ils ne sourient plus, ils ne parlent plus, leur bataille est finie, ils sont morts. Ils sont morts aujourd'hui : tu mens.

-Merci.

Vos regards s'enlacent et tu n'oses plus bouger.

-Désolé...
Les larmes coulent encore. Tu lâches sa blessure et tu attrapes sa main. Il sourit, mais son sourire est tellement faible. Il part, tu le sens. La chaleur le quitte, il part loin, il te laisse seule et démunie.

Son souffle se fait plus saccadé. Tu sais qu'il cherche son air avec difficulté. Ces mots te remontent à la gorge, te narguent, dansent sur le bout de ta langue. Tu veux le dire, tu veux lui dire, mais même si tu lui dis il sera trop tard. Ça ne peut pas le ramener. Rien ne va le ramener. Tu pleures.

-Will... Je... Je t'ai-...

Il s'arrête. La vie quitte ses yeux comme elle quitte son corps. Sa main est molle dans la tienne. Plus de chaleur, plus de sourire, plus rien de lui. Plus rien. Rien.

-Moi aussi... bégaies-tu entre tes sanglots.

#signénamyon #drame-tragédie #surnaturel

Correction de Jack Vessalius:
 
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: Why Do We Fall [-12]
Namyon

Réponses: 6
Vues: 943

Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: Why Do We Fall [-12]    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySam 2 Aoû 2014 - 0:27
Je vous reviens encore une fois de parmi les morts avec un texte que j'ai écrit il y a un mois en m'inspirant de l'univers d'un jeu vidéo. En gros, c'est l'apocalypse zombie. Vous avez maintenant assez de renseignements pour comprendre. Bonne lecture!

-----------------

Morts. Décédés. Enterrés. Plus là.

Une déchirure. C'était tout ce qu'il était possible de ressentir après tout cela. Une affreuse déchirure, celles qui sont tellement profondes que même après des années elles vous rongent encore et qui ne disparaissent jamais vraiment. Celles qui, quand elles frappent, vous absorbent toute volonté et toute force et qui vous laissent vous abandonner à la souffrance pure et dure.

Même pas une larme, même pas un sanglot. « Tu es vraiment un salopard, Nick, un putain de salopard. Ils sont morts et tu n'es pas foutu de pleurer pour eux. Tu ne penses qu'à ton cul. Tu n'es qu'un enculé.» Et pourtant, elles ne demandaient qu'à sortir, ces larmes. Mais à force de se construire une carapace et de vouloir s'immuniser de tout, on ne sait plus comment ressentir. Un deuil, en soi, c'est presque insurmontable. Alors, imaginez à quel point c'est dur de réapprendre à sourire quand on ne sait plus comment souffrir. Et pourtant.

Trois tombes. Ou plutôt, trois monticules de terre bêtement posés parmi des pierres tombales beaucoup plus belles. Ils auraient mérité le plus beau des hommages, la plus grande des cérémonies, ils auraient mérité que la planète s'arrête de tourner et que le ciel déverse toutes ses larmes pour les pleurer. Ils auraient mérité la paix éternelle, le repos tant attendu après la course effrénée. Ils auraient mérité tellement plus que ce qu'il avait pu leur offrir. Mais surtout, ils auraient mérité de vivre et pas de crever comme des rats. C'était lui le coupable, l'incapable et c'était lui qui avait encore une chance.

« Ils te supportaient. Ils t'aidaient. C'étaient les seules personnes au monde qui t'avaient accordé leur confiance et tu les as tuées. Bravo, connard, bravo.»

Il avait pensé à en finir, mais au fond, s'il était encore là, c'était grâce à eux. Pour eux, il devait le faire, il devait porter l'espoir qu'ils avaient toujours eu, il devait porter cet espoir et faire en sorte qu'il ne soit pas vain. Il leur devait bien ça. Il leur devait tellement plus que ça.

Rochelle, Ellis et Coach. Trois noms qui résonnaient dans son esprit. Ils cognaient contre les murs de sa tête et ne le laissaient pas tranquille. Chaque heure, chaque minute, chaque seconde de sa pauvre existence était maintenant vouée à se rejouer à l'infini leurs cris, leurs derniers mots et leurs derniers soupirs. Juste parce que son égoïsme l'avait encore emporté et qu'il avait pensé à lui et pas aux autres. Juste parce qu'il avait vu la porte de l'abri apparaître devant lui comme un cadeau des cieux et qu'il en avait oublié ses amis. Juste parce qu'il était parti devant et qu'il n'avait pas regardé derrière à temps. Juste pour ces conneries il avait perdu... qu'avait-il perdu? Il avait tout perdu. Ses compagnons. Les seuls êtres vivants, à part lui, encore munis d'une conscience. Ses amis. Les seuls qu'il n'avait jamais eus. Les seuls qui lui avait permis de se sentir accepté et aimé quelque part. Il les avait perdus.

« La personne pour qui on prendrait une balle est derrière la gâchette », il avait entendu ça quelque part, des mois avant et en avait ri. Qui, à l'époque, pouvait percer sa carapace au point d'avoir assez de pouvoir pour contrôler jusqu'à sa vie? Personne. Pas même lui. Il n'était même plus capable de ressentir, à cette époque. Puis il y avait eu l'Apocalypse, il y avait eu eux et en seulement deux semaines les hauts murs qu'il avait érigés autour de son coeur avaient été démolis comme s'il s'agissait d'un vulgaire château de cartes. Son coeur avait été mis à nu, mais pas pour le pire. Enfin, pas jusqu'à maintenant, car maintenant, son coeur brûlait, il hurlait, il n'en pouvait plus.

Dans ses mains, il tenait la casquette d'Ellis, seule relique des trois êtres qui avaient réussi l'exploit de pénétrer son coeur et de se faire aimer par lui, Nick, l'homme sans coeur. C'était tout ce qui était encore visible et reconnaissable quand il était revenu sur ses pas, se rendant compte de sa bêtise, de son infamie et retrouvant trois corps défigurés et déjà à moitié ouverts. En y repensant, il avait presque envie de rendre ses tripes et son sang. Il avait encore tout en tête : la vision, les bruits, l'odeur, la culpabilité... tout. Tout ce qui causerait sa perte.

« Pourquoi est-ce qu'on tombe... » murmura-t-il quand enfin, un sanglot s'échappa de sa gorge et une larme roula lentement sur sa joue. « Pourquoi... »
#signénamyon #drame-tragédie

Tag signénamyon sur Encre Nocturne 130101075310365731
Correction de Jack Vessalius

celle qui sont -> celles
celle qui, quand elles frappent -> celles
qui vous laisse -> laissent
ré-apprendre à sourire -> réapprendre
ne le laissait pas tranquille -> laissaient
sa pauvre existences -> sa pauvre existence
Chaque heure, chaque minute, chaque seconde de sa pauvre existence étaient maintenant vouées -> était, vouée(ceci dit : http://www.projet-voltaire.fr/blog/regle-orthographe/singulier-ou-pluriel-apres-plusieurs-determinants cette erreur semble assez admise y compris en grande littérature)
quelque-part > quelque part
un vulgaire château de carte -> cartes
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: La petite mort [-12]
Namyon

Réponses: 3
Vues: 1570

Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: La petite mort [-12]    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyDim 30 Mar 2014 - 23:53
Spoiler:
 


Le temps d'un souffle coupé
Par un soir tardif d'été
Les anges partirent avant
Et leurs visages tachés de blanc

Que se passe-t-il, mon frère? Pourquoi sommes nous tous les deux l'un sur l'autre, pourquoi ai-je si mal, pourquoi tes traits expriment-ils une douleur sans bornes? Et notre oncle, où est-il? Nous l'avons protégé, nous sommes tombés, mais je ne le vois plus maintenant. Est-il encore là, sain et sauf, où s'est-il envolé vers des lieux inconnus? Mon frère, quelle est cette peur dans tes yeux? Pourquoi me sers-tu si fort la main? Tu saignes, mon frère... Le sang coule sur ton menton, tes vêtements sont tachés du même liquide rouge. Qu'est-ce que ce fer qui te traverse? Et moi, pourquoi ai-je tellement mal? On dirait que des milliers d'aiguilles m'ont transpercées, toutes en même temps. Que se passe-t-il, mon frère?


Je crois qu'il est trop tard
Pour t'avouer que j'ai mal
À mon cœur mourant
Et mes souvenirs tachés de blanc

J'ai mal, petit frère. Depuis que je te connais, je ne t'ai jamais dit que j'avais peur, je ne t'ai jamais dit que je souffrais, il fallait que je reste fort pour toi, tu comprends? Tu n'es plus un enfant, je peux te le dire je pense... J'ai mal. Cette épée en mon sein me fait terriblement souffrir. Mais ce qui est pire, c'est de te voir comme ça, assommé de milles flèches, impuissant. C'est horrible de voir que je ne peux pas te réconforter. Je ne peux pas arrêter ta douleur. Non, non, mon frère! Ne pleure pas! Ravale ces larmes, elles me font encore plus mal que le fer qui est en moi. Sois fort, c'est bientôt fini, nous allons partir ensemble. Notre oncle, il va bien. Il est partit avec quelqu'un à qui nous pouvons faire confiance. Ne fait pas un cas de ce sang qui me couvre, je n'en ai que faire. Soit fort, nous sommes ensembles, tu verras, ça s’arrêtera bientôt.


Si l'on me perd, sache que je serai la tienne
Et au creux de ses bras, la mort nous bercera
Car si l'on me perd,
c'est seulement pour rester la tienne
Et au creux de ses bras, la mort nous bercera

D'accord mon frère, je vais rester fort. À condition que toi aussi, tu le sois. Je ne veux pas te voir souffrir, tu comprends? Je t'ai déjà surpris à pleurer, et ça m'a fait tellement mal de voir que mon frère n'était pas le héro indestructible de mes rêves. Mais ce n'est pas grave, quelques larmes, ce n'est rien, n'est-ce pas? Je veux simplement savoir que ce qui nous attend, cet autre monde, tu y seras entré la tête haute. Nous sommes des princes héritiers, nous pouvons rester fort, même dans des moments comme celui-ci, pas vrai? Allez mon frère, c'est toi qui l'as dit, c'est bientôt fini, alors serre les dents. La douleur est forte, je sais. Moi aussi j'ai mal. Je souffre, j'ai envie de hurler, j'ai envie d'arracher ces flèches mais elles mes forces m'abandonnent. Cette épreuve est la dernière, nous nous seront battus jusque au bout comme les guerriers que nous sommes.


La pluie coule sur mes tempes
La foudre chante ta descente
Blottie contre ma vie
Ton rire résonne et puis s'enfuit

Je te vois, petit frère. La pluie me berce, et je revois tout. Quand tu étais petit, tu étais tellement joyeux, tu sais? Nous jouions tout le temps ensemble. Tu riais beaucoup. J'aime beaucoup t'entendre rire, ça veux dire que tu es heureux. Je veux que tu sois heureux, et seulement là, je peux l'être aussi. Je sais que ce n'est pas le moment, mais tu veux bien... tu veux bien me sourire, s'il te plaît? Juste une dernière fois, pour que mon cœur soit moins lourd et que mes larmes deviennent des larmes de joie. Oui, ce sourire là, celui qui est sincère et dans lequel tu souris avec ton visage entier. Merci, mon frère, merci, maintenant je peux partir parce-que la dernière chose que j'aurais vue, c'est ton sourire, celui que j'adore tellement et pour lequel je donnerais ma vie. Je t'aime, petit frère.

Je crois qu'il est trop tard
Pour te dire que ça fait mal
Mon cœur n'est plus comme avant
Car il s'endort tout doucement

Ne pars pas encore, mon frère! Attends moi! Je veux rester avec toi jusqu'au bout, sans toi je ne suis rien, je sais qu'il ne me reste pas beaucoup de temps moi non plus. J'ai peur, je ne veux pas me lancer dans cette dernière aventure tout seul. Je veux être avec toi pour affronter la mort. J'ai mal mon frère. J'ai mal. Aide moi mon frère. Mon frère! Reviens mon frère! Non, ne ferme pas les yeux! Mon frère, ma douleur deviens plus grande, reste avec moi, ne deviens pas froid! Non, mon frère, ta peau n'est pas si pâle! Non, non, non... Mon frère... Attend moi, je viens avec toi, je me sens si léger tout d'un coup, ta voix résonne en moi, je t'entend appeler mon nom. Oui, je viens avec toi, tu sauras m'attendre, j'arrive! Je suis là, avec toi, nous sommes ensemble comme nous l'avons toujours été. J'aurais donné ma vie pour la tienne, tu as encore tenu à venir avec moi. Mais ce n'est pas grave, nous sommes ensemble, et pour toujours. Je viens, prend moi la main et allons-y ensemble, car je t'aime, mon frère.

#signénamyon #amitié-famille #drame-tragédie
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: [TP] Fuir
Namyon

Réponses: 3
Vues: 1058

Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: [TP] Fuir    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyDim 6 Oct 2013 - 18:54
Un petit texte écrit comme ça, à la lueur de mes idées. Ça date d'il y a quelques temps, mais je l'aime bien! Désolée des éventuelles fautes, j'espère que les correctrices s'en sortiront :P

Fuir. S'en aller loin, perdre le contrôle, se laisser tomber et ne plus rien sentir. Fuir, partir. Courir encore et encore, jusqu'à perdre son souffle. Sentir son cœur battre contre sa poitrine, seul signe qui nous retient encore à la vie. Mourir. Flotter, frapper quelque-chose de dur, se casser en mille morceaux, partir.

C'est une nuit sombre. La lune est cachée par les nuages, comme s'ils étaient jaloux de toute la lumière que l'astre blanc produit à lui seul. On ne voit pas à trois pas devant soi. Les rues sont calmes, seuls les pas d'une jeune femme dévastée résonnent sur les pavés. Elle court, une larme roule sur sa joue pour s'échapper dans le vent et finir sa course écrasée contre le sol. Une autre encore, perd la vie sur le bitume, comme quand la brise rencontre l'ouragan. Elle court et elle sait où elle va, elle sait où elle veux en finir. Elle a trop vu, elle en sait trop, la vie a abusé d'elle comme elle a abusé de la vie. Ses cheveux blonds lui tombent sur le visage, emmêlés, et deviennent humides tant elle pleure. Elle se disait que ce n'était pas possible, elle se nourrissait d'espoirs naïfs. Mais elle savait que, tôt ou tard, elle aurait devant ses yeux trop maquillés la vérité, la vérité qui éclate en plein visage et nous fouette corps et âme. Ça fait trop mal, ce n'est pas possible!, se dit-elle, et pourtant... Elle a été trop naïve, elle a trop cru, il a abusé d'elle, de son cœur, déjà couvert de plaies impossibles à refermer. Ça n'a pas semblé l'arrêter.

Enfin, elle arrive à destination. Devant elle, c'est un spectacle magnifique qu'elle a souvent apprécié en sa compagnie. Maintenant, c'est devant ce spectacle qu'elle va finir ses jours. Le pont est en brique ancienne, grise et craquelée, lui donnant un charme ancestral. Devant lui, le fleuve qui passe dans la ville s'étend, comme une limite aux constructions humaine. La lune reflète sa maigre lumière sur l'eau, le reflet brouillé par les petites vagues causée par la brise. La jeune femme met un pied sur la structure du pont, puis l'autre. Elle peine à se tenir en équilibre. Elle veux encore admirer le monde, une dernière fois avant d'en finir. Puis, ses yeux se perdent dans l'infini. Vides de vie, vides de son âme égarée. Elle va se laisser tomber, enfin flotter, partir et rencontrer la douceur des nuages quand elle sent une main s'agripper à son bras. Il est bien gentil, celui qui fait la bonne action d'essayer de l'arrêter, mais il était déjà trop tard. Elle est presque tombée, et elle tient tellement à cette chute qu'elle y met tout son poids. L'homme derrière elle se fait entraîner dans sa chute, hoquetant de surprise, puis hurlant de peur. Elle reconnaît ce cris. Mais qu'est-ce qu'il fait là, celui qui vient de lui faire tant de mal? Pourquoi tombe-t-il avec elle? Elle ne comprend plus, elle est perdue, elle n'a que le temps de revoir ses traits paniqués avant de sentir une énorme claque, des milliards de fois plus douloureuse que ses émotions. Puis, c'est le vide, le noir complet, un noir qui jamais ne deviendra blanc.
Heure de décès : 23h27

Une femme et un homme. Amoureux. Une femme naïve. Un homme trompeur. Une femme brisée. Un homme rongé par les remords. Une femme qui veux en finir. Un homme qui veux la retenir.

Une femme qui meurt, un homme qui meurt. Ensemble ils meurent.

#signénamyon #drame-tragédie

Tag signénamyon sur Encre Nocturne 130101075310365731Quelques fautes d'inattention, pour celles qui se répètent :
"elle sais" "elle en sais" rappel, c'est "sait à la troisième personne du singulier ^^
Et fait attention au temps, dans le dernier paragraphe... j'ai changé, mais c'est Lulla la spécialiste des temps mélangés ^^
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: [TP] Il y avait là un immeuble.
Namyon

Réponses: 6
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Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: [TP] Il y avait là un immeuble.    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyVen 12 Juil 2013 - 18:14
J'explique parce-que c'est un peu confus comme idée. J'ai voulu écrire un texte ''après-rupture'', le premier paragraphe étant d'un point de vue extérieur ce que l'homme voit, et le deuxième ce que la femme voit. En gros, l'homme apprécie son appartement, il est au dessus de tout ça, il s'en fiche un peu. La femme elle, voit l'appartement comme les enfers et elle maudit l'homme. J'espère que vous allez comprendre... Neutral 

Il y avait là un immeuble. Quelques appartements, pas beaucoup mais ils étaient spacieux et ils respiraient l'air frais. La lumière filtrait et pénétrait comme un manteau clair. Les reflets d'un levé de soleil coloraient le canapé crème et les murs blancs. Un tapis de velours trônait au centre de la pièce, il semblait prêt à absorber le premier venu. Sur les murs étaient accrochés des cadres aux peintures modernes, sûrement très coûteuse vu les traits fins et les signatures de noms connus qui ornaient leur coins. Au fond de la pièce, il y avait une cuisinette ''à l'américaine'' avec un petit réfrigérateur, des armoires à n'en plus finir, un fourneau et une petite table pour quatre personne. Dans la pièce d'à côté, un homme était dans sa chambre, couché sur son lit. Les bras croisé derrière la tête, il regardait le plafond, confortablement installé sur ses draps de satins. Il avait connu une femme, une blonde magnifique qui lui avait donné bonheur, plaisir, un peu de vie. Il tourna sa tête vers la fenêtre, et vit qu'il pleuvait dehors. Il était perdu entre tristesse et contentement. Il ne l'aimait plus, il l'avait quitté. Il se sentait vide, il l'avait abandonnée.

Il y avait là un immeuble. En bas, une femme se tenait debout, ses cheveux blonds tombaient en cascade sur son dos et ses épaules. Elle avait une robe ample recouverte par un petit manteau ciré en prévision de la pluie. Devant elle, un immeuble. Elle savait qu'en y pénétrant, elle aurait le choix entre les escaliers et l'ascenseur de style ancien. Elle monterait les escaliers, et elle irait jusqu'au cinquième étage. Et là, elle cognerait à la porte de l'appartement soixante-quinze. Elle entrerait et elle verrait ce salon spacieux. Les murs trop blancs agresseraient ses yeux. Ce tapis posé au sol lui donnerait envie de s'enfuir en courant, il lui semblait comme un trou noir, un piège posé au milieu d'un salon. Elle verrait cette fenêtre, ces rideaux sont crasse et les rayons de soleil qui parviennent à filtrer sont rouges et noir. Dans la cuisine, elle verrait cette table qui voudrait la manger. S'asseoir à une de ces chaises... sacrilège! Elle saurait que dans la pièce d'à côté, un homme regarderait le plafond. Sur ses draps durs, ses mains crochues derrière la tête, il verrait que dehors il pleut... Il pleut... Elle fond. Elle ouvre les lèvres, les gouttes glissent sur son visage, elle est mouillée. Elle fond, il fond.

Ils fondent. Ils sont figés. C'est un ange, elle un démon. C'est un démon, elle un ange.
#signénamyon #réaliste

Tag signénamyon sur Encre Nocturne 130101075310365731coûteuse → coûteuses
leur coins → leur coin
quatre personne → quatre personnes
de satins → de satin
il l'avait quitté → il l'avait quittée
ces rideaux sont crasse → ces rideaux crasseux??
 les rayons de soleil qui parviennent à filtrer sont rouges et noir → parvenaient (…) étaient rouges et noirs (à moins qu'un rayon soit à la fois rouge et noir, donc pas de 's')
ses draps durs → ces draps durs (je mettrais plutôt, mais 'ses' est juste aussi)
il pleut... Il pleut... Elle fond. Elle ouvre les lèvres, les gouttes glissent sur son visage, elle est mouillée. Elle fond, il fond. → pleuvait – fondait – ouvrit – glissaient/glissèrent – était mouillée
Ils fondent. Ils sont figés. C'est un ange, elle un démon. C'est un démon, elle un ange. → ils fondaient – étaient figés – était - était
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: [-12] Pyromanne
Namyon

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Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: [-12] Pyromanne    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyLun 8 Juil 2013 - 17:08
Est-ce que je suis folle? Est-ce que j'ai un problème? Je sais que ce n'est pas normal de faire ce que je fais. Je brûle pour le plaisir, je me réjouis de réduire en cendre tout ce que les gens ont mit toute leur vie à créer. Leur douleur est une joie pour moi, les voir se tordre de douleur en-travers des flammes est une jouissance. Je suis recherchée. Dans la rue, ma tête est affiché sur de vulgaires bouts de papier, si vulnérables à mes flammes... Je suis mise à prix, celui qui bravera ma chaleur et réussira à me ramener vivante recevra une large récompense. Mais il n'est pas encore né celui qui me passera la camisole de force. D'ailleurs, dans mon cas, elle se doit d'être non-inflammable...

Est-ce que j'ai un nom? Est-ce que je suis vraiment une personne? Je suis née, j'ai eu une famille... puis j'ai dérapé. Je m'en souviens comme si c'était hier. Ce feu de cheminée, les flammes qui dansaient devant mes yeux, avec ma famille qui riait dans le salon. Elle a allumé en moi un désir de fumée et de cendre, et j'eût vite fait de déplacer une bûche pour la lancer en plein milieu de la pièce. Des cris d'horreur, des membres à qui j'étais chère qui me regardaient avec les yeux remplis d'incompréhension... Et moi, au milieu des flammes, insensible à la chaleur. Je ne suis pas normale, et ils s'en rendirent compte avant de n'être plus que poussière. C'est moi-même qui ait détruit ma vie, et j'en suis fière.

Je ne me souviens pas de qui je suis. Je ne sais pas ce que je suis. Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Je ne sais pas d'où cette jouissance divine provient. Mais je sais que je ne suis pas un ange venu d'en haut, mais plutôt une affreuse créature qui remonta des abysses du monde.
#signénamyon #réaliste

Tag signénamyon sur Encre Nocturne 130101075310365731En cendre → en cendres
ont mit → ont mis
en-travers → en travers
ma tête est affiché → ma tête est affichée
Elle a allumé en moi → Il a allumé en moi, puisqu'il s'agit du feu de cheminée???
de cendre → de cendres
j'eût vite fait → j'eus vite fait
, des membres à qui j'étais chère qui me regardaient avec les yeux remplis d'incompréhension → .  Des membres à qui j'étais chère me regardaient avec les yeux remplis d'incompréhension
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: Rêves exaucés [TP]
Namyon

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Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: Rêves exaucés [TP]    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyJeu 30 Mai 2013 - 1:38
Le cœur de la jeune femme battait la chamade. Elle se sentait rougir, malgré elle. Devant elle se tenait un garçon du même âge qu'elle, un garçon qu'elle aimait secrètement depuis plusieurs années. Il était pour elle un idéal, ils étaient même devenus amis pour le plus grand bonheur de cette dernière. Pas meilleurs amis, mais au moins ils se voyaient de temps en temps et riaient ensemble sur des choses futiles. Quelle n'avait pas été sa surprise lorsque celui-ci l'avait invitée à passer quelques heures ensemble au parc près de chez elle. Elle était bien trop heureuse, elle pensait rêver... Mais non, elle ne rêvait pas. Et c'est ainsi qu'ils jouèrent et rirent ensemble. Épuisés par leurs jeux enfantins, ils s'étaient assis sur le gazon, sous un arbre et juste à côté du terrain de soccer où elle jouait étant jeune. Ils parlaient, et ils en étaient venus à un sujet qui la gênait un peu trop : l'amour. Le garçon lui avait parlé de la fille qu'il aimait, et dès qu'il avait mentionné qu'il aimait une fille, la jeune fille avait sentit son cœur se briser. Sous la douleur, elle avait demandé sans aucune gêne ''Ah, et c'est qui cette fille?''. Le garçon avait rigolé un peu, et s'était mis à fixer les nuages. Médusée, elle avait baissé la tête, mais elle se retourna vers lui quand il recommença à parler. En entendant la phrase qu'il dit à cet instant, elle crut que son cœur allait exploser. Comme une évidence, sans même une hésitation, il lui avait répondu du tac au tac : ''C'est toi.''. Elle le fixait avec des yeux ronds de surprise. Son rythme cardiaque avait accéléré considérablement. Toujours en le fixant, elle le vit s'approcher d'elle, et elle ferma les yeux. C'était trop beau, trop parfait... Elle sentit les lèvres du jeune homme se poser sur les siennes, et doucement, ils s'embrassèrent, savourant enfin le moment tant espéré d'eux deux. Elle planait, elle était tellement heureuse... Toutes ces années d’espérances étaient réciproques, et enfin elle pouvait sentir son souffle près d'elle. La jeune fille commença à lui caresser les cheveux, pendant que le garçon mettait sa main sur son dos. Sans vraiment le vouloir, ils se retrouvèrent à terre. Alors, ils ouvrirent les yeux, et contemplèrent chacun les traits de l'autre, sans plus aucune crainte de se faire prendre. Elle ferma encore les yeux et... sentit une main secouer son épaule?

- Jade, debout! fit sa mère, penché au dessus d'elle.

Un rêve, ce n'était qu'un rêve... Mais peut-être pas complètement, puisque plus tard dans la journée, un certain jeune homme lui demanda si elle voulait bien aller avec lui au parc....
#signénamyon #romance #réaliste

Ahh, ce que j'aimerai que ça m'arrive...  😕

Correction de RImi (The Great):
 
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: [TP] Le soir de Noël
Namyon

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Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: [TP] Le soir de Noël    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptyDim 28 Avr 2013 - 22:02
Un grincement typique des petites maisons en bois se fit entendre quand la femme posa ses mains sur la fenêtre, ramenant tout son poids sur le petit socle de bois. Elle regardait mélancoliquement à la fenêtre, comme lassée du temps qui passe. Au dehors, de petits flocons tombaient doucement au sol, perfectionnant l'immense tapis blanc qui couvrait le village. Dans le jardin de la femme, l'épaisse couche de neige était lisse, elle n'avait jamais été troublée par la pression des bottes des gens. Même pas la femme, qui ne sortait jamais de sa maison chaude et douillette. Pourtant, ce soir là, elle devrait se résoudre à abandonner sa mélancolie et sa solitude. À l'occasion du 24 décembre, veille de Noël célébrée par tous les gens du village, elle était conviée, elle et les autres habitants, à une messe de minuit suivant d'un réveillon des plus chaleureux. Seulement, la femme ne se sentait pas prête à se fondre dans la masse. Elle remit derrière son oreille une masse de cheveux roux qui se faisait rebelle, insistante. Ses bouclettes retombaient joliment sur son visage, bien qu'elle ne fût pas contenté de leur aspect qui lui donnait un côté sauvage. Très peu pour elle. Sa peau pâle était parsemé de tâche de rousseur qui lui donnait un charme enfantin, ce qui l’écœurait au plus haut point. Ses yeux verts en amande en charmaient plus d'un, sauf elle, évidemment. Elle était très belle, mais elle ne le pensait pas. Elle se trouvait trop stéréotypée. Elle était la rousse typique. Yeux verts, tâches de rousseurs, cheveux bouclés et sauvages... Elle aurait encore préféré être la brunette de base. Mais son apparence la repoussait d'elle-même, c'est pourquoi elle sortait si peu souvent. Le reste de son corps, par contre, la contentait beaucoup mieux, mis à part sa peau très pâle. Des formes généreuses, mais pas trop, un corps fin mais avec de la chair. Le poids parfait, elle l'avait atteins dès la naissance.

Elle fut tirée de ses pensées par un bruit de bois qui grince. ''Encore mon poids qui balance...'' se dit elle. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit sa porte d'entrée s'ouvrir dans un grincement. Surprise, elle se retourna encore vers la fenêtre et constata avec une pointe de déception que la couverture parfaitement lisse de son jardin était maintenant troublée par des traces de pas, ça et là dans le jardin. Quand elle dirigea son regard vers la porte, elle vit un petit garçon avec les joues toutes roses entrer en trombe dans sa maison, suivit d'un homme beaucoup plus âgé qui semblait être son père, lui aussi les joues colorées, mais avec un regard moins fou et agité que son fils. Le petit garçon fit un sourire craquant à la femme, mais celle-ci resta de glace, figée par son aversion pour les enfants. Le petit ange retira son bonnet, et des mèches rousses folles en sortirent, complètement décoiffé. L'homme se pencha et déboutonna le gilet de son fils, puis le lui retira. Le petit garçon arracha alors ses bottes puis se mit à courir dans la maison, comme si il savait parfaitement où il allait. Puis, de la cuisine, sa petite voix aigu cria :

« Joyeux Noël maman! Une sacrée surprise qu'on soit venus te rejoindre au village, hein? »

La femme se figea à l’appellation ''maman'', puis regarda l'homme avec de la colère dans les yeux. Celui-ci la regarda fixement, puis bougea la tête pour enlever tout son habit de neige. Le petit bout de chou revint de la cuisine, une verre de lait beaucoup trop rempli à la main, puis le porta à ses lèvres et but pendant longtemps. Quand il retira le contenu de verre, une moustache blanche s'était formée au dessus de ses lèvres. L'homme rit, ce qui contribua à ébouriffer encore plus ses mèches brunes. Puis, il sortit un kleenex de sa poche et essuya la bouche du petit garçon qui finit son verre de lait, puis se lécha les lèvres avec satisfaction. Il regarda son père, et l'homme se retourna vers la femme avec un air embarrassé, et lui dit :

« Euh... Joyeux Noël Sarah. En fait, si on est venus, c'est pour savoir si... si tu... si tu voulais venir passer l'année à New York avec nous. Tu sais, tu manques beaucoup à Mathéo, et à moi aussi d'ailleurs. Je n'ai pas voulu la tuer ce soir là. C'était un accident comme on en voit tant à la télé. J'aimerai tellement que tu me pardonnes. »

Sarah le regarda avec étonnement, puis se visage se figea dans une mine sans émotion. Elle fixait le plancher, et on aurait dit qu'elle bouillait de l'intérieur. Puis, elle se releva vers l'homme, les yeux déjà rougis par les larmes qui lui montaient aux yeux. Elle s'approcha de lui, et lui cria au visage :

« Ah, tu n'as pas fait exprès? Pourtant, elle est bel et bien morte! Mais tu n'as pas fait exprès? C'est bien, c'est bien! Même que tu t'excuses! Mais est-ce que ça la ramène à la vie? Laisse moi deviner... NON! Salaud, *insulte*... Tu n'es même pas foutu de... de... »

Puis elle s'arrêta de parler, et lui ficha une gifle bien sentie qui rougit encore plus les joues de l'homme, qui porta la main à sa joue. Le petit garçon, lui, avait déposé son vert vide et regardait ses deux parents avec incompréhension. Il savait de quoi ils parlaient, bien sûr. Du haut de ses huit ans, on l'avait mit au courant de beaucoup de choses. Mais entendre sa mère parler à son père avec une telle violence, puis le gifler de toutes ses forces... Avant leur divorce, il avait tenté par mille et un moyens de ramener ses parents ensemble, mais rien n'y faisait. Sa mère s'était noyée dans le chagrin, et elle détestait tout le monde maintenant. Même son mari, même lui, son propre fils, son petit ange, le fruit de ses entrailles. Elle le détestait uniquement parce-que c'était aussi le fils de cet homme. Elle le détestait autant que tous les enfants, que les gens, que le désordre... Elle le détestait autant qu'elle même. Elle avait éclaté en sanglot, et avait porté ses mains à ses yeux. Se laissant tomber sur le canapé, Sarah se roula en boule et pleura de plus belle. Touché, l'homme s'assit à ses côtés, mais n'osa pas établir de contact physiques avec elle. Le petit garçon, quand à lui, s'approcha de la femme, se planta devant elle et lui dit :

« Maman, je sais que tu ne m'aimes pas. Mais moi je t'aime. Je sais que tu n'aimes pas Papa, mais lui il t'aime. Je sais que tu n'aimes plus personne, mais que tout le monde t'aime. Maman, pourquoi est-ce que tu es comme ça? »

Pour toute réponse, elle releva la tête. Son visage tout rouges, ses yeux bouffis par les larmes, tout ce désordre lui était si inhabituel... Puis, à la surprise générale, elle pris son fils dans ses bras et couvrit de baiser son crâne couvert de mèches rousses, ses mèches rousses. Puis, elle regarda l'homme, qui lui la regardait avec émotion. Elle lui dit, avec des trémolos dans la voix :

« Oh, Paul, si tu savais comme je suis désolée... Je me suis laissée emporter par une simple erreur, et j'ai tout laissé derrière moi pour développer une haine de l'humanité... Même moi je me haïssais, bien plus que tout le monde... Mais au fond de moi, vous me manquiez tous les deux. Mon fils, mon mari... Nous ne sommes même pas encore divorcés, tu sais? J'ai toujours porté notre alliance, alors...

- Moi aussi Sarah, je ne l'ai jamais enlevée... dit-il en la regardant avec amour.

-Moi, j'ai toujours gardé ça, ajouta son fils en montrant un collier accroché à son coup. En forme de cœur, le petit pendentif s'ouvrit. Il contenait une photo de lui, bébé, entouré par ses deux parents. De l'autre côté du médaillon, il y avait une photo d'une dame rousse. Ses traits fins et son sourire d'ange lui avaient valu le titre de ''femme fatale'' à travers son quartier. Au dessous de cette photo étaient inscrits ses mots : ''Même là-haut, tu dois faire tomber tous les hommes. Nous t'aimons.''. Quand elle vit la photo de cette femme, Sarah fut encore plus émue. Elle prit dans ses mains le collier de son fils, et posa sur la photo un baiser singulier. Les mains toutes tremblantes, elle dit, s'adressant à qui voudrait bien l'entendre :

« Rebecca... Je suis sûre que c'est toi qui les a fait revenir ici, hein? Toujours aussi organisée, soeurette. Je t'aime, je ne t'ai pas oubliée, ne t'inquiète pas... »

Puis, elle referma délicatement le pendentif. Le rendant à son fils, elle s'approcha de son mari et ils se serrèrent dans une étreinte chaude, douce. Le petit Mathéo éclata d'un rire cristallin, un rire d'enfant, puis se joignit à eux. On entendit des coups résonner à la porte. Mathéo se précipita vers l'entrée, et quelques instants plus tard, toutes la famille de Sarah avait envahi la petite maison. Son frère, un homme grand et fort, cria d'une voix forte pour toutes l'assemblée :

« Joyeux Noël! L'esprit de notre sœur est au paradis depuis maintenant 2 ans, et jamais on ne l'oubliera. Elle est avec nous en cette belle nuit de Noël! »

Puis, derrière lui, sa femme apparu, les bras chargés de cadeaux, pour la joie des petits … et des grands.

#signénamyon
Tag signénamyon sur Encre Nocturne 494894ENPlumefinalSujet: [-15] Descente aux enfers
Namyon

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Rechercher dans: Nouvelles   Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySujet: [-15] Descente aux enfers    Tag signénamyon sur Encre Nocturne EmptySam 27 Avr 2013 - 4:21
NDA : Il est possible que vous ne compreniez pas tout car ce texte à pour base le jeu vidéo ''Left 4 dead''. Juste pour vous remettre dans le contexte, nous sommes face à une infection qui transforme les gens en zombie. Ici, on voit un Hunter et une Witch. Pour plus d'infos sur la fiche technique de ces personnages, allez voir Left 4 dead 2 sur Wikipédia ^^

Je me sentis soudain très faible. Je leur demandais d’arrêter pour m’attendre, ou de ralentir, mais ils ne firent que me traiter de chochotte en partant. Moi, je tenais mon torse, et je tombais à genoux. J’avais l’impression de vomir en recrachant tout ce qu’il y avait à l’intérieur de moi. Au lieu de ça, je crachais un filet de sang, je le devinais au goût, car je ne voyais plus rien. La lumière m’éblouissait, je mis ma capuche pour me couvrir les yeux. Je continuais à cracher du sang. Une petite flaque se formait à mes pieds. J’essayais de crier, mais le sang qui remontait par ma trachée m’empêchait de produire tout son. Finalement, je fus couché à terre, sur le dos, en regardant le ciel. La douleur devenait de plus en plus grande. Mes yeux me brûlaient. Mes oreilles, bouchées, étaient encore plus douloureuses qu’une otite. Ma gorge était serrée, comme si de longues lames pointues s’y étaient enfoncées. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Il y a dix minutes à peine, je me sentais en pleine forme et j’étais en route pour une boite de nuit. Un de mes amis se retourna, et je l’entendis hurler mon nom. Il attira l’attention des autres, et tous revinrent vers moi. Mais je ne les voyais pas. Je ne les entendais pas. Je les sentais, c’est tout. L’un d’entre eux s’agenouilla vers moi. Il tentait de me parler, mais ça voix parvenais à mes oreilles de manière estompée, atténuée … Je ne sentais plus rien. Pas même de la douleur. J’étais épuisé, je ne savais plus rien. Je tentais de parler, mais je ne pus qu’émettre un grognement.

Un d’entre eux tenta de me relever pour m’asseoir sur le banc, près de nous. Il voulait bien faire. Mais mon nouveau moi ne l’entendit pas de cette oreille. Je le poussais de moi. Je me tenais maintenant debout, recourbé. Je respirais difficilement, et je grognais à intervalle régulier. Je regardais mes mains. Ma peau était devenue verte, et de nombreuses pustules avaient poussé sur mes bras. Mes ongles avaient grandi de manière exagérée pendant que je souffrais le martyre, étendu au sol. Par je ne sais trop quel moyen, j’avais perdu mes chaussures. À cause de mon abondante hémorragie, mon sweat-shirt était couvert de sang. Mon pantalon était sale, couvert de la crasse du sol. Mes amis me regardèrent, horrifiée par mon allure repoussante. J’eu comme une pulsion de haine. Je me mis accroupi à terre. Ils eurent un mouvement de recul. Puis, dans un hurlement qui me terrifia moi-même, je sautais sur l’un deux, jadis mon meilleur ami. La chute le fit tomber au sol, et je vis la flaque de sang derrière son crâne. Rien que cela, je l’avais tué. À califourchon sur lui, je me déchaînais. De mes griffes, j’ouvris son ventre, et entaillait ses entrailles. De toute manière, il était déjà mort. Puis, je me relevais. Les autres, horrifiés par ma barbarie et ma nouvelle apparence, avaient décampé comme des lapins, laissant la pauvre victime à son triste sort. Je dévisageai le cadavre qui gisait devant moi. Comment avais-je pu faire quelque-chose d’aussi affreux ? Comment avais-je pu tuer le seul d’entre eux qui était vraiment un ami pour moi ? Que m’arrivait-il ?

Je me souvins du programme radio que j’avais entendu, quelques jours plus tôt. Envie de boire du sang, peau verdâtre, perte de la parole … Les jours suivants, on avait détaillés une série de meurtres. Il y avait des cas de morts dues à des brûlures d’acide, d’autre étaient mort écrasés, d’autre déchiqueté … L’horreur et le dégoût avait envahi les États-Unis, lentement mais sûrement, et une bonne partie de la population s’étaient déplacée au Canada, en Europe pour les plus peureux. On parlait de zombies, d’infectés. Étais-je l’un d’entre eux ? Les signes semblaient si clairs … Je décidais de partir de la ville. Je devais user de la raison qui me restait. J’étais à part : tous les autres n’avaient plus de conscience, et si c’était toujours le cas, ils étaient dépourvus de la parole et étaient tués sans scrupule. Je m’éloignais en sautant avec une souplesse qui m’étonnait. Après tout, il n’y avait peut-être pas que des mauvais côtés à cette transformation. J’avançais, toujours plus loin. J'avançais, guidé par la haine et par la faim. Je chassais pour survivre, je tuait froidement dans me poser de questions sur mes actes. Plusieurs semaines après ma transformation, je me retrouvais devant une ville décimée par l'infection. Je voyais les rues désertes s'étendre devant moi, à l'infini. J'avançais encore, ne craignant plus les infectés dont je faisait maintenant partie. En effet, nous évitions de nous entretuer mais parfois nous nous battions pour des proies. La vie était devenue très difficile. Nous en étions réduits au stade d'animaux. Nos instincts les plus primitifs nous guidaient. Rien d'autre. Alors que je m'apprêtait à mettre le pied dans un immeuble, j'entendis des pleurs. Étrange ... Je cru à une humaine. Alors, je me dirigeai vers la source des pleurs et ...

Je la vis, elle, seule, recroquevillée par terre. Elle pleurait. Ses cheveux sales retombaient sur ses épaules. Je voyais ses vêtements déchirés, presque haillons. Ses pieds étaient noircis par la crasse. Les mains posées sur les yeux, elle se couvrait du monde par ses doigts longs et pointus. J'entendais seulement résonner ses gémissements. Je ressentis un pincement au cœur. Depuis longtemps, je n'avais connu aucune émotion. Je tuais froidement pour survivre. Mais cette femme, créature aussi ravagée que moi, avait réveillé en moi ce que je ne connaissais plus. Il fallait que je fasse quelque chose pour elle. Elle semblait si vulnérable, si faible … Sa peau était squelettique, comme si elle ne se donnait même pas la peine de manger. Je devais l'aider. Mais comment ? Je savais qu'ils arrivaient. Mais j'étais seul, je ne pouvais rien contre ces quatre personnes …

Doucement, pour ne pas lui faire peur, je descendis et m'approchait d'elle. Je n'était plus qu'à quelques mètres. Malgré ma capuche, je la voyais, d'encore plus près. Doucement, tout doucement … Moi-même, je n'entendais pas le bruit de mes pas. Je ne regardai qu'elle. Par inadvertance, mon pied heurta quelque-chose, quelque-chose qui émit un craquement. La femme se figea et arrêta de pleurer. Je la vis se relever lentement vers moi, soudain menaçante. Elle grognait, comme pour me dire que je devais m'écarter. Je ne comprenais pas. Elle qui semblait si fragile il y a quelques instants à peine … Sans peur, je m'approchait encore plus. Je me plantais devant elle, et je l'observait. Sans doute avait-elle remarqué que je ne présentait aucune menace pour elle, car elle se remit à pleurer. Touché, je m'agenouillai, et relevait son menton vers moi. Elle était surprise. Ses yeux rougeoyant me regardaient. Une larme continuait sa course sur sa joue. Je l'essuyait du revers de mes mains. Elle se recourba, et se remit à grogner. Alors, je prit la parole.

- Ne grogne pas. Je ne vais rien te faire.
- …
- Pourquoi pleures-tu ?

Elle sembla me comprendre, enfin, je le sentait. Par contre, elle ne pouvait apparemment pas parler. Je la fixait dans les yeux. Mes yeux noirs, un puits profond de haine, rencontrèrent les siens, deux braises ardentes brillant dans la nuit. Elle posa sa main sur la mienne. D'un seul coup, je fut rempli d'image diverses. Je vit d'abord une humaine. Puis, je la vit à terre, la même humaine. D'un seul coup, elle avait changé. Ensuite, je vit cette humaine comme une boule recroquevillée, souffrante, et chassée d'un coup de pied. Ce coup de pied fut donné par un homme que je devinais être son père, tant les sentiments de la femme devinrent tristes et douloureux à ce moment. Puis, je la vit telle qu'elle était maintenant, éplorée. Je compris alors que la cause de son malheur était tout simplement l'infection. Tout ça avait brisé son destin, tout comme le mien. J’eus pitié d'elle. Elle avait été chassée par sa propre famille. Elle était seule et livrée à elle-même dans ce monde hostile.

- Tout vas bien. Je te protégerai. Je te donnerai l'amour dont tu as besoins. Je serais avec toi, lui dis-je.

Elle me regarda, et un sourire apparu sur ses lèvres. Quelque-chose de rare, peux-être même pour la première fois depuis ''ça''. Elle me sauta au coup, et m'enlaça. Puis, elle se remit à pleurer, mais dans mes bras. Je ne protestait pas. Car maintenant, c'était pour elle que je me battrait. Et je sentait que l'inverse était aussi vrai. En quelques minutes, ma vie avait changé. J’avais retrouvé le bonheur, l'amour parmi toute cette haine. Grâce à elle, j'avais trouvé une raison de continuer. Doucement, je caressais ses cheveux pâles. Je sourit. Mes dents pointues et couvertes de sang ne l'effrayèrent pas. Au contraire. Elle prit ma main, et en un instant, nos deux mains furent enlacées. Ce moment de bonheur, ce doux cocons chaud, ne dura cependant pas longtemps. J'entendis au loin des bruits de pas. Des pas humains. Puis, une voix. Deux voix, trois voix, puis quatre. La femme, effrayée, se remit à pleurer. J'entendis quelqu'un dire ''Merde, une Witch, éteignez...''.

Je les sentis s’approcher, plus que je ne les vit. Mes sens sur-développés me permettaient de percevoir les choses bien avant les autres. Je l’attrapais par la main et l’invitait à me suivre. Je ne voulais pas qu’ils la voient et qu’ils décident de la tuer. Surtout qu’ils l’avaient entendue, et qu’ils savaient qu’elle était là. Mais moi, j’étais invisible, ce qui me donnait un avantage. Cependant, je ne savais pas quoi faire. Ils étaient quatre, j’étais seul. Ils pouvaient me tuer d’un tir bien ajusté. À moins que … L’idée que j’avais eu était aussi dangereuse que tordue, mais malgré tout, je devais l’essayer. C’était notre seule chance de réussir. Et j’avais décelé que sous ses airs fragiles, la Witch était une créature redoutable. Je lui pris la main, et, caressant ses longs doigts, je lui dis :

-Écoute, je sais quoi faire. Ça peut te sembler fou, mais c’est la seule chose que nous pouvons faire pour au moins les faire reculer, fuir …Pour qu’ils nous laissent tranquilles quoi. Tu vas rester là où tu étais, de manière à ce qu’ils te voient. Quand ils auront baissé leur garde pour tenter de te … de t’éloigner, je les attaquerai, et toi aussi. Même si on se prend quelques balles, c’est mieux que de mourir. D’accord ?
Elle sembla hésiter, mais finalement elle accepta, car elle me faisait confiance. Je lui souris, un sourire lugubre, digne du Joker, mais qui sembla lui plaire. Puis, je partis me cacher en hauteur, sur le toit d’un des immeubles au-dessus de nous. Elle, jouant le jeu, se recroquevilla et se mit à pleurer, exactement comme quand je l’avais rencontrée. Les hommes, enfin, les trois hommes et la femme ne tardèrent pas à arriver. L’un d’entre eux, un vieux avec une veste verte et une clope dans la bouche, les stoppa :
-La voilà cette *insulte* … dit-il en braquant son fusil
J’eu envie de lui sauter dessus, de lui arracher les dents et de lui transpercer le ventre, mais je me retins. Je me mis simplement en position d’attaque. La Witch ne souffla pas mot, et l’homme se rapprocha d’elle, de plus en plus. Il s’agenouilla et, un sourire malicieux aux lèvres, rechargea son fusil et visa. Son doigt titillait ostensiblement la gâchette. Il allait tirer. Dans trois, deux, un … Je sautais. Dans un hurlement, je l’atteint et me mit à cheval sur lui. Sur son visage, je lisais la peur, l’horreur, le dégoût. Je souris de toutes mes dents, pour lui montrer le sang humain qui les recouvraient. Le siens les recouvriraient bientôt …Je me penchais, et griffait doucement son ventre, pour le lui ouvrir. Puis, encore plus rapidement, je le frappais et creusais encore plus à l’emplacement de son estomac. Je sentais les balles me traverser le corps, mais peu m’importait. Je voulais sauver ma Witch, et rien ne m’arrêterai.
Elle, d’un seul coup, n’était plus la femme fragile qu’ils avaient voulu tuer. Elle grognait, criai, hurlait. En ouvrant ses bras, et se dirigea très rapidement vers une femme qui tentait de m’asséner un coup de tronçonneuse. Elle lui fonça dessus, et sans qu’elle n’ait pu réagir, enleva l’arme de ses mains et la griffa jusqu’à-ce qu’elle tombe au sol. La femme et l’homme que nous tenions en otage criait de douleur, de peur, appelaient à l’aide. Les deux autres ne tardèrent pas à réagir. Mais trop tard. Le vieillard se tut pour sombrer dans un sommeil éternel. J’entendis quelqu’un crier :
-BILL !
Je souris pour la troisième fois. Toujours avec cette lugubre expression, je me retournais vers un jeune black qui avait baissé sa garde, trop occupé à se morfondre du sort de son pote. Je lui sautais dessus, et commençait à arracher ses entrailles. Il ne restait plus qu’une personne debout. La Witch, ayant tué la femme, courra vers lui et lui réserva le même sort qu’à tous les autres. L’homme que je tenait prisonnier était déjà mort. Moins résistant que l’autre. Je me levais et, fier de mon œuvre, me dirigeait vers l’homme que la Witch martyrisait. Il criait, mais, malgré tout, essaya de m’atteindre d’un minuscule flingue. Il était tellement ridicule … J’avançais, encore et encore. Alors que j’allais lui asséner le coup final, je senti une vive douleur sur mon crâne. Je m’effondrais.
POV extérieur : Le Hunter venait de sombrer. Dans son impertinence, il avait sous estimé l’homme. Celui-ci, avant de mourir, lui avait envoyé une balle dans la tête. La Witch, réalisant le macabre spectacle, s’acharna à déverser toute sa haine sur la dépouille de l’homme, déjà mort. Elle lui arracha la tête, puis, un à un, retira ses doigts. Le laissant là, et se dirigea vers le Hunter, gisant à terre. Elle se jeta à genoux devant lui, et lui prit la main. Là, elle pleura comme elle n’avait jamais pleuré. Elle tomba sur lui, et, croisant les bras, pleura sur son torse pendant de longues minutes. Elle le connaissait depuis très peu de temps, mais il avait tenté de la sauver de la barbarie humaine. Elle l’avait aimé, tout comme lui. Aimé pour une heure. Elle n’avait pas eu le temps d’apprendre son histoire à lui. Ça pouvait sembler très étrange, mais elle s’était attachée à lui dès l’instant où il s’était penché vers elle, comme si elle le connaissait depuis toujours. Relevant la tête, elle chercha quelque-chose des yeux. L’objet de sa convoitise lui apparu, à quelque mètre. La tronçonneuse encore fonctionnelle. Elle avait beau ne plus savoir parler, elle savait encore comment se servir de certaines choses. Les notions de base étaient restées. Elle la prit, et, sans émotion, s’approcha du Hunter. Elle s’agenouilla une nouvelle fois au dessus de lui, et alluma l’arme. Puis, déposant un dernier baiser sur son fond, dirigea l’engin vers son coup. Un hurlement paralysa le temps, puis plus rien. La tête de l’infecté s’envola pour se poser plus loin. Son corps tomba sur celui de son unique amour. Elle avait posé ce geste pour lui. Depuis qu’il l’avait protégée, par amour, elle l’avait aimé, même au-delà de l’amour. Se libérant de ce monde horrifiant, elle partit le rejoindre en enfer où ils purgèrent tout deux la peine de leur barbarie, et ce, éternellement.

#signénamyon
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