Encre Nocturne
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 Le dernier Maraudeur

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Alton
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MessageSujet: Le dernier Maraudeur   Mer 16 Aoû - 20:24:47

Mes salutations les plus clinquantes !

Allez zou à mon tours de me lancer dans la joie de la fanfic, c'est la première fois mais c'est plutôt cool.

Du coup nous somme partie dans l'univers qui m'est le plus chère, j'ai bien sur nommé Harry Potter (Et avec mes persos préférés) !

Bon ouais par contre, on est pas dans les pasage les rigolo de la saga, les tableaux qui dansent la macaréna, les fantôme qui qui tapent le carton et dragé de berticrochue c'est un peu loin. Désolé si j'attriste un peu cette journée ensoleillé ... Timide

Wala bonne lecture !

(PS : Je profite de se texte pour permetre une parenthèse technico-codico-chiante, comme vous allez le voir ce texte va subir une expérimentation inhumaine quand à la mise en mise page, vous pourrez (normalement) choisir la couleur du fond sur lequel vous pouvez lire, n'hésitez pas à grogner ici ou en MP si ça ne marche pas chez vous (et oui je me sers de la patience d'un lectorat déjà suffisamment aimable pour supporter mes conneries pour les exploiter comme beta testeur sans toucher un copec et ans qu'il puissent cotiser pour la retraite, je suis un monstre  Twisted Evil  )

Bref ...

Couleur Fond :





Le dernier Maraudeur


L'air était tiède, le ciel d'un gris sans relief, comme hésitant entre la quiétude coutumière de mai et les pluies d'automne. Une bourrasque de vent battait à intervalle régulier la chemise débraillée du professeur de défense contre les forces du mal. L'après-midi le plus sinistre qui pouvait naître d'un début d'été écossais.
Malgré la relative douceur de la journée, Remus était gelé. Il savait pourtant que ce froid glacial était en lui, le parcourant comme un courant d'air traverserait une vieille battisse en ruine. Aussi, il continuait de tourner dans le jardin envahit par les mauvaises herbes vêtue d'une simple chemise sale, mal boutonnée et bouffée par les mites. Lui qui avait toujours allégrement joué avec la frontière entre un bon goût tout anglais un peu désuet et le laissé-aller de ceux qui ont été dépassés par leur temps, venait de franchir la ligne rouge. Sa barbe de trois jours était devenue un collier broussailleux. Son crâne avait pris des allures de champs de batailles ravagé par les poignées de cheveux qu'il s'arrachait dans ces crises de colère. Ses yeux cernés brillait d'un éclat nouveau, mélange de pâleur fantomatique d'un cadavre et flamme de hargne d'une bête furieuse.
Soudain, il s'arrêta, extirpa son pied d'un nid de ronce et cracha toute son amertume entre ses dents.
- Alvnir !
Il eut un bruissement sonore et la bûche de bois mort lui servant de cible vola en éclat. Le poing nerveusement serré sur sa baguette, il s'approcha du bois encore incandescent d'où s'échappait une étrange vape de fumée pourpre. S'agenouillant pour observer les dégâts de son sortilège, il sera la mâchoire en constatant qu'il n'eut pas l'effet escompté. Oubliant toute retenue, il jura bruyamment.
- Merde !
Il observait, pensif, la vapeur sanguine se disperser et disparaître quand son oeil de zoologiste fut attiré par un léger mouvement dans l'herbe. D'un geste rageur, il leva sa baguette et fit léviter la bestiole. Une araignée se débattait devant lui, prise dans une toile magique. Remus observa un moment l'arachnide. Tout en elle respirait le mal, un mal pernicieux et permanent, le mal absolu. La fourberie, la traîtrise, la cruauté et le vice trouvaient écho dans chaque parcelle chitineuse de l'araignée. Il plongea son regard dans ses huit yeux minuscules et ressentit une vague de dégoût. Quelques gouttes de dégoût s'ajoutant à une mer d'un sentiment plus inédit pour lui, la haine. Il voyait en elle tout ce qu'il détestait et, tout ce qu'il devait éliminer. Pris par la colère il incanta.
- Avada...
Le bon sens parvient de justesse à se faire entendre et l'empêcha de commettre l'impardonnable. Dans un dernier regard de mépris, il se ravisa et cracha.
- Aragna Exime !
Dans une gerbe de lumière, trop poétique pour la situation, le corps crispé et sans vie de l'araignée alla rejoindre les gravats de divers matériaux sur lequel Remus s'acharnait depuis le début de l'après-midi. Avec un long soupir, il enfonça son poing dans sa poche et en sorti sa montre gousset. Il lut sur les treize aiguilles seize heures vingt-trois et cinquante-six secondes. Une vague de désespoir s'abattit, l'accablant comme une chape de plomb. Encore huit heures a supporter cette saleté de journée.
Huit heure avant quoi ? Une autre putain de journée ! Elle sera la même qu’aujourd’hui, longue, fade, sans vie, sans lumière.Tout les jours se suivront ainsi, la même peine et la même colère, comme si un retourneur de temps sadique le tenait dans ces serres.  Il se savait prit dans un piège dont il ne sortirait pas vivant, il n'avait plus qu'a attendre la mort.

Ses sinistres pensées divaguèrent de nouveau, un nouvel éclat de combativité se remit à luire en lui.

- Va au diable !

Il jeta d'un geste ample la montre, qui se balança autour de lui. Elle était comme lui, malmenée, retenu de la chute par une maigre chaînette. Dans le balancier du pendule improvisé, Remus se reconnu. Son esprit était dans un constant état de va et vient entre deux extrêmes, hésitant entre la hargne vengeresse de se remettre debout, continuer une guerre encore plus impitoyable, faire payer à chaque mangemort le prix de chaque larmes, et la facilité de se blottir en position fœtale, d'attendre la faucheuse pour enfin rejoindre les autres.

La voix de Tonks le sortit de ces macabres considération.

- Remus, on a reçu un hiboux d'Arthur, tu viens ?

Il grogna.
- Ouais…
Il pointât sa baguette sur son écharpe qui traînait et l'attira à sa main gauche. Tout en se dirigeant vers le pas de la porte, il la noua autour de son long cou. La laine de la vielle écharpe Gryffondor s'étiolait, mais c'est tout ce qu'il avait tenue a amener dans la vieille demeure de l'oncle de Nymphadora. Cette écharpe qu'il portait quand il acclamait James venant de rapporter les cent-cinquante points gagnants à l'équipe de Gryffondor. Cette écharpe qu'il portait durant les longues heures à la bibliothèque avec Sirius, dissimulant leurs travaux interdits sous un parchemin d'histoire de la magie. Cette écharpe qu'il portait lors des longs banquets dans la grande salle, en face de Peter. À se souvenir, il planta ses ongles dans l'étoffe, prêt à l'arracher, il se ravisa et la serra encore.
Cynique, il marmonna,
- Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups sont fiers de vous présenter leurs dissolution.
Tonks, lui tendant la missive de condoléances l'interrogea.
- Comment ça va ?
La réponse ne se fit pas attendre.
- Comme un pitiponk dans un aquarium ! Quand-est ce que nous retournerons à Londres ?
Immédiatement après les événements du département des mystères, elle avait entraîné le couple loin de l'Angleterre, dans une vieille battisse hérité de son oncle. Elle savait que son mari serait dévasté et tenait à le protéger de tout mauvais souvenir. Elle craignait également que la colère dépasse le professionnalisme de Remus et qu'il se mette à estropier méthodiquement les spécimens de créatures qu'il étudiait. Le voir détruire tout ce qui lui passait sous la main, lui donnait raison.
- Que ferais tu à Londres ? À part de morfondre encore plus ?
La voix de Remus s'enrailla presque sous la colère.
- Je serais avec les autres, on traquerait le reste des Malfoy et Lestrange ! Je ne serais pas là à me terrer comme un rat.

Elle ne tient pas rigueur de cette crise à son mari, comme tout le monde depuis le retour du serpent, elle vivait dans la peur de la mort et celle de ses proches. Comme tout le monde, elle n'était pas prête à voir mourir Patmol. Comme tout le monde, elle savait qu'il était le dernier ami de Remus. Mais elle savait surtout que le calendrier ne jouait pas en leur faveur. La lune était presque à son apogée, période durant laquelle l'agressivité de Remus montait de façon dangereuse. Les récents événements accentuaient les effets de l'astre sur le loup. Elle appréhendait déjà sa phase de dépression coutumière à la lune descendante. Elle sera pire que toutes les autres et Nyphadora avait toujours été meilleure pour s'opposer frontalement à la bête que pour remettre sur pied l'homme dévasté qu'elle laissait derrière elle.

- Calme toi Lunard, personne ne traque les Malfoy à Londres, c'est la pire chose à faire et Dumbledor le sait !
Lunard se mit à hurler.
- Je t'interdis de m'appeler comme ça ! Les maraudeurs ne sont plus !
Elle répondit sur le même ton, il ne fallait pas laisser un pouce de terrain quand le loup s'exprimait à la place de Remus.
- Bien sûr que si ! Tout le monde à Poudlard se souvient de vous et de vos exploits. Tant que tu seras là, les Maraudeurs seront parmi nous !
- Pettigrow est encore là aussi, tu parles d'un représentant ! Il ne suffit pas d'être vivant pour être un maraudeur ! Les meilleurs sont parti, il ne reste que les rats !
- Depuis quand Pettigrow est ton égal ?
- Je ne vaux pas mieux, rappelle moi où j'étais quand Harry était seule face à Lestrange ! J'aurais dû être là pour le protéger, le soutenir. J'aurais dû faire ce qu'il voulait faire quand sa main a tremblé. Ce n'était pas son rôle de lancer un sortilège impardonnable sur cette harpie, c'était le mien ! Elle n'aurait jamais dû sortir du ministère !
La réponse eut une teinte particulière, une teinte qui ne sied qu'aux discussions avec un mélange d'homme et de loup, une teinte de compassion et de violence mêlée.
- Bordel Remus, quand comprendra tu enfin que tu as fait ce tu avais à faire ! Harry n'avait pas besoin de sang en plus mais de soutiens, c'est ce que tu lui as apporté pendant que Dumbledore ce remettait de son duel et que les autres pleuraient Sirius, tu étais le seul pour lui !
Remus savait qu'il n'arriverait probablement jamais à remercier suffisamment sa femme pour tout ce qu'elle faisait pour lui, pour toute la détermination avec laquelle elle se battait avec lui contre lui. Le brusque changement d'humeur eut sur l'effet d'un sortilège de jambe un coton. Il s'assit et refusa le thé proposé par Tonks. Il parcouru du regard la missive de la famille Weasley mais ne déplia pas la papier jauni. Il lu au contraire le gène de sa femme qui chercha un sujet de conversation, lui ne voulait pas parler d'autre chose, il lui coupa l'herbe sous le pied.

- Peux-tu me dire ce qu'on a gagné au ministère ?
Tonks hésita, elle craignait la réponse de son mari et chercha une proposition qui ne ferait pas rechuter son humeur changeante. Une fois de plus il fut plus rapide.
-Rien, absolument rien. Dumbledor a pris une mauvaise décision. Il nous a embarqué dans ce guêpier ! C'est Fol'oeil qui a raison.

Elle tiqua, Remus était le plus mesuré de l'ordre et s'opposait donc de fait aux méthodes expéditives de l'auror, parfois même contre l'avis de sa femme et de son frère de sang, qui, plus sanguins, avait tendance à l'approuver. Au fond d'elle, elle savait que Maugrey n'avait pas la bonne solution et était contente que quelqu'un l'empêche de guider l'ordre. Cette simple acquisition la bouleversa.
- Nous n'avons pas finit de compter nos morts si nous lançons des représailles maintenant, tu le sais comme moi. Surtout depuis que …
Elle hésita, Remus lui avait déjà tourné cette naïve page de sa vie.
- Voldemort est revenu, appel-le Voldemort, Tonks, il faut appeler un animagus un animagus !
Elle se refusa de répéter ce sinistre nom.
- On ne peut pas gagner la guerre ainsi. Si Fol'oeil veut se fracasser sur le manoir des Malfoys il le fera sans Dumbledor et donc sans moi.
- Et sans Rogue ! Dumbledor perd pieds c'est flagrant. Regarde la confiance qu'il porte en ce serpent de Rogue, regarde sa main, je ne sais pas ce qu'il manigance, mais ces expériences vont le tuer, si Sevrus ne nous trahit pas avant !
Une colère sourde se dégageait des poings serrés et des sourcils froncés du lycanthrope, sa femme essaya de le raisonner.
- Ce n'est pas un idiot, il sait ce qu'il fait et Sevrus a déjà prouvé sa loyauté. Si on commence à douter de notre meneur et de l'infiltré nous sommes perdus.
Cette fois sa colère qui n'avait fait que croître depuis de début de la journée éclata au grand jour, il hurla.

- J'en doute ! Et il vont lier Harry à tout ça, ils vont le détruire, comme ils ont détruit Sirius. Puis quand ils auront annihiler nos chances de vaincre, ils nous imposeront le sacrifice ultime. Même Harry là compris, son armée est prête, l'ordre est rassemblé. Tuons le serpent tant qu'il n'est pas encore trop éloigné de l'œuf.
Tonks savait qui sa lune n'était pas aussi défavorable, il n'aurait sans doute jamais prononcé de tels mots, pire, il se flagellera sans doute pour ça quand sa fureur bestiale se sera endormie, jusqu'au mois suivant. La bête était d'une impitoyable force corruptrice, elle poussait un des derniers guides de Harry à vouloir le transformer en chef de guerre et transformait un ancien professeur de défense contre les forces du mal en homme prêt à sacrifier ses anciens élèves dans une guerre aveugle.

Mais elle s'engouffra dans la faille ouverte par son mari. Elle avait compris depuis des mois que si la hargne et la vengeance sont le propre de la bête, l'homme vivait de bonté et de loyauté.
Apaisant sa voix pour coller à son discours elle relança.
- Tu sais pertinemment que Harry est comme toi, il a monté son armée pour emmerder Ombrage et soutenir Dumbledor. Il refusera de sacrifier des innocents. Sirius n'est plus, oui, maintenant ce garçon est coincé entre Dumbledor et Fol'oeil. Ne les laisse pas l'utiliser comme un bout de viande. Il va avoir besoin d'aide, joue ce rôle, tu es le dernier à pouvoir le faire.
Remus baissa les yeux, les mots étaient douloureux, il ne voulait pas remplacer Sirius. Il savait pourtant que Nymphadora avait raison. Tonks eut un petit soupir de soulagement quand sa remarque fit son effet. Le loup venait de perdre une manche, mais ce n'était pas la dernière. Quoique elle fasse, il gagnera de toute façon.
- Tu as raison ,quel égoïste je fais, je pleure la mort d'un ami alors que j'ai sous les yeux un orphelin qui vient de perdre sa dernière famille. Quel …
Tonks se rapprocha de lui pour le couper avant que sa colère ne l'envahisse de nouveau. Il regarda son épouse et reprit avec une détermination renouvelée.
- On retourne à Londres et on va le chercher à Privet Drive chez ces foutus moldus, il n'a pas besoin de ça.
C'était la pire chose à faire et cette impulsivité ne ressemblait pas à Remus, mais elle était sur la bonne pente.
- Merci Remus, lâcha t-elle en comprenant que son mari tentait de museler le loup en lui.
Elle s'approcha encore et voulu lui prendre la main, il grimaça et la repoussa.
Elle grimaça à son tour.
La bête était encore proche, il ne fallait pas grand-chose pour qu'elle revienne au grand galop. À contre-cœur elle proposa.
- Prend ta potion Remus, ce n'est pas une décision que l'on peut prendre avec cette lune. Puis une fois le cycle terminé, nous irons le chercher et il ira chez les Weasley.
- Non, pas aujourd'hui, la lune ne sera mauvaise qu'à la fin de la semaine, je refuse de me détruire pendant des jours avec cette saloperie.
Tonks, sans sourciller joua sur la corde de l 'esprit rationnelle de expert zoologiste de mari, cette même corde qui lui servait régulièrement à entraver les furies sauvages et aveugles du loup.
- Le cas est exceptionnel tu ne crois pas ? Il te terrassera avant même le premier jour de la lune, on va avoir besoin de tout ton esprit le plus longtemps possible.
Il recula d'un pas la mine sombre, renfrognée, il savait que cette potion était pour son bien, mais il était dans ces moments terribles où le monde est si oppressant, qu'il écrase les faux semblants, pour extraire la véritable nature de l'être. Cette malédiction faisait partie du professeur Remus 'Lunard' Lupin, expert en créature des lacs, auror non officiel et défenseur contre les forces du mal, il devait accepter qu'elle parle elle aussi dans ces moments.
Opiniatre, Tonks retourna à la charge, s'approchant encore de Lunard, elle reprit.
- Je t'en pris, prend cette potion, tu fais le jeu de Greyback, c'est ce qu'il voulait, nous détruire lentement, n'accorde pas une nouvelle victoire à tous ces mages noirs.
- Soit, finit t-il par concéder.

Tonks étouffa un soupir de soulagement.

Il se dirigea vers la salle de bain de la vieille maison et ouvrit, la mort dans l'âme une valise démodée. Son regard se perdit sur un miroir ternis par le temps. L'image qu'il lui renvoyait lui planta un nouveau coup de poignard. Sans même y prêter attention, il tira sa baguette et d'un geste sec déposa un voile opaque sur la surface, la réduisant au silence.
Le flacon en verre épais, contenant une mixture grisâtre aux reflets d'un bleu miteux siégeait royalement sur ses quelques affaires. La potion tue-loup n'en était pas moins un poison pour l'homme. Le goût acide de l'aconit n'était que le moindre mal, elle détruisait à petit feu le corps de Lupin et saccageait son esprit à chaque gorgée, le laissant dans une torpeur brumeuse et insipide. Tout semblait plus loin après le traitement, les couleurs étaient sans éclat, le soleil pale, les bruits comme étouffés par du coton, pire, toutes les émotions se diluaient dans un mélange visqueux d'ennuis et d'indifférence. Il devenait aussi loquace et vivant que le bois de sa baguette, silencieux et arraché à toute forme d'existence propre, rappelant juste la force et la majesté de l'arbre qu'il était autrefois.
Pour ne pas devenir un monstre il devait se transformer en fantôme.
Ses doigts décharnés se posèrent sur le verre granuleux. Il défit l'attache métallique enserrant le bouchon et déjà une odeur âpre envahit la pièce. Il se revit en cours de potion à Poudlard, dans la grande salle poussiéreuse ou régnait le chaos du laboratoire de Slughorn. Il revoyait les maraudeurs, il revoyait James tentant de pousser Rogue à l'erreur, erreur qu'il ne faisait jamais. Il se revoyait aidant Peter, dont le contenu du chaudron ne prenait jamais la teinte désirée. Il voyait Sirius ….
Sirius …
L'association d'idée fut fulgurante, impitoyable. Il revoyait un adolescent faisant la coure à une poursuiveuse de l'équipe de Gryffondor, sous le regard moqueur de James, sous le regard amusé de Lily, sous le regard envieux de Peter et sous le sien, perdu entre la joie communicative de cette bande de jeunes mages et la tristesse que tout cela n'était en vérité pas pour lui. Cette pensée le déchira.
Il revoyait les heures sombres de la première guerre, les piliers de l'ordre, les Potter, les Londubas et Sirius, jeune chien fou, seul dans une guerre sordide. Quand James lui demandai à quand un mariage avec une magicienne au sang pur quelconque, il avait simplement répondu, « On a tout notre temps ». S'il savait …
L'enfer de la mort des Potter, l'enlèvement des Londubas, l'incarcération de Sirius, la disparition de Peter.
Dix après, il avait réussi à faire le deuil de tout ça, il ne restait que la bête parmi les maraudeurs. Puis tout recommença : les yeux de Lily, La bonhomie de Frank Londubas, l'évasion de Sirus, les bassesses de Peter et le retour de celui dont-il-ne-fallait-pas-pronnoncer-le-nom. Il murmura : Voldemort.

Et puis la redite de l'histoire, il revit Sirius tomber derrière le voile, celui qui avait survécu aux tourments d'Azcaban tombait là, si simplement. Il ne voyait pas Lestrange, il ne voulait là voir, mais son rire le hantait, harcelait chaque parcelle de son esprit, comme si un Peeves démoniaque le frappait d'une aiguilles à chaque seconde. Il fulmina : Tu paiera.

Il imaginait désormais Belatrix aux côtés du serpent, se vantant, riant, mimant de façon grotesque la mort de Sirius. Il voyait cette harpie se délecter en salissant la mémoire de son frère. Il voyait cette assemblée de mangemorts, Narcisa les yeux gonflés par l'arrestation de son mari, Peter à la botte du serpent, Greyback riant a gorge déployée et Rogue. Rogue et sa mine sombre et son expression de marbre. Rogue et sa voix traînante et son allure de chauve-souris. Ce même Rogue qui avait vraisemblablement fait cette potion de malheur. Il hurla : Non pas cette fois !

Il ferma le flacon, serra son poing sur le verre et fonça d'un pas forcené dans le salon.
Le visage de Tonks, qui profitait d'un instant de répit se déforma sous la surprise de voir Remus survenir si brusquement dans la pièce. Le loup s'était revu animer d'une hargne nouvelle. Son pas était lourd, sa mâchoire douloureusement serrée, ses yeux exorbités.
- Remus que …
Elle fut coupée par un cri bestial.
- Finit !
D'un geste rageur accompagné d'un rugissement, il éclata sur le sol le flacon. Une odeur douceâtre écœurante envahit la pièce quand le verre se brisa dans un tintement sinistre.
Tonks ne put articuler le moindre mot devant la violence de cette réaction. Elle ne pouvait que voir Lunnard faire les cent pas autour d'elle, des pas brusques, saccadés. Ses bras s'agitaient nerveusement, s'agrippant dans ses cheveux et sa barbe. Il se retourna finalement d'un bond et planta son regard furieux dans les yeux de sa femme qui tenta de conserver un calme froid.
- Pas de potion cette nuit, ni demain, on retourne à Londres. Ce cycle je me transformerai, pres du manoir. Ils y passeront tous, sans exception. Je les massacrerai ! Tous !

Le monde de Nyphadora s'écroula. Elle hurla aussi fort qu'elle le put.

- On n'ira nul part, tu te fera massacrer.

- Et alors ? Eux, moi, qu'on en finisse !

Lâcher un loup-garou sur ses ennemis. Une des pire bassesse de Voldemort, Son mari, ou du moins ce qu'il en restait après la mort de Sirius et la lutte contre le loup, se tenait prêt à le faire, elle réagit d'instinct, sans filtre. Son ton se durcit, sa voix, loin de ses hurlements d'inquiétudes se chargea et se posa. Ses cheveux devinrent d'un bleu glace.
- Jamais !
Lupin était au bord du gouffre de la folie, depuis le début de l'après-midi, tout l'appelait à sauter, le deuil, l'ennuie, la bête ...
- Quoi ne me dit pas que tu veux protéger, la protéger. J'oubliais que c'est ta tante !

Il n'y avait aucune mesquinerie dans cette attaque démente, juste une colère sourde qui portait une incompréhension dans son sillage, écrasant le sang-froid et la raison sur son passage.
- Ne parle pas comme eux, ne ramène pas tout au sang !
- Oui je parle comme eux …
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Un éclat rouge illumina la pièce. Dans un hurlement canin, Remus tomba à genoux. Toute sa hargne et son énergie le fuyait en même temps que son cri s'éteignait. Il apparaissait comme un ballon d'où un mince filet d'air s'échappait lentement, se dégonflant petit à petit. Puis il sombra.
Tonks baguette à la main, eut un vertige. Elle détestait faire ça, stupefixer son mari. Elle n'avait eu à le faire qu'une seule fois depuis leur rencontre. Une seule fois, elle avait échoué à raisonner la bête. Pour la deuxième fois, elle dût utiliser la force. Comme des années durant Patmol et Cornedrue affrontaient le loup sous leurs formes animales. Cette pensée la glaça à son tour.
Elle porta son mari sur un vieux lit défoncé et s'assit sur un rocking-chair dans le même état. Elle refusait de quitter le chevet de Remus tant que la lune de sera pas descendante.
Son regard se perdit par la fenêtre un instant. Finalement, le ciel s'était décidé et avait choisi une pluie d'orage, éparse, lourde et tiède.
Une pensée lui traversa alors l'esprit, un souvenir.
Sirius détestait la pluie.
       



#Fantasy #Drame


Dernière édition par Alton le Jeu 14 Sep - 19:01:49, édité 1 fois
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Nain Fougère
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Mer 16 Aoû - 21:10:58

C'est super intéressé et ça m'a rappeler pleins de souvenir :D
Maintenant je vais laisser le fan-boy en moi parler : La personnalité que tu as imaginer de Remus ne colle pas avec qu'il a dans les livres et les films, ça m'a perturbé pendant toute la lecture x) Et pour ce qui est de la pleine lune, normalement ça n'a pas autant (voir pas du tout) d'effet sur la personnalité tant que l'infecté n'est pas loup-garou .w.
Maintenant je m'enfuit tout feuillu que je suis, hahahahahahahaaaaaaaaa

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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Mer 16 Aoû - 21:45:44

Salutations !
Ouais un copain pour aller fracasser les serpentards dans un match de Quiditch musclé !

Oui je plaide coupable pour la déformation du caractère de Lupin (Et des autres aussi), outre le fait que je sois nul en copier coller, je ne peux pas m’empêcher de voir dans le duo Lunnard/Patmol une de bande de mage cowbow que même voldy ne peut dissoudre. Du coup l'image du calme-savant au bord d'une folie vengeresse après la mort de celui à l'esprit plus rock, me parlait pas mal.

Pour cette histoire de Lycantropie, c'est possible, ma lecture commence a remonter un peu je suis peut-être complètement à coté de la plaque, mais il me semble que Hermione repère au moins des signes de changement physique chez Lupin avant ces mystérieuses absence. (Et je t'avoue que j'ai écrit de mémoire sans chercher à voir si tout collait avec l'univers, ça aurait demandé de faire des recherches et donc d'être organisé, et salir mon honneur de bordélique ça jamais ! (Et puis ça aurait compromis mon idée de nouvelle ça aurait été ballot ...))

Merci de ta lecture et ton commentaire !
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Nain Fougère
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Mer 16 Aoû - 23:35:45

C'est un parti-prix alors, ça n'a pas fonctionné avec moi, dommage x)

Pour la Lycantropie, Hermione remarque l'aspect physique de Lupin APRES les pleines lune, quand il à l'air épuisé, faible avec des cernes x) Mais bon, c'est pour les besoin de l'écriture donc je comprend -w-

Au plaisir !

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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Mer 6 Sep - 19:21:09

Par contre Lupin résiste encore à Tonks à ce moment-là des livres. Ils ne se mettent ensemble qu'à la fin du tome 6.
Quelques fautes qui m'ont fait grimacer, mais dans l'ensemble un texte très intéressant. C'est destiné à avoir une suite ou c'est en un seul chapitre ?
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Alton
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Mer 6 Sep - 19:52:36

Salutations et merci bien !

Ewi comme dit plus haut, je me lancé dans l'écriture de ce trucs sans me replonger dans l'historique de la saga (l'histoire c'est pour les universitaires, les hobbits préfèrent le chaos ! ) du coup le contre sens que tu nots est plus que probable.

Sinon non c'est juste un chapitre comme ça, parce-que les perso qui deviennent dingue c'est rigolo Twisted Evil

merci encore (Ah oui et désolé pour les grimaces non Patapé ....)
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феникс
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Dim 22 Oct - 9:14:40

Hop a mon tour de venir commenter un peu :huh:

@Alton a écrit:


Le dernier Maraudeur


L'air était tiède, le ciel d'un gris sans relief, comme hésitant entre la quiétude coutumière de mai et les pluies d'automne. Une bourrasque de vent battait à intervalle régulier la chemise débraillée du professeur de défense contre les forces du mal. L'après-midi le plus sinistre qui pouvait naître d'un début d'été écossais. J'aime bien ce début, ça claque :D
Malgré la relative douceur de la journée, Remus était gelé. Il savait pourtant que ce froid glacial était en lui, le parcourant comme un courant d'air traverserait une vieille battisse en ruine. Aussi, il continuait de tourner dans le jardin envahit par les mauvaises herbes vêtue d'une simple chemise sale, mal boutonnée et bouffée par les mites. Lui qui avait toujours allégrement joué avec la frontière entre un bon goût tout anglais un peu désuet et le laissé-aller de ceux qui ont été dépassés par leur temps, venait de franchir la ligne rouge. Sa barbe de trois jours était devenue un collier broussailleux. Son crâne avait pris des allures de champs de batailles ravagé par les poignées de cheveux qu'il s'arrachait dans ces crises de colère. Ses yeux cernés brillait d'un éclat nouveau, mélange de pâleur fantomatique d'un cadavre et flamme de hargne d'une bête furieuse. Ow j'aime beaucoup comment tu fais tes descriptions... ça coule tout seul cute
Soudain, il s'arrêta, extirpa son pied d'un nid de ronce et cracha toute son amertume entre ses dents.
- Alvnir !
Il eut un bruissement sonore et la bûche de bois mort lui servant de cible vola en éclat. Le poing nerveusement serré sur sa baguette, il s'approcha du bois encore incandescent d'où s'échappait une étrange vape de fumée pourpre. S'agenouillant pour observer les dégâts de son sortilège, il sera la mâchoire en constatant qu'il n'eut pas l'effet escompté. Oubliant toute retenue, il jura bruyamment.
- Merde !
Il observait, pensif, la vapeur sanguine se disperser et disparaître quand son oeil de zoologiste fut attiré par un léger mouvement dans l'herbe. D'un geste rageur, il leva sa baguette et fit léviter la bestiole. Une araignée se débattait devant lui, prise dans une toile magique. Remus observa un moment l'arachnide. Tout en elle respirait le mal, un mal pernicieux et permanent, le mal absolu. La fourberie, la traîtrise, la cruauté et le vice trouvaient écho dans chaque parcelle chitineuse de l'araignée. Il plongea son regard dans ses huit yeux minuscules et ressentit une vague de dégoût. Quelques gouttes de dégoût s'ajoutant à une mer d'un sentiment plus inédit pour lui, la haine. Il voyait en elle tout ce qu'il détestait et, tout ce qu'il devait éliminer. Pris par la colère il incanta.
- Avada...
Le bon sens parvient de justesse à se faire entendre et l'empêcha de commettre l'impardonnable. Dans un dernier regard de mépris, il se ravisa et cracha.
- Aragna Exime !
Dans une gerbe de lumière, trop poétique pour la situation, le corps crispé et sans vie de l'araignée alla rejoindre les gravats de divers matériaux sur lequel Remus s'acharnait depuis le début de l'après-midi. Avec un long soupir, il enfonça son poing dans sa poche et en sorti sa montre gousset. Il lut sur les treize aiguilles seize heures vingt-trois et cinquante-six secondes. Une vague de désespoir s'abattit, l'accablant comme une chape de plomb. Encore huit heures a supporter cette saleté de journée.
Huit heure avant quoi ? Une autre putain de journée ! Elle sera la même qu’aujourd’hui, longue, fade, sans vie, sans lumière.Tout les jours se suivront ainsi, la même peine et la même colère, comme si un retourneur de temps sadique le tenait dans ces serres. Il se savait prit dans un piège dont il ne sortirait pas vivant, il n'avait plus qu'a attendre la mort.

Ses sinistres pensées divaguèrent de nouveau, un nouvel éclat de combativité se remit à luire en lui.

- Va au diable !

Il jeta d'un geste ample la montre, qui se balança autour de lui. Elle était comme lui, malmenée, retenu de la chute par une maigre chaînette. Dans le balancier du pendule improvisé, Remus se reconnu. Son esprit était dans un constant état de va et vient entre deux extrêmes, hésitant entre la hargne vengeresse de se remettre debout, continuer une guerre encore plus impitoyable, faire payer à chaque mangemort le prix de chaque larmes, et la facilité de se blottir en position fœtale, d'attendre la faucheuse pour enfin rejoindre les autres.

La voix de Tonks le sortit de ces macabres considération.

- Remus, on a reçu un hiboux d'Arthur, tu viens ?

Il grogna.
- Ouais…
Il pointât sa baguette sur son écharpe qui traînait et l'attira à sa main gauche. Tout en se dirigeant vers le pas de la porte, il la noua autour de son long cou. La laine de la vielle écharpe Gryffondor s'étiolait, mais c'est tout ce qu'il avait tenue a amener dans la vieille demeure de l'oncle de Nymphadora. Cette écharpe qu'il portait quand il acclamait James venant de rapporter les cent-cinquante points gagnants à l'équipe de Gryffondor. Cette écharpe qu'il portait durant les longues heures à la bibliothèque avec Sirius, dissimulant leurs travaux interdits sous un parchemin d'histoire de la magie. Cette écharpe qu'il portait lors des longs banquets dans la grande salle, en face de Peter. À se souvenir, il planta ses ongles dans l'étoffe, prêt à l'arracher, il se ravisa et la serra encore.
Cynique, il marmonna,
- Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups sont fiers de vous présenter leurs dissolution.
Tonks, lui tendant la missive de condoléances l'interrogea.
- Comment ça va ?
La réponse ne se fit pas attendre.
- Comme un pitiponk dans un aquarium ! Quand-est ce que nous retournerons à Londres ?
Immédiatement après les événements du département des mystères, elle avait entraîné le couple loin de l'Angleterre, dans une vieille battisse hérité de son oncle. Elle savait que son mari serait dévasté et tenait à le protéger de tout mauvais souvenir. Elle craignait également que la colère dépasse le professionnalisme de Remus et qu'il se mette à estropier méthodiquement les spécimens de créatures qu'il étudiait. Le voir détruire tout ce qui lui passait sous la main, lui donnait raison.
- Que ferais tu à Londres ? À part de morfondre encore plus ?
La voix de Remus s'enrailla presque sous la colère.
- Je serais avec les autres, on traquerait le reste des Malfoy et Lestrange ! Je ne serais pas là à me terrer comme un rat.

Elle ne tient pas rigueur de cette crise à son mari, comme tout le monde depuis le retour du serpent, elle vivait dans la peur de la mort et celle de ses proches. Comme tout le monde, elle n'était pas prête à voir mourir Patmol. Comme tout le monde, elle savait qu'il était le dernier ami de Remus. Mais elle savait surtout que le calendrier ne jouait pas en leur faveur. La lune était presque à son apogée, période durant laquelle l'agressivité de Remus montait de façon dangereuse. Les récents événements accentuaient les effets de l'astre sur le loup. Elle appréhendait déjà sa phase de dépression coutumière à la lune descendante. Elle sera pire que toutes les autres et Nyphadora avait toujours été meilleure pour s'opposer frontalement à la bête que pour remettre sur pied l'homme dévasté qu'elle laissait derrière elle.

- Calme toi Lunard, personne ne traque les Malfoy à Londres, c'est la pire chose à faire et Dumbledor le sait !
Lunard se mit à hurler.
- Je t'interdis de m'appeler comme ça ! Les maraudeurs ne sont plus !
Elle répondit sur le même ton, il ne fallait pas laisser un pouce de terrain quand le loup s'exprimait à la place de Remus.
- Bien sûr que si ! Tout le monde à Poudlard se souvient de vous et de vos exploits. Tant que tu seras là, les Maraudeurs seront parmi nous !
- Pettigrow est encore là aussi, tu parles d'un représentant ! Il ne suffit pas d'être vivant pour être un maraudeur ! Les meilleurs sont parti, il ne reste que les rats !
- Depuis quand Pettigrow est ton égal ?
- Je ne vaux pas mieux, rappelle moi où j'étais quand Harry était seule face à Lestrange ! J'aurais dû être là pour le protéger, le soutenir. J'aurais dû faire ce qu'il voulait faire quand sa main a tremblé. Ce n'était pas son rôle de lancer un sortilège impardonnable sur cette harpie, c'était le mien ! Elle n'aurait jamais dû sortir du ministère !
La réponse eut une teinte particulière, une teinte qui ne sied qu'aux discussions avec un mélange d'homme et de loup, une teinte de compassion et de violence mêlée.
- Bordel Remus, quand comprendra tu enfin que tu as fait ce tu avais à faire ! Harry n'avait pas besoin de sang en plus mais de soutiens, c'est ce que tu lui as apporté pendant que Dumbledore ce remettait de son duel et que les autres pleuraient Sirius, tu étais le seul pour lui !
Remus savait qu'il n'arriverait probablement jamais à remercier suffisamment sa femme pour tout ce qu'elle faisait pour lui, pour toute la détermination avec laquelle elle se battait avec lui contre lui. Le brusque changement d'humeur eut sur l'effet d'un sortilège de jambe un coton. Il s'assit et refusa le thé proposé par Tonks. Il parcouru du regard la missive de la famille Weasley mais ne déplia pas la papier jauni. Il lu au contraire le gène de sa femme qui chercha un sujet de conversation, lui ne voulait pas parler d'autre chose, il lui coupa l'herbe sous le pied.

- Peux-tu me dire ce qu'on a gagné au ministère ?
Tonks hésita, elle craignait la réponse de son mari et chercha une proposition qui ne ferait pas rechuter son humeur changeante. Une fois de plus il fut plus rapide.
-Rien, absolument rien. Dumbledor a pris une mauvaise décision. Il nous a embarqué dans ce guêpier ! C'est Fol'oeil qui a raison.

Elle tiqua, Remus était le plus mesuré de l'ordre et s'opposait donc de fait aux méthodes expéditives de l'auror, parfois même contre l'avis de sa femme et de son frère de sang, qui, plus sanguins, avait tendance à l'approuver. Au fond d'elle, elle savait que Maugrey n'avait pas la bonne solution et était contente que quelqu'un l'empêche de guider l'ordre. Cette simple acquisition la bouleversa.
- Nous n'avons pas finit de compter nos morts si nous lançons des représailles maintenant, tu le sais comme moi. Surtout depuis que …
Elle hésita, Remus lui avait déjà tourné cette naïve page de sa vie.
- Voldemort est revenu, appel-le Voldemort, Tonks, il faut appeler un animagus un animagus !
Elle se refusa de répéter ce sinistre nom.
- On ne peut pas gagner la guerre ainsi. Si Fol'oeil veut se fracasser sur le manoir des Malfoys il le fera sans Dumbledor et donc sans moi.
- Et sans Rogue ! Dumbledor perd pieds c'est flagrant. Regarde la confiance qu'il porte en ce serpent de Rogue, regarde sa main, je ne sais pas ce qu'il manigance, mais ces expériences vont le tuer, si Sevrus ne nous trahit pas avant !
Une colère sourde se dégageait des poings serrés et des sourcils froncés du lycanthrope, sa femme essaya de le raisonner.
- Ce n'est pas un idiot, il sait ce qu'il fait et Sevrus a déjà prouvé sa loyauté. Si on commence à douter de notre meneur et de l'infiltré nous sommes perdus.
Cette fois sa colère qui n'avait fait que croître depuis de début de la journée éclata au grand jour, il hurla.

- J'en doute ! Et il vont lier Harry à tout ça, ils vont le détruire, comme ils ont détruit Sirius. Puis quand ils auront annihiler nos chances de vaincre, ils nous imposeront le sacrifice ultime. Même Harry là compris, son armée est prête, l'ordre est rassemblé. Tuons le serpent tant qu'il n'est pas encore trop éloigné de l'œuf.
Tonks savait qui sa lune n'était pas aussi défavorable, il n'aurait sans doute jamais prononcé de tels mots, pire, il se flagellera sans doute pour ça quand sa fureur bestiale se sera endormie, jusqu'au mois suivant. La bête était d'une impitoyable force corruptrice, elle poussait un des derniers guides de Harry à vouloir le transformer en chef de guerre et transformait un ancien professeur de défense contre les forces du mal en homme prêt à sacrifier ses anciens élèves dans une guerre aveugle.

Mais elle s'engouffra dans la faille ouverte par son mari. Elle avait compris depuis des mois que si la hargne et la vengeance sont le propre de la bête, l'homme vivait de bonté et de loyauté.
Apaisant sa voix pour coller à son discours elle relança.
- Tu sais pertinemment que Harry est comme toi, il a monté son armée pour emmerder Ombrage et soutenir Dumbledor. Il refusera de sacrifier des innocents. Sirius n'est plus, oui, maintenant ce garçon est coincé entre Dumbledor et Fol'oeil. Ne les laisse pas l'utiliser comme un bout de viande. Il va avoir besoin d'aide, joue ce rôle, tu es le dernier à pouvoir le faire.
Remus baissa les yeux, les mots étaient douloureux, il ne voulait pas remplacer Sirius. Il savait pourtant que Nymphadora avait raison. Tonks eut un petit soupir de soulagement quand sa remarque fit son effet. Le loup venait de perdre une manche, mais ce n'était pas la dernière. Quoique elle fasse, il gagnera de toute façon.
- Tu as raison ,quel égoïste je fais, je pleure la mort d'un ami alors que j'ai sous les yeux un orphelin qui vient de perdre sa dernière famille. Quel …
Tonks se rapprocha de lui pour le couper avant que sa colère ne l'envahisse de nouveau. Il regarda son épouse et reprit avec une détermination renouvelée.
- On retourne à Londres et on va le chercher à Privet Drive chez ces foutus moldus, il n'a pas besoin de ça.
C'était la pire chose à faire et cette impulsivité ne ressemblait pas à Remus, mais elle était sur la bonne pente.
- Merci Remus, lâcha t-elle en comprenant que son mari tentait de museler le loup en lui.
Elle s'approcha encore et voulu lui prendre la main, il grimaça et la repoussa.
Elle grimaça à son tour.
La bête était encore proche, il ne fallait pas grand-chose pour qu'elle revienne au grand galop. À contre-cœur elle proposa.
- Prend ta potion Remus, ce n'est pas une décision que l'on peut prendre avec cette lune. Puis une fois le cycle terminé, nous irons le chercher et il ira chez les Weasley.
- Non, pas aujourd'hui, la lune ne sera mauvaise qu'à la fin de la semaine, je refuse de me détruire pendant des jours avec cette saloperie.
Tonks, sans sourciller joua sur la corde de l 'esprit rationnelle de expert zoologiste de mari, cette même corde qui lui servait régulièrement à entraver les furies sauvages et aveugles du loup.
- Le cas est exceptionnel tu ne crois pas ? Il te terrassera avant même le premier jour de la lune, on va avoir besoin de tout ton esprit le plus longtemps possible.
Il recula d'un pas la mine sombre, renfrognée, il savait que cette potion était pour son bien, mais il était dans ces moments terribles où le monde est si oppressant, qu'il écrase les faux semblants, pour extraire la véritable nature de l'être. Cette malédiction faisait partie du professeur Remus 'Lunard' Lupin, expert en créature des lacs, auror non officiel et défenseur contre les forces du mal, il devait accepter qu'elle parle elle aussi dans ces moments.
Opiniatre, Tonks retourna à la charge, s'approchant encore de Lunard, elle reprit.
- Je t'en pris, prend cette potion, tu fais le jeu de Greyback, c'est ce qu'il voulait, nous détruire lentement, n'accorde pas une nouvelle victoire à tous ces mages noirs.
- Soit, finit t-il par concéder.

Tonks étouffa un soupir de soulagement.

Il se dirigea vers la salle de bain de la vieille maison et ouvrit, la mort dans l'âme une valise démodée. Son regard se perdit sur un miroir ternis par le temps. L'image qu'il lui renvoyait lui planta un nouveau coup de poignard. Sans même y prêter attention, il tira sa baguette et d'un geste sec déposa un voile opaque sur la surface, la réduisant au silence.
Le flacon en verre épais, contenant une mixture grisâtre aux reflets d'un bleu miteux siégeait royalement sur ses quelques affaires. La potion tue-loup n'en était pas moins un poison pour l'homme. Le goût acide de l'aconit n'était que le moindre mal, elle détruisait à petit feu le corps de Lupin et saccageait son esprit à chaque gorgée, le laissant dans une torpeur brumeuse et insipide. Tout semblait plus loin après le traitement, les couleurs étaient sans éclat, le soleil pale, les bruits comme étouffés par du coton, pire, toutes les émotions se diluaient dans un mélange visqueux d'ennuis et d'indifférence. Il devenait aussi loquace et vivant que le bois de sa baguette, silencieux et arraché à toute forme d'existence propre, rappelant juste la force et la majesté de l'arbre qu'il était autrefois.
Pour ne pas devenir un monstre il devait se transformer en fantôme.
Ses doigts décharnés se posèrent sur le verre granuleux. Il défit l'attache métallique enserrant le bouchon et déjà une odeur âpre envahit la pièce. Il se revit en cours de potion à Poudlard, dans la grande salle poussiéreuse ou régnait le chaos du laboratoire de Slughorn. Il revoyait les maraudeurs, il revoyait James tentant de pousser Rogue à l'erreur, erreur qu'il ne faisait jamais. Il se revoyait aidant Peter, dont le contenu du chaudron ne prenait jamais la teinte désirée. Il voyait Sirius ….
Sirius …
L'association d'idée fut fulgurante, impitoyable. Il revoyait un adolescent faisant la coure à une poursuiveuse de l'équipe de Gryffondor, sous le regard moqueur de James, sous le regard amusé de Lily, sous le regard envieux de Peter et sous le sien, perdu entre la joie communicative de cette bande de jeunes mages et la tristesse que tout cela n'était en vérité pas pour lui. Cette pensée le déchira.
Il revoyait les heures sombres de la première guerre, les piliers de l'ordre, les Potter, les Londubas et Sirius, jeune chien fou, seul dans une guerre sordide. Quand James lui demandai à quand un mariage avec une magicienne au sang pur quelconque, il avait simplement répondu, « On a tout notre temps ». S'il savait …
L'enfer de la mort des Potter, l'enlèvement des Londubas, l'incarcération de Sirius, la disparition de Peter.
Dix après, il avait réussi à faire le deuil de tout ça, il ne restait que la bête parmi les maraudeurs. Puis tout recommença : les yeux de Lily, La bonhomie de Frank Londubas, l'évasion de Sirus, les bassesses de Peter et le retour de celui dont-il-ne-fallait-pas-pronnoncer-le-nom. Il murmura : Voldemort.

Et puis la redite de l'histoire, il revit Sirius tomber derrière le voile, celui qui avait survécu aux tourments d'Azcaban tombait là, si simplement. Il ne voyait pas Lestrange, il ne voulait là voir, mais son rire le hantait, harcelait chaque parcelle de son esprit, comme si un Peeves démoniaque le frappait d'une aiguilles à chaque seconde. Il fulmina : Tu paiera.

Il imaginait désormais Belatrix aux côtés du serpent, se vantant, riant, mimant de façon grotesque la mort de Sirius. Il voyait cette harpie se délecter en salissant la mémoire de son frère. Il voyait cette assemblée de mangemorts, Narcisa les yeux gonflés par l'arrestation de son mari, Peter à la botte du serpent, Greyback riant a gorge déployée et Rogue. Rogue et sa mine sombre et son expression de marbre. Rogue et sa voix traînante et son allure de chauve-souris. Ce même Rogue qui avait vraisemblablement fait cette potion de malheur. Il hurla : Non pas cette fois !

Il ferma le flacon, serra son poing sur le verre et fonça d'un pas forcené dans le salon.
Le visage de Tonks, qui profitait d'un instant de répit se déforma sous la surprise de voir Remus survenir si brusquement dans la pièce. Le loup s'était revu animer d'une hargne nouvelle. Son pas était lourd, sa mâchoire douloureusement serrée, ses yeux exorbités.
- Remus que …
Elle fut coupée par un cri bestial.
- Finit !
D'un geste rageur accompagné d'un rugissement, il éclata sur le sol le flacon. Une odeur douceâtre écœurante envahit la pièce quand le verre se brisa dans un tintement sinistre.
Tonks ne put articuler le moindre mot devant la violence de cette réaction. Elle ne pouvait que voir Lunnard faire les cent pas autour d'elle, des pas brusques, saccadés. Ses bras s'agitaient nerveusement, s'agrippant dans ses cheveux et sa barbe. Il se retourna finalement d'un bond et planta son regard furieux dans les yeux de sa femme qui tenta de conserver un calme froid.
- Pas de potion cette nuit, ni demain, on retourne à Londres. Ce cycle je me transformerai, pres du manoir. Ils y passeront tous, sans exception. Je les massacrerai ! Tous !

Le monde de Nyphadora s'écroula. Elle hurla aussi fort qu'elle le put.

- On n'ira nul part, tu te fera massacrer.

- Et alors ? Eux, moi, qu'on en finisse !

Lâcher un loup-garou sur ses ennemis. Une des pire bassesse de Voldemort, Son mari, ou du moins ce qu'il en restait après la mort de Sirius et la lutte contre le loup, se tenait prêt à le faire, elle réagit d'instinct, sans filtre. Son ton se durcit, sa voix, loin de ses hurlements d'inquiétudes se chargea et se posa. Ses cheveux devinrent d'un bleu glace.
- Jamais !
Lupin était au bord du gouffre de la folie, depuis le début de l'après-midi, tout l'appelait à sauter, le deuil, l'ennuie, la bête ...
- Quoi ne me dit pas que tu veux protéger, la protéger. J'oubliais que c'est ta tante !

Il n'y avait aucune mesquinerie dans cette attaque démente, juste une colère sourde qui portait une incompréhension dans son sillage, écrasant le sang-froid et la raison sur son passage.
- Ne parle pas comme eux, ne ramène pas tout au sang !
- Oui je parle comme eux …
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Un éclat rouge illumina la pièce. Dans un hurlement canin, Remus tomba à genoux. Toute sa hargne et son énergie le fuyait en même temps que son cri s'éteignait. Il apparaissait comme un ballon d'où un mince filet d'air s'échappait lentement, se dégonflant petit à petit. Puis il sombra.
Tonks baguette à la main, eut un vertige. Elle détestait faire ça, stupefixer son mari. Elle n'avait eu à le faire qu'une seule fois depuis leur rencontre. Une seule fois, elle avait échoué à raisonner la bête. Pour la deuxième fois, elle dût utiliser la force. Comme des années durant Patmol et Cornedrue affrontaient le loup sous leurs formes animales. Cette pensée la glaça à son tour.
Elle porta son mari sur un vieux lit défoncé et s'assit sur un rocking-chair dans le même état. Elle refusait de quitter le chevet de Remus tant que la lune de sera pas descendante.
Son regard se perdit par la fenêtre un instant. Finalement, le ciel s'était décidé et avait choisi une pluie d'orage, éparse, lourde et tiède.
Une pensée lui traversa alors l'esprit, un souvenir.
Sirius détestait la pluie.

Et bien, j'ai lu ça d'une traite. On se plonge rapidement dans ton one-shot. C'est très interessant la façon dont tu dépeint Lupin (ahaha je fais des rimes *Phoenix sort*) J'ai vraiment aimé. On arrive bien à senir les différents moments et uand la colère monte et que le loupr parle a sa place.
Le parie pris est cool et ça change un peu du type de choses qu'on peut lire dans les fanfic HP.

Bravo camarade ! :la:

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Alton
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Dim 22 Oct - 9:31:35

Merci beaucoup Pho, content que cette divagation HP'esque t'ai plut !
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Dim 22 Oct - 12:47:59

J'étais pourtant sûr d'avoir commenté :défi:
Du coup moi le côté un peu moins fidèle de Lupin ne m'a pas dérangé. Mis à part JK.Rowling personne ne peut reproduire sa personnalité parfaitement. J'ai beaucoup aimé, mais bon c'est du HP donc niveau objectivité on a vu mieux AHDE

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Hart, le cerf à chaussettes. Pour vous servir

Signe distinctif de chasseur de fautes: µ
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"Dis moi : je t'aime ! Hélas ! Rassure un cœur qui doute,
Dis-le moi ! Car souvent avec ce peu de mots
La bouche d'une femme a guéri bien des maux." VICTOR HUGO

Eh, venez voir ce que j'écris :p
http://www.encre-nocturne.com/t1576p30-pages-jaunes-nocturniennes#60288
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Dim 22 Oct - 18:32:44

Hello Alton !

Quel beau texte ! Il est fort, poignant et j'aime beaucoup comment tu as imaginé l'état dans lequel se trouvait Remus après le désastre au Ministère de la Magie. Bravo !

J'ai repéré quelques petites fautes/tournures de phrases que j'ai trouvé bizarres dans ton texte, mais cela ne l'entache pas :)

@Alton a écrit:
Mes salutations les plus clinquantes !

Allez zou à mon tours de me lancer dans la joie de la fanfic, c'est la première fois mais c'est plutôt cool.

Du coup nous somme partie dans l'univers qui m'est le plus chère, j'ai bien sur nommé Harry Potter (Et avec mes persos préférés) !

Bon ouais par contre, on est pas dans les pasage les rigolo de la saga, les tableaux qui dansent la macaréna, les fantôme qui qui tapent le carton et dragé de berticrochue c'est un peu loin. Désolé si j'attriste un peu cette journée ensoleillé ... Timide

Wala bonne lecture !

(PS : Je profite de se texte pour permetre une parenthèse technico-codico-chiante, comme vous allez le voir ce texte va subir une expérimentation inhumaine quand à la mise en mise page, vous pourrez (normalement) choisir la couleur du fond sur lequel vous pouvez lire, n'hésitez pas à grogner ici ou en MP si ça ne marche pas chez vous (et oui je me sers de la patience d'un lectorat déjà suffisamment aimable pour supporter mes conneries pour les exploiter comme beta testeur sans toucher un copec et ans qu'il puissent cotiser pour la retraite, je suis un monstre  Twisted Evil  )

Bref ...

Couleur Fond :





Le dernier Maraudeur


L'air était tiède, le ciel d'un gris sans relief, comme hésitant entre la quiétude coutumière de mai et les pluies d'automne. Une bourrasque de vent battait à intervalles réguliers la chemise débraillée du professeur de défense contre les forces du mal. L'après-midi le plus sinistre qui pouvait naître d'un début d'été écossais.
Malgré la relative douceur de la journée, Remus était gelé. Il savait pourtant que ce froid glacial était en lui, le parcourant comme un courant d'air traverserait une vieille battisse en ruine. Aussi, il continuait de tourner dans le jardin envahit par les mauvaises herbes, vêtue (c'est du masculin ici) d'une simple chemise sale, mal boutonnée et bouffée par les mites. Lui qui avait toujours allégrement joué avec la frontière entre un bon goût tout anglais un peu désuet et le laissé-aller de ceux qui ont été dépassés par leur temps, venait de franchir la ligne rouge. Sa barbe de trois jours était devenue un collier broussailleux. Son crâne avait pris des allures de champs de batailles ravagé par les poignées de cheveux qu'il s'arrachait dans ces crises de colère. Ses yeux cernés brillaient d'un éclat nouveau, mélange de pâleur fantomatique d'un cadavre et flamme de hargne d'une bête furieuse.
Soudain, il s'arrêta, extirpa son pied d'un nid de ronce et cracha toute son amertume entre ses dents.
- Alvnir !
Il eut un bruissement sonore et la bûche de bois mort lui servant de cible vola en éclat. Le poing nerveusement serré sur sa baguette, il s'approcha du bois encore incandescent d'où s'échappait une étrange vape (c'est pas vapeur plutôt ?) de fumée pourpre. S'agenouillant pour observer les dégâts de son sortilège, il serra la mâchoire en constatant qu'il n'eut (le temps ne me semble pas bon, j'aurais plutôt écris ici "n'avait pas") eu pas l'effet escompté. Oubliant toute retenue, il jura bruyamment.
- Merde !
Il observait, pensif, la vapeur sanguine se disperser et disparaître quand son oeil de zoologiste fut attiré par un léger mouvement dans l'herbe. D'un geste rageur, il leva sa baguette et fit léviter la bestiole. Une araignée se débattait devant lui, prise dans une toile magique. Remus observa un moment l'arachnide. Tout en elle respirait le mal, un mal pernicieux et permanent, le mal absolu. La fourberie, la traîtrise, la cruauté et le vice trouvaient écho dans chaque parcelle chitineuse de l'araignée. Il plongea son regard dans ses huit yeux minuscules et ressentit une vague de dégoût. Quelques gouttes de dégoût s'ajoutant à une mer d'un sentiment plus inédit pour lui, la haine. Il voyait en elle tout ce qu'il détestait et, tout ce qu'il devait éliminer. Pris par la colère il incanta.
- Avada...
Le bon sens parvient de justesse à se faire entendre et l'empêcha de commettre l'impardonnable. Dans un dernier regard de mépris, il se ravisa et cracha.
- Aragna Exime !
Dans une gerbe de lumière, trop poétique pour la situation, le corps crispé et sans vie de l'araignée alla rejoindre les gravats de divers matériaux sur lequel Remus s'acharnait depuis le début de l'après-midi. Avec un long soupir, il enfonça son poing dans sa poche et en sorti sa montre gousset. Il lut sur les treize aiguilles seize heures vingt-trois et cinquante-six secondes. Une vague de désespoir s'abattit, l'accablant comme une chape de plomb. Encore huit heures a supporter cette saleté de journée.
Huit heure avant quoi ? Une autre putain de journée ! Elle sera la même qu’aujourd’hui, longue, fade, sans vie, sans lumière.Tout les jours se suivront ainsi, la même peine et la même colère, comme si un retourneur de temps sadique le tenait dans ces serres.  Il se savait prit dans un piège dont il ne sortirait pas vivant, il n'avait plus qu'a attendre la mort.

Ses sinistres pensées divaguèrent de nouveau, un nouvel éclat (éclat est bizarrement utilisé, j'aurais plutôt mis "élan") de combativité se remit à luire en lui.

- Va au diable !

Il jeta d'un geste ample la montre, qui se balança autour de lui. Elle était comme lui, malmenée, retenu de la chute par une maigre chaînette. Dans le balancier du pendule improvisé, Remus se reconnu. Son esprit était dans un constant état de va et vient entre deux extrêmes, hésitant entre la hargne vengeresse de se remettre debout, continuer une guerre encore plus impitoyable, faire payer à chaque mangemort le prix de chaque larmes, et la facilité de se blottir en position fœtale, d'attendre la faucheuse pour enfin rejoindre les autres.

La voix de Tonks le sortit de ces macabres considérations.

- Remus, on a reçu un hiboux d'Arthur, tu viens ?

Il grogna.
- Ouais…
Il pointât sa baguette sur son écharpe qui traînait et l'attira à sa main gauche. Tout en se dirigeant vers le pas de la porte, il la noua autour de son long cou. La laine de la vieille écharpe Gryffondor s'étiolait, mais c'est tout ce qu'il avait tenue à amener dans la vieille demeure de l'oncle de Nymphadora. Cette écharpe qu'il portait quand il acclamait James venant de rapporter les cent-cinquante points gagnants à l'équipe de Gryffondor. Cette écharpe qu'il portait durant les longues heures à la bibliothèque avec Sirius, dissimulant leurs travaux interdits sous un parchemin d'histoire de la magie. Cette écharpe qu'il portait lors des longs banquets dans la grande salle, en face de Peter. À ses souvenirs, il planta ses ongles dans l'étoffe, prêt à l'arracher, il se ravisa et la serra encore.
Cynique, il marmonna,
- Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, spécialistes en assistance aux Maniganceurs de Mauvais Coups sont fiers de vous présenter leurs dissolution.
Tonks, lui tendant la missive de condoléances l'interrogea.
- Comment ça va ?
La réponse ne se fit pas attendre.
- Comme un pitiponk dans un aquarium ! Quand-est ce que nous retournerons à Londres ?
Immédiatement après les événements du département des mystères, elle (qui est elle ? Tonks ?) avait entraîné le couple loin de l'Angleterre, dans une vieille battisse héritée de son oncle. Elle savait que son mari serait dévasté et tenait à le protéger de tout mauvais souvenir. Elle craignait également que la colère dépasse le professionnalisme de Remus et qu'il se mette à estropier méthodiquement les spécimens de créatures qu'il étudiait. Le voir détruire tout ce qui lui passait sous la main, lui donnait raison.
- Que ferais tu à Londres ? À part de morfondre encore plus ?
La voix de Remus s'enrailla presque sous la colère.
- Je serais avec les autres, on traquerait le reste des Malfoy et Lestrange ! Je ne serais pas là à me terrer comme un rat.

Elle ne tient pas rigueur de cette crise à son mari, comme tout le monde depuis le retour du serpent, elle vivait dans la peur de la mort et celle de ses proches. Comme tout le monde, elle n'était pas prête à voir mourir Patmol. Comme tout le monde, elle savait qu'il était le dernier ami de Remus. Mais elle savait surtout que le calendrier ne jouait pas en leur faveur. La lune était presque à son apogée, période durant laquelle l'agressivité de Remus montait de façon dangereuse. Les récents événements accentuaient les effets de l'astre sur le loup. Elle appréhendait déjà sa phase de dépression coutumière à la lune descendante. Elle sera (mauvais temps ici, tu racontes l'histoire au passé) pire que toutes les autres et Nyphadora avait toujours été meilleure pour s'opposer frontalement à la bête que pour remettre sur pied l'homme dévasté qu'elle laissait derrière elle.

- Calme toi Lunard, personne ne traque les Malfoy à Londres, c'est la pire chose à faire et Dumbledor le sait !
Lunard se mit à hurler.
- Je t'interdis de m'appeler comme ça ! Les maraudeurs ne sont plus !
Elle répondit sur le même ton, il ne fallait pas laisser un pouce de terrain quand le loup s'exprimait à la place de Remus.
- Bien sûr que si ! Tout le monde à Poudlard se souvient de vous et de vos exploits. Tant que tu seras là, les Maraudeurs seront parmi nous !
- Pettigrow est encore là aussi, tu parles d'un représentant ! Il ne suffit pas d'être vivant pour être un maraudeur ! Les meilleurs sont partis, il ne reste que les rats !
- Depuis quand Pettigrow est ton égal ?
- Je ne vaux pas mieux, rappelle moi où j'étais quand Harry était seule face à Lestrange ! J'aurais dû être là pour le protéger, le soutenir. J'aurais dû faire ce qu'il voulait faire quand sa main a tremblé. Ce n'était pas son rôle de lancer un sortilège impardonnable sur cette harpie, c'était le mien ! Elle n'aurait jamais dû sortir du ministère !
La réponse eut une teinte particulière, une teinte qui ne sied qu'aux discussions avec un mélange d'homme et de loup, une teinte de compassion et de violence mêlée.
- Bordel Remus, quand comprendras tu enfin que tu as fait ce tu avais à faire ! Harry n'avait pas besoin de sang en plus mais de soutiens, c'est ce que tu lui as apporté pendant que Dumbledore cse remettait de son duel et que les autres pleuraient Sirius, tu étais le seul pour lui !
Remus savait qu'il n'arriverait probablement jamais à remercier suffisamment sa femme pour tout ce qu'elle faisait pour lui, pour toute la détermination avec laquelle elle se battait avec lui contre lui (j'aurais plutôt mis ici "le loup en lui" ou quelque chose du genre). Le brusque changement d'humeur eut sur l'effet d'un sortilège de jambes uen coton. Il s'assit et refusa le thé proposé par Tonks. Il parcouru du regard la missive de la famille Weasley mais ne déplia pas la papier jauni (cette phrase est un peu bizarre... comment peut-on parcourir une missive sans l'ouvrir ? Tu voulais peut-être dire "fixa la missive sans la déplier" ?). Il lu (ce n'est pas "vit" plutôt ?) au contraire le gène la gêne de sa femme qui chercha un sujet de conversation, lui ne voulait pas parler d'autre chose, il lui coupa l'herbe sous le pied (penses à mieux découper tes phrases, cela sera plus léger à lire. Ex : Il remarqua alors la gêne de sa femme, qui cherchait un sujet de conversation plus léger. Ne voulant pas parler d'autre chose, Remuse lui coupa l'herbe sous le pied.).

- Peux-tu me dire ce qu'on a gagné au ministère ?
Tonks hésita, elle craignait la réponse de son mari et chercha une proposition qui ne ferait pas rechuter son humeur changeante. Une fois de plus il fut plus rapide.
-Rien, absolument rien. Dumbledore a pris une mauvaise décision. Il nous a embarqué dans ce guêpier ! C'est Fol'oeil qui a (avait ?) raison.

Elle tiqua, Remus était le plus mesuré de l'ordre et s'opposait donc de fait aux méthodes expéditives de l'auror, parfois même contre l'avis de sa femme et de son frère de sang, qui, plus sanguins, avait tendance à l'approuver. Au fond d'elle, elle savait que Maugrey n'avait pas la bonne solution et était contente que quelqu'un l'empêche de guider l'ordre. Cette simple acquisition (constatation plutôt ?) la bouleversa.
- Nous n'avons pas finit de compter nos morts. Si nous lançons des représailles maintenant, tu le sais comme moi que cela va mal tourner. Surtout depuis que …
Elle hésita, Remus, lui, avait déjà tourné cette naïve page de sa vie.
- Voldemort est revenu, appelle-le Voldemort, Tonks, il faut appeler un animagus un animagus !
Elle se refusa de répéter ce sinistre nom.
- On ne peut pas gagner la guerre ainsi. Si Fol'oeil veut se fracasser sur le manoir des Malfoys il le fera sans Dumbledore et donc sans moi.
- Et sans Rogue ! Dumbledore perd pieds, c'est flagrant. Regarde la confiance qu'il porte en ce serpent de Rogue, regarde sa main, je ne sais pas ce qu'il manigance, mais ces expériences vont le tuer, si Sevrus ne nous trahit pas avant ! (Idem, raccourcis tes phrases ici pour donner plus d'impact au dialogue. Quelqu'un m'avait dit qu'il vallait mieux opter des phrases courtes lors de scènes d'action/de tension et des phrases plus longues lors des scènes plus relaxes)
Une colère sourde se dégageait des poings serrés et des sourcils froncés du lycanthrope, sa femme essaya de le raisonner.
- Ce n'est pas un idiot, il sait ce qu'il fait et Severus a déjà prouvé sa loyauté. Si on commence à douter de notre meneur et de l'infiltré nous sommes perdus.
Cette fois sa colère qui n'avait fait que croître depuis de début de la journée éclata au grand jour, il hurla.

- J'en doute ! Et ils vont lier Harry à tout ça, ils vont le détruire, comme ils ont détruit Sirius. Puis quand ils auront annihileré nos chances de vaincre Voldemort, ils nous imposeront le sacrifice ultime. Même Harry l'a compris, son armée est prête, l'ordre est rassemblé. Tuons le serpent tant qu'il n'est pas encore trop éloigné de l'œuf.
Tonks savait qui sa lune n'était pas aussi défavorable (je n'ai pas compris ce morceau de phrase là), il n'aurait sans doute jamais prononcé de tels mots, pire, il se flagellera sans doute pour ça quand sa fureur bestiale se sera endormie, jusqu'au mois suivant. La bête était d'une impitoyable force corruptrice, elle poussait un des derniers guides de Harry à vouloir le transformer en chef de guerre et transformait un ancien professeur de défense contre les forces du mal en homme prêt à sacrifier ses anciens élèves dans une guerre aveugle.

Mais elle s'engouffra dans la faille ouverte par son mari. Elle avait compris depuis des mois que si la hargne et la vengeance sont le propre de la bête, l'homme vivait de bonté et de loyauté.
Apaisant sa voix pour coller à son discours elle relança.
- Tu sais pertinemment que Harry est comme toi, il a monté son armée pour emmerder Ombrage et soutenir Dumbledore. Il refusera de sacrifier des innocents. Sirius n'est plus, oui, maintenant ce garçon est coincé entre Dumbledore et Fol'oeil. Ne les laisse pas l'utiliser comme un bout de viande. Il va avoir besoin d'aide, joue ce rôle, tu es le dernier à pouvoir le faire.
Remus baissa les yeux, les mots étaient douloureux, il ne voulait pas remplacer Sirius. Il savait pourtant que Nymphadora avait raison. Tonks eut un petit soupir de soulagement quand sa remarque fit son effet. Le loup venait de perdre une manche, mais ce n'était pas la dernière. Quoique elle fasse, il gagnera de toute façon (comment ça, le loupe gagne toujours ? Remus n'a pas assez de volonté pour le contrôler ?).
- Tu as raison ,quel égoïste je fais, je pleure la mort d'un ami alors que j'ai sous les yeux un orphelin qui vient de perdre sa dernière famille. Quel …
Tonks se rapprocha de lui pour le couper (pourquoi couper ? Je n'ai pas bien compris) avant que sa colère ne l'envahisse de nouveau. Il regarda son épouse et reprit avec une détermination renouvelée.
- On retourne à Londres et on va le chercher à Privet Drive chez ces foutus moldus, il n'a pas besoin de ça.
C'était la pire chose à faire et cette impulsivité ne ressemblait pas à Remus, mais elle était sur la bonne pente.
- Merci Remus, lâcha t-elle en comprenant que son mari tentait de museler le loup en lui.
Elle s'approcha encore et voulu lui prendre la main, il grimaça et la repoussa.
Elle grimaça à son tour.
La bête était encore proche, il ne fallait pas grand-chose pour qu'elle revienne au grand galop. À contre-cœur elle proposa.
- Prend ta potion Remus, ce n'est pas une décision que l'on peut prendre avec cette lune. Puis une fois le cycle terminé, nous irons le chercher et il ira chez les Weasley.
- Non, pas aujourd'hui, la lune ne sera mauvaise qu'à la fin de la semaine, je refuse de me détruire pendant des jours avec cette saloperie.
Tonks, sans sourciller joua sur la corde de l 'esprit rationnelle de expert zoologiste de mari, cette même corde qui lui servait régulièrement à entraver les furies sauvages et aveugles du loup.
- Le cas est exceptionnel tu ne crois pas ? Il te terrassera avant même le premier jour de la lune, on va avoir besoin de tout ton esprit le plus longtemps possible.
Il recula d'un pas la mine sombre, renfrognée, il savait que cette potion était pour son bien, mais il était dans ces moments terribles où le monde est si oppressant, qu'il écrase les faux semblants, pour extraire la véritable nature de l'être. Cette malédiction faisait partie du professeur Remus 'Lunard' Lupin, expert en créatures des lacs, auror non officiel et défenseur contre les forces du mal, il devait accepter qu'elle parle elle aussi dans ces moments.
Opiniatre, Tonks retourna à la charge, s'approchant encore de Lunard, elle reprit.
- Je t'en pris, prend cette potion, tu fais le jeu de Greyback, c'est ce qu'il voulait, nous détruire lentement, n'accorde pas une nouvelle victoire à tous ces mages noirs.
- Soit, finit t-il par concéder.

Tonks étouffa un soupir de soulagement.

Il se dirigea vers la salle de bain de la vieille maison et ouvrit, la mort dans l'âme, une valise démodée. Son regard se perdit sur un miroir ternis par le temps. L'image qu'il lui renvoyait lui planta un nouveau coup de poignard. Sans même y prêter attention, il tira sa baguette et d'un geste sec, déposa un voile opaque sur la surface, la réduisant au silence.
Le flacon en verre épais, contenant une mixture grisâtre aux reflets d'un bleu miteux (ça se dit un bleu miteux ? Je ne connaissais pas comme expression) siégeait royalement sur ses quelques affaires. La potion tue-loup n'en était pas moins un poison pour l'homme. Le goût acide de l'aconit n'était que le moindre mal, elle détruisait à petit feu le corps de Lupin et saccageait son esprit à chaque gorgée, le laissant dans une torpeur brumeuse et insipide. Tout semblait plus loin après le traitement, les couleurs étaient sans éclat, le soleil pale, les bruits comme étouffés par du coton, pire, toutes les émotions se diluaient dans un mélange visqueux d'ennuis et d'indifférence. Il devenait aussi loquace et vivant que le bois de sa baguette (#TrollOn Je réfute cette affirmation, les baguettes magiques sont bel et bien vivantes #TrollOff), silencieux et arraché à toute forme d'existence propre, rappelant juste la force et la majesté de l'arbre qu'il était autrefois.
Pour ne pas devenir un monstre il devait se transformer en fantôme.
Ses doigts décharnés se posèrent sur le verre granuleux. Il défit l'attache métallique enserrant le bouchon et déjà (pas besoin de mettre "déjà") une odeur âpre envahit la pièce. Il se revit en cours de potion à Poudlard, dans la grande salle poussiéreuse ouù régnait le chaos du laboratoire de Slughorn. Il revoyait les maraudeurs, il revoyait James tentant de pousser Rogue à l'erreur, erreur qu'il ne faisait jamais. Il se revoyait aidant Peter, dont le contenu du chaudron ne prenait jamais la teinte désirée. Il voyait Sirius ….
Sirius …
L'association d'idée fut fulgurante, impitoyable. Il revoyait un adolescent faisant la coure à une poursuiveuse de l'équipe de Gryffondor, sous le regard moqueur de James, sous le regard amusé de Lily, sous le regard envieux de Peter et sous le sien, perdu entre la joie communicative de cette bande de jeunes mages et la tristesse que tout cela n'était en vérité pas pour lui. Cette pensée le déchira.
Il revoyait les heures sombres de la première guerre, les piliers de l'ordre, les Potter, les Londubas et Sirius, jeune chien fou, seul dans une guerre sordide. Quand James lui demandai à quand un mariage avec une magicienne au sang pur quelconque, il avait simplement répondu, « On a tout notre temps ». S'il savait …
L'enfer de la mort des Potter, l'enlèvement des Londubas, l'incarcération de Sirius, la disparition de Peter.
Dix après, il avait réussi à faire le deuil de tout ça, il ne restait que la bête parmi les maraudeurs. Puis tout recommença : les yeux de Lily, La bonhomie de Frank Londubas, l'évasion de Sirus, les bassesses de Peter et le retour de celui dont-il-ne-fallait-pas-pronnoncer-le-nom. Il murmura : Voldemort.

Et puis la redite de l'histoire, il revit Sirius tomber derrière le voile, celui qui avait survécu aux tourments d'Azcaban (Azkaban) tombait là, si simplement. Il ne voyait pas Lestrange, il ne voulait làa voir, mais son rire le hantait, harcelait chaque parcelle de son esprit, comme si un Peeves démoniaque le frappait d'une aiguilles à chaque seconde. Il fulmina : Tu paiera.

Il imaginait désormais Bellatrix aux côtés du serpent, se vantant, riant, mimant de façon grotesque la mort de Sirius. Il voyait cette harpie se délecter en salissant la mémoire de son frère. Il voyait cette assemblée de mangemorts, Narcissa les yeux gonflés par l'arrestation de son mari, Peter à la botte du serpent, Greyback riant aà gorge déployée et Rogue. Rogue et sa mine sombre et son expression de marbre. Rogue et sa voix traînante et son allure de chauve-souris. Ce même Rogue qui avait vraisemblablement fait cette potion de malheur. Il hurla : Non pas cette fois !

Il ferma le flacon, serra son poing sur le verre et fonça d'un pas forcené dans le salon.
Le visage de Tonks, qui profitait d'un instant de répit se déforma sous la surprise de voir Remus survenir si brusquement dans la pièce. Le loup s'était revu animer d'une hargne nouvelle (j'aurais plutôt dis "avait repris des forces et insufflé à Remus une nouvelle vague de hargne"). Son pas était lourd, sa mâchoire douloureusement serrée, ses yeux exorbités.
- Remus que …
Elle fut coupée par un cri bestial.
- Finit !
D'un geste rageur accompagné d'un rugissement, il éclata sur le sol le flacon. Une odeur douceâtre écœurante envahit la pièce quand le verre se brisa dans un tintement sinistre.
Tonks ne put articuler le moindre mot devant la violence de cette réaction. Elle ne pouvait que voir Lunnard faire les cent pas autour d'elle, des pas brusques, saccadés. Ses bras s'agitaient nerveusement, s'agrippant dans ses cheveux et sa barbe. Il se retourna finalement d'un bond et planta son regard furieux dans les yeux de sa femme qui tenta de conserver un calme froid.
- Pas de potion cette nuit, ni demain, on retourne à Londres. Ce cycle je me transformerai, pres du manoir. Ils y passeront tous, sans exception. Je les massacrerai ! Tous !

Le monde de Nyphadora s'écroula. Elle hurla aussi fort qu'elle le put.

- On n'ira nulle part, tu te feras massacrer.

- Et alors ? Eux, moi, qu'on en finisse !

Lâcher un loup-garou sur ses ennemis. Une des pires bassesses de Voldemort, Son mari, ou du moins ce qu'il en restait après la mort de Sirius et la lutte contre le loup, se tenait prêt à le faire, elle réagit d'instinct, sans filtre. Son ton se durcit, sa voix, loin de ses hurlements d'inquiétudes se chargea et se posa. Ses cheveux devinrent d'un bleu glace.
- Jamais !
Lupin était au bord du gouffre de la folie, depuis le début de l'après-midi, tout l'appelait à sauter, le deuil, l'ennuie, la bête ...
- Quoi ne me dit pas que tu veux protéger, la protéger. J'oubliais que c'est ta tante !

Il n'y avait aucune mesquinerie dans cette attaque démente, juste une colère sourde qui portait une incompréhension dans son sillage, écrasant le sang-froid et la raison sur son passage.
- Ne parle pas comme eux, ne ramène pas tout au sang !
- Oui je parle comme eux …
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Un éclat rouge illumina la pièce. Dans un hurlement canin, Remus tomba à genoux. Toute sa hargne et son énergie le fuyait en même temps que son cri s'éteignait. Il apparaissait comme un ballon d'où un mince filet d'air s'échappait lentement, se dégonflant petit à petit. Puis il sombra.
Tonks, baguette à la main, eut un vertige. Elle détestait faire ça, stupefixer son mari. Elle n'avait eu à le faire qu'une seule fois depuis leur rencontre. Une seule fois, elle avait échoué à raisonner la bête. Pour la deuxième fois, elle dût utiliser la force. Comme des années durant Patmol et Cornedrue affrontaient le loup sous leurs formes animales. Cette pensée la glaça à son tour.
Elle porta son mari sur un vieux lit défoncé et s'assit sur un rocking-chair dans le même état. Elle refusait de quitter le chevet de Remus tant que la lune de sera pas descendante.
Son regard se perdit par la fenêtre un instant. Finalement, le ciel s'était décidé et avait choisi une pluie d'orage, éparse, lourde et tiède.
Une pensée lui traversa alors l'esprit, un souvenir.
Sirius détestait la pluie.
       



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Alton
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Dim 22 Oct - 19:21:53

Salutations

Merci beaucoup à vous ! :ffmental:

Hart, oui je un fourbe qui joue sur le pouvoir et l'aura de notre sainte bible pour endormir mon aimable lectorat

Je note toussa et dans coin et appliquerais les correction au texte Alwine merci beaucoup à toi (Et non il y a des probablement des expressions qui n'existent mais qui sont là pour donner un coté, c'est magique et pis c'est tout)

P.S Bien sûr que je sais que les baguettes sont vivantes, (un jour la mienne ma mordu) mais nous somme en présence de moldus, c'était une feinte pour qu'il ne découvre pas notre secret !

P.P.S oui je vais prendre mes cachets, tout de suite
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Numénor

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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Dim 22 Oct - 23:19:29

Salut ! Joli texte ! Pour ma part je ne connais Harry Potter que par les films (oui oui, je sens les regards noirs de l'auditoire me foudroyer Laughing ) du coup l'attitude que tu fais adopter à Lupin ne me choque pas plus que ça, et au contraire je trouve que tu nous montre ce personnage sous un jour vraiment intéressant. On sent bien la tristesse, le désespoir le ronger, le tout amplifié par le combat qu'il mène en parallèle contre son côté sombre. J'aime bien aussi comment tu dépeins Tonks qui peine à gérer les phases difficiles de son mari.

Pour ce qui est des défauts que je pourrais souligner, à part ce qui a déjà été soulevé (les quelques fautes et peut être parfois les phrases un peu longues) je ne vois pas grand chose à redire :) .
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Alwine
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Lun 23 Oct - 11:20:33

Tu m'as fais bien rire Alton :rire:
Promis, je ne divulguerai pas le secret des baguettes vivantes non plus ! (bon, c'est raté avec mon texte sur la baguette de Dumbledore, mais cela devrait pouvoir s'arranger avec un bon sortilège d'Amnésie Wink Je vais aussi aller prendre mes cachets lalala)

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Alton
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Lun 23 Oct - 18:12:42

Merci beaucoup Numémor (et oui j'ai un problème avec les phrase trop longue), content que le texte t'ai plus

Je suis tout a fait d'accord, il plus que temps d'oubliétiser tout ce beau monde.

À ta santé pour les cachets (LesVertFoncésFanHPSontDesGensTrèsBien #SiCroyezNous)
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MessageSujet: Re: Le dernier Maraudeur   Lun 23 Oct - 18:23:15

Les sortilèges d'amnésie sont très bien oui

Les cachets de toutes les couleurs aussi oui

Ecrivont encore plus de fanfic !! HP bien sur ^^ :la:

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Le dernier Maraudeur
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